Archives par mot-clé : Gloire

Un Noël triste ?

Illustration : « Noël de guerre », Père Witold Urbanowicz SAC, Paris 2022

Un Noël triste ?

Saint François d’Assise au pape François

 

Dans un entretien accordé à la chaîne italienne « Canale 5 » et diffusé dimanche soir (18 décembre), le pape François s’est attristé de l’état du monde qui, à la veille de Noël, subit les conséquences des guerres. Ayant à l’esprit le conflit en Ukraine, le pontife a de nouveau parlé de la « troisième guerre mondiale par morceaux », évoquant aussi les conflits au Yémen, en Syrie, en Birmanie et partout en Afrique. Dans cette atmosphère sombre pour l’humanité, il a qualifié la période actuelle de « Noël triste », « un Noël de guerre ».

Ce diagnostic du Pape Bergoglio – qui a fait très vite un tour du monde – m’a fait penser à un livre d’Eloi Leclerc, franciscain français décédé en 2016, intitulé « Exil et tendresse ». Et plus précisément, à un dialogue qui s’y trouve, entre saint François d’Assise et un certain Mario, pourquoi pas Jorge Mario Bergoglio.

– Alors, Mario, comment vas-tu ? Et les gens du village ? Depuis si longtemps qu’on ne s’est vu !

– Ah ! Padre, depuis ton dernier passage ici, il s’est passé bien des choses. Des bonnes et aussi des mauvaises. J’ai perdu ma femme. Le petit du charron s’est noyé. Mais ce n’est pas le pire. Certains sont retournés à leurs anciennes erreurs. Ils ne veulent plus entendre parler du Bon Dieu. Ils ont trop souffert. Ces dernières années ont été dures : maigres récoltes, vignes dévastées par la grêle, troupeaux décimés par les maladies. Et pour comble de malheur, les loups sont venus l’hiver par bandes s’attaquer au petit bétail. Alors s’est fini, ils ne veulent plus croire en Dieu. Ils le disent du moins.

– Et toi, que dis-tu ?

– Je dis que, si la perte d’une récolte est un grand malheur, perdre Dieu en est un bien plus grand encore. Après une mauvaise récolte, on peut toujours en espérer une meilleure, l’année suivante. Mais quand on a perdu Dieu, que reste-t-il à espérer ?

– C’est vrai, Mario. Vois-tu, les pauvres ne perdent jamais Dieu complètement. Depuis que Lui-même s’est fait l’un de nous, le plus pauvre, le plus misérable, Dieu est aussi présent dans la détresse, dans la souffrance et même dans le désespoir. Seulement les hommes ne savent pas encore le reconnaître là où il est. Plusieurs siècles ne nous ont pas encore habitués à le voir là où il est, tant cela nous dépasse. Nous le cherchons toujours dans la puissance et la gloire. Une gloire que nous imaginons très sottement sur le mode de nos gloires humaines.

Mario comprit ! Et cette année-là, il a vraiment accueilli la naissance de Jésus dans sa vie. Et toi ?

 

Joyeux Noël, malgré tout !

Père Stanislas Stawicki, curé

L’Avent ou l’art de ralentir

2e Dimanche de l’Avent – Mt 3, 1-12

On dit que le fondement de l’Avent réside dans le mot « attendre ». Et plus précisément : « attendre » et « être attendu ».

Décédé il y a quelques jours, exactement 25 novembre dernier, Christian Bobin, un écrivain et poète singulier, confiait dans un de ses livres (je le cite): « Je suis attendu. Je ne sais pas où, je ne sais pas par quoi ou par qui, mais je suis certain d’être attendu » !

Oui, l’homme, dans sa vie, est en attente constante. Cependant, il y a différentes manières d’attendre. Si le temps n’est pas rempli d’une présence dotée de sens, l’attente risque de devenir insupportable. Quand au contraire le temps est doté de sens, et qu’en chaque instant nous percevons quelque chose de valable, alors la joie de l’attente rend le présent plus précieux.

Eh bien, l’Avent que nous avons commencé dimanche dernier, nous rappelle que pour les chrétiens, le temps est un allié, car il mène au royaume de Dieu, notre véritable demeure. Autrement dit, nous ne sommes pas à la recherche du temps perdu, mais de Dieu venu dans notre temporalité: « Emmanuel=Dieu-avec-nous » !

Oui, Dieu est venu humblement dans notre chair à Noël. Il vient mystérieusement chaque jour en nos âmes. Il viendra puissamment dans la gloire, que ce soit à la fin de notre vie ou à la fin des temps. Un Dieu qui cherche à entrer en communication avec l’humanité. Avec chacun de nous. C’est bien cela le temps de l’Avent !

L’Avent c’est aussi le temps qui nous invite à pratiquer l’art de ralentir, un art pour se calmer, pour se poser, pour prendre ou reprendre contact avec ma vie intérieure. Bref, pour prendre le temps de vivre – comme le chantait si joliment Georges Moustaki : « Nous prendrons le temps de vivre ». Oui, dans nos vies effrénées, il faut de temps en temps décider de ralentir pour vérifier si notre route mène vers l’essentiel.

Ici, je voudrais évoquer une des choses qui me préoccupe depuis mon arrivée à SJSC. Dans nos vies mouvementées, il est fréquent de nous précipiter aussi pour aller à la messe, et d’arriver souvent en retard ! Pour notre messe dominicale de 10h30, par exemple, il y en a qui arrivent systématiquement autour de 11h, comme s’ils se trompaient d’adresse, puisque c’est à St Luc que la messe dominicale commence à 11h. Et pourtant, arriver à l’église quelques minutes avant le début de la célébration, peut permettre de vivre la messe plus posément et plus intensément. Combien de fois, en effet, nous retrouvons-nous perdus dans nos pensées pendant la messe. Nous songeons à la liste des choses que nous avons à faire et à nos diverses obligations. Les inquiétudes nous privent de notre paix et les problèmes nous assaillent. Si nous arrivons quelques minutes plus tôt, nous pouvons nous détendre et nous recueillir en silence. Nous pouvons utiliser ce temps pour nous mettre dans une disposition de prière. Nous pouvons aussi déposer toutes nos préoccupations au pied de l’autel et les confier au Seigneur. Et puis, arriver à l’église à l’avance, c’est aussi une véritable école pour nos enfants, si nous y arrivons en famille. La manière dont ils nous voient prier, chanter, nous habiller, communier et aussi arriver ponctuels – laisse inévitablement une empreinte !

Et encore une petite chose.

L’évangéliste Matthieu note que les foules affluaient vers Jean le Baptiste de toute part pour se faire baptiser et confesser leurs péchés. Tout cela témoigne certainement d’un grand enthousiasme, mais s’agit-il vraiment d’une démarche sincère ?

C’est peut-être pour cette raison que Jean Baptiste réprimande très vivement les pharisiens et les sadducéens : « Engeance de vipères – dit-il. Qui vous a appris à fuir la colère qui vient ? Produisez donc un fruit digne de la conversion ».

Voyez-vous ! Toute conversion reste superficielle si elle ne se traduit pas en actes. Voilà pourquoi la liturgie de ce dimanche nous pose une question grave : Quel fruit produit ma vie chrétienne? Est-ce que le loup qui en moi est capable de se rapprocher de l’agneau sans le déchirer ? Est-ce que le léopard qui est en moi est capable de se rapprocher du chevreau sans l’effrayer ? Est-ce que la vipère qui se cache dans mon trou permet à l’enfant d’y mettre sa main ?

Tout cela nous semble impossible. Cependant, à Dieu tout est possible ! Et tout commencerait à changer dans nos vies à condition que nous essayions de croire que ce que Dieu promet, il veut et il peut le réaliser. Après tout, c’est bien ça la foi !

Père Stanislas

 

Que tous soient un

7ème dimanche de Pâques – Année C

Père, que l’amour, l’Esprit d’amour, dont tu m’as aimé soit en eux et moi en eux.

Lectures de ce dimanche

Jésus, dans sa prière, qui nous est proposée aujourd’hui, nous offre deux messages importants qu’II adresse à son Père et à nous.

Premier message : Jésus « veut » nous faire partager son merveilleux destin de Fils bien aimé du Père.: « Père, ceux que tu m’as donnés, je veux que là où je suis, ils soient aussi avec moi, et qu’ils contemplent ma gloire, (celle que tu m’as donnée parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde) ». Jésus demande que là où Il est, nous y soyons aussi. Nous sentons à travers cette insistance un immense amour pour les disciples et pour tous les hommes. Il ne veut pas nous quitter. Il est devenu chair de de notre chair. Il a partagé notre humanité. Il a partagé nos détresses, nos joies, nos peines. Il est tellement devenu l’un d’entre nous, solidaire, qu’Il ne peut désormais concevoir son bonheur en dehors de nous, séparé de nous. Et que nous contemplions sa gloire, sa plénitude de vie, avec toute son humanité retournée auprès du Père. Continuer la lecture de Que tous soient un