Archives par mot-clé : Pasteur

Éloge de l’enfantement réciproque !

Éloge de l’enfantement réciproque !

XXV Dimanche – Mt 20, 1-16

La parabole de ce dimanche fait partie de ces paraboles qui embarrassent, et même scandalisent. En effet, certains passages évangéliques, comme celui que nous venons d’entendre, nous dérangent car ils sont en rupture avec notre manière de penser qui – comme nous le rappelle le prophète Isaïe dans la 1e lecture de ce dimanche, n’est pas celle de Dieu : « Mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos chemins ne sont pas mes chemins – oracle du Seigneur ».

Avouons-le tout simplement, nous trouvons, nous aussi, injustes que tous les ouvriers reçoivent le même salaire ! Et puis, n’est-ce pas scandaleux de payer d’abord les derniers, au vu et au su de tous ? Où sont la justice et l’équité dans tout ça ? Décidément, ce patron semble ne rien connaître au monde du travail. Continuer la lecture de Éloge de l’enfantement réciproque !

Il est né en chemin !

Il est né en chemin !

Fêter Noël dans une société dite « post-chrétienne » n’est pas une mince affaire. Pour attirer l’œil et ne pas troubler la laïcité, une convention s’impose : Noël est une fête enchantée ou mieux encore « magique ». Est magique, en effet, tout récit qui contredit les lois de la raison et exige cependant d’être cru ! Alors la foi chrétienne, déguisée en féerie commerciale, fait un retour remarqué pendant un mois.

Et si la naissance de Jésus-Christ, dans un monde désenchanté, était le contraire d’un événement magique? À Noël, en effet, naît Celui devant qui les mages se prosterneront à l’Épiphanie. Ainsi, la venue du Christ détrône les magiciens et déjoue toute tentative d’enchantement comme de désenchantement. « En la personne du Fils, le Père donne tout et dit tout » – confesse saint Bernard.

Et encore une petite chose. Continuer la lecture de Il est né en chemin !

Solennité Saint Vincent Pallotti

Jésus ne nous envoie pas comme des loups au milieu des brebis ;  comme des loups parmi les loups ; ou encore, comme des loups déguisés en peau de brebis ! Mais bel et bien « comme des brebis au milieu des loups ».

Solennité de Saint Vincent Pallotti – Lc 10, 1-9

Luc Besson, cinéaste français bien connu qui a notamment réalisé le film sur sainte Jeanne d’Arc, disait au moment de la réalisation de ce film, qu’on ne peut pas saisir un saint/une sainte. On peut seulement s’approcher de lui/d’elle.

C’est juste et vrai ! Un saint reste toujours un peu inaccessible comme Dieu lui-même. Cependant nous pouvons et devons l’approcher. La fête de saint Vincent Pallotti est une excellente occasion pour le faire. Et puisqu’en ce Troisième Dimanche du temps ordinaire nous célébrons le « Dimanche de la Parole de Dieu » – étant invités à mieux comprendre l’inépuisable richesse qui provient de ce dialogue constant de Dieu avec son peuple – permettez que nous allions nous rapprocher de saint Vincent Pallotti à partir de la Parole de Dieu, c’est-à-dire à partir du passage évangélique sur lequel l’Église nous fait réfléchir à l’occasion de sa fête. Nous allons nous concentrer sur deux petits points. Continuer la lecture de Solennité Saint Vincent Pallotti

Le Fils de l’homme est venu donner sa vie pour la multitude

Lectures du jour :

La soif de grandeur et de pouvoir est terrible. Elle est nourrie en nous depuis le plus jeune âge. Nous aspirons tous à devenir les chevaliers du roi Arthur ou des princesses emprisonnées dans une tour en attendant le prince charmant.

Avec le temps, en apparence, les fantasmes disparaissent. Mais en réalité, ils restent enfouis sous les cendres et guident secrètement nos choix et nos sentiments. L’éducation que nous recevons ne nous aide pas toujours à les maîtriser. En grandissant, notre vision des autres devient parfois encore plus confuse: les autres nous apparaissent comme des adversaires, des rivaux ou des concurrents.

La soif de grandeur et de pouvoir est terrible, car elle ne cesse de s’autoalimenter. Même les disciples de Jésus, hier comme aujourd’hui, n’en sont pas libres. Nous le voyons très bien dans l’Évangile de ce dimanche: « Maître, donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire » – demandent Jacques et Jean, les fils de Zébédée.

Pourquoi ce sont Jacques et Jean qui revendiquent ce privilège, et non pas les autres apôtres?

– peut-être, parce qu’ils ont été les premiers à être appelés par Jésus?

– peut-être, parce qu’ils affichent une possible parenté avec Jésus?

– ou simplement à cause de leur caractère spontané et un peu brusque. En effet, ce n’est pas par hasard qu’ils ont été appelés par Jésus lui-même: « fils du tonnerre ».

Et quelle est la réponse de Jésus?

Très simple: « Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous: car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir ».

Frères et sœurs, notre soif trouve la paix quand elle n’est plus une soif de pouvoir, mais une soif de service. Chrétiens, nous sommes donc appelés à imiter le Seigneur dans son don total, dans sa volonté d’être serviteur. En effet, la vie n’a de sens que lorsqu’elle est consacrée à quelqu’un ou à quelque chose. Par contre, la vie devient une obsession lorsque l’on se concentre uniquement sur sa propre soif. « Seul celui qui vit pour les autres, vit de manière responsable, c’est-à-dire vit vraiment » – disait Dietrich Bonhoeffer, grand théologien et pasteur protestant, qui a combattu le nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale.

Et encore une petite chose. Il est surprenant de constater que Jésus ne semble pas être heurté par la requête des Jacques et Jean. Il leur répond simplement: « Vous ne savez pas ce que vous demandez ». Et c’est vrai! Nous demandons souvent à Dieu ce qui nous plait, et Lui, il nous donne ce qu’il nous faut! Dans ce contexte, je voudrais vous lire un texte anonyme d’une personne handicapée gravé sur une tablette de bronze dans un institut de réadaptation à New- York:

« J’avais demandé à Dieu
la force pour atteindre le succès;
il m’a rendu faible,
afin que j’apprenne humblement à obéir.

J’avais demandé la santé,
pour faire de grandes choses;
il m’a donné l’infirmité,
pour que je fasse des choses meilleures.

J’avais demandé la richesse,
pour que je puisse être heureux;
il m’a donné la pauvreté,
pour que je puisse être sage.

J’avais demandé le pouvoir,
pour être apprécié des hommes;
il m’a donné la faiblesse,
afin que j’éprouve le besoin de Dieu.

J’avais demandé un compagnon,
afin de ne pas vivre seul;
il m’a donné un cœur,
afin que je puisse aimer tous mes frères.

J’avais demandé des choses
qui puissent réjouir ma vie;
j’ai reçu la vie,
afin que je puisse me réjouir de toutes choses.

Je n’ai rien eu de ce que j’avais demandé,
mais j’ai reçu tout ce que j’avais espéré.
Presque en dépit de moi-même,
mes prières informulées ont été exaucées.

Je suis, parmi tous les hommes,
le plus richement comblé ».

Père Stanislas

Il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup

« Je n’oublie pas que le mot « curé » vient de l’expression latine « cura animarum », et signifie « prendre soin des âmes »

Lectures du jour : 

XXIV Dimanche – Mc 8,27-35

L’Evangile de ce dimanche met essentiellement en scène deux personnages: Pierre et Jésus. L’un interroge; l’autre cherche à répondre. L’un donne son consentement au chemin de la Passion; l’autre se révolte quand il entrevoit ce chemin. Deux figures contrastées, mais dont la confiance mutuelle et le dialogue – permettent aussi bien une belle confession de la foi que les vifs reproches.

Mes frères et sœurs, c’est grâce à ce dialogue, grâce à cette relation authentique sans faux-semblants de la part de Pierre, que Jésus formera en lui la capacité de vouloir ce que Dieu veut. En effet, en disant à Pierre « passe derrière moi, Satan » – Jésus précise: car « tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes ».

Mais comment savoir que telles pensées viennent de Dieu et d’autres des hommes ? Continuer la lecture de Il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup

4EME DIMANCHE DE PAQUES : dimanche du bon Pasteur

« Jésus berger de toute humanité« 

Lectures du jour : 

Vocation : appel à suivre le Christ. Et la première vocation est celle du mariage. Cependant, quand nous parlons des vocations, nous pensons aux prêtres, aux religieux et religieuses. Mais dans les textes bibliques de ce dimanche, les lamentations stériles n’ont pas leur place. Le plus important, c’est de découvrir le Christ qui se présente à nous comme le bon berger. Continuer la lecture de 4EME DIMANCHE DE PAQUES : dimanche du bon Pasteur

Je suis la porte des brebis

« Pour aimer, il faut se lier. Qu’elle serait triste la vie d’un homme ou d’une femme qui ne répondrait à aucun appel, qui resterait solitaire, indépendant, sans conjoint, sans amis. »

Lectures : Quatrièùe dimanche de Pâques

Dans la Bible, l’image du berger, du pasteur, est très présente. Elle se réfère à Moïse conduisant le peuple vers la Terre promise à travers le désert, et, plus loin dans la mémoire, aux pasteurs nomades qui furent les ancêtres d’Israël. Mais au premier plan, il y a David, le berger que Dieu a pris «derrière les brebis pour en faire le pasteur de son peuple ». Jésus parle le langage de la culture qui est la sienne. Son langage prend racine dans le temps et dans l’espace.

Église Saint-Jacques Saint-Christophe de la Villette - détail de la chaire – Christ enseignant des nations
Église Saint-Jacques Saint-Christophe de la Villette – détail de la chaire – Christ enseignant des nations

Que veut-il nous dire ? De quoi parle-t-il ? Il parle bien sûr de Lui et de ses relations avec nous. A l’arrière-plan, il nous parle des relations de Dieu avec les hommes. Comme toujours, il donne un sens nouveau aux réalités humaines qu’Il illustre dans ses paraboles. Jésus ne parle pas de l’aspect économique du troupeau : de l’exploitation d’un cheptel pour produire de la viande, du lait. Les images qui sont développées sont celle de l’enclos où le troupeau passe la nuit et celle de la porte de cet enclos. Il y a deux catégories d’hommes qui tentent d’approcher les brebis : d’un côté, les voleurs, de l’autre côté, le «vrai pasteur». Ce pasteur ne ressemble pas aux bergers traditionnels :  Continuer la lecture de Je suis la porte des brebis

Celui qui n’est pas contre nous est pour nous

« Il faut se réjouir que l’Esprit soit donné aussi largement pour répandre sa grâce afin de faire des hommes un peuple saint »

Lectures : 26 dimanche temps ordinaire : Nb11,25-29/Jc5,1-6/Mc9,38-43.45.47-48

« Celui qui n’est pas contre nous est pour nous. Si ta main est pour toi une occasion de chute, coupe-la » (Mc 9, 38-43.45.47-48)

[responsivevoice voice= »French Female » buttontext= »Ecouter »]

“Celui qui n’est pas contre nous est pour nous”
Josué l’assistant de Moïse et les Apôtres autour de Jésus sont scandalisés que des personnes ne respectant pas les consignes données par Dieu soient remplies de l’Esprit Saint. Les réponses de Moïse et celle de Jésus sont similaires, ils demandent de laisser faire, en montrant qu’il s’agit de l’œuvre de Dieu et qu’il n’y a pas de raisons d’être jaloux de l’action de Dieu, mais qu’au contraire il faut se réjouir que l’Esprit soit donné aussi largement pour répandre sa grâce afin de faire des hommes un peuple saint. C’est ce même Esprit qui souffle encore sur nos engagements d’aujourd’hui. Dimanche dernier nous avons vécu tous ensemble la fête de la rentrée Pastorale Paroissiale; voici quelques échos: Continuer la lecture de Celui qui n’est pas contre nous est pour nous

Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l’Univers

« Jésus, Roi Berger de son peuple qui guide l’humanité sur la bonne route, véritable serviteur au service des brebis les plus faibles. »

Lectures : Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l’Univers : Ez34,11-12.15-17/1Co15,20-26.28Mt25,31-46

« Il siégera sur son trône de gloire et séparera les hommes les uns des autres » (Mt 25, 31-46)

LE CHRIST ROI DE L’UNIVERS NOUS REND PROCHE DES PLUS PETITS
Nous célébrons en ce dernier dimanche de l’année liturgique A, la Fête du Christ Roi de l’univers. Le Christ, notre Seigneur est un roi qui s’offre lui-même en sacrifice pour sauver son peuple. Au lieu de sacrifier les autres, comme le font les rois de ce monde, il se donne ; et il se donne même en nourriture pour que nous ayons la vie éternelle. C’est donc le sacrifice de la nouvelle alliance entre Dieu et nous qu’il offre sur la croix, et que nous célébrons dans le sacrement de l’Eucharistie. Continuer la lecture de Notre Seigneur Jésus Christ Roi de l’Univers

Homélie Père Rodrigue Chabi-06/05/2017

Lectures : 4ième Dimanche de Pâques : Ap2,14a.36-41/1P2,20b-25/Jn10,1-10

Prière au Bon Pasteur

***

Père de miséricorde,
qui as donné ton Fils pour notre salut
et qui nous soutiens sans cesse par les dons de ton Esprit,
donne-nous des communautés chrétiennes
vivantes, ferventes et joyeuses,
qui soient source de vie fraternelle
et qui suscitent chez les jeunes
le désir de se consacrer à Toi et à l’évangélisation. Continuer la lecture de Homélie Père Rodrigue Chabi-06/05/2017