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Méfiez-vous des scribes !

Lectures du jour : 

Méfiez-vous des scribes !

La première lecture de ce dimanche nous raconte l’épisode du prophète Elie et de la veuve de Sarepta. Cette femme, étant veuve, n’hésite pas à sacrifier la seule nourriture qui lui reste, à elle et à son fils, pour nourrir le prophète Elie – confiante dans la Parole du Seigneur qui lui est parvenue par la bouche de son prophète: « N’aie pas peur… car la vase d’huile point ne se videra, jusqu’au jour où le Seigneur donnera la pluie pour arroser la terre ».

L’évangile de ce dimanche met devant nos yeux une autre veuve, venue déposer dans le trésor du Temple deux piécettes: tout ce qu’elle possédait. Seul Jésus remarque le geste discret de cette femme et déclare à son sujet: « Amen, je vous le dis: cette pauvre veuve a donné plus que tout le monde. Car tous, ils ont pris de leur superflu, mais, elle, elle a pris sur son indigence: elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre ».

Que nous enseignent ces deux veuves?

Elles nous enseignent avant tout que le véritable don est total, discret et gratuit. En effet, la pauvre veuve de l’évangile aurait pu offrir à Dieu une piécette, et garder l’autre pour elle, vu sa situation de précarité. Mais telle n’est pas sa logique. Elle donne tout. Et elle le fait discrètement, car donner ce n’est pas marchander pour retirer de la satisfaction ou de la reconnaissance. Le vrai don s’accompagne toujours de la discrétion et de la gratuité.

On raconte qu’un jour Dieu a organisé une grande fête au ciel, en y invitant toutes les vertus: foi, espérance, charité, courage, justice, prudence, vérité, fidélité.., toutes sont venues au rendez-vous. Toutes se sont présentées, saluées, échangées entre elles, partagées leurs expériences. Cependant, deux vertus ce sont soigneusement évitées. Elles avez du mal à se rencontre et à se parler. En le remarquant, Dieu Lui-même les a cherché. Il a amené l’une à l’autre en disant: « Charité, voici la gratuité ». Elles se sont saluées, mais dès que Dieu les a laissé pour aller parler aux autres, elles se sont tout de suite séparées!

Le message de cette petite histoire est tel que seulement à Dieu, et en Dieu – qu’il est possible de réunir la charité et la gratuité. En effet, l’homme, en se donnant, cherche toujours à retirer quelques satisfactions, quelques profits ou quelques  reconnaissances. Il a du mal à se donner totalement, discrètement et gratuitement.

Voilà pourquoi Jésus nous dit dans l’évangile de ce dimanche: « Méfiez-vous des scribes », c’est-à-dire méfiez-vous des séducteurs! De ceux qui veulent être aimés sans jamais s’impliquer pleinement; de ceux qui ne cherchent qu’à s’assurer un avantage sur les autres. En effet, il y a des gens qui, où qu’ils soient, font du bruit: ils sont comme des enfants qui demandent constamment qu’on les regarde. Ils utilisent tout pour être vus. Ils ne se soucient pas des autres. Pour eux, l’autre, est quelqu’un qu’ils peuvent utiliser pour être vu et admirés.

Ces personnes sont généralement très dangereuses. Voilà pourquoi Jésus nous suggère de nous en éloigner: « Méfiez-vous des scribes ». Les scribes auxquels il fait allusion, semblent correspondre à cette description du séducteur manipulateur. Ils utilisent même de bonnes choses comme la prière, la prédication, les actions caritatives, la liturgie et les événements publics pour atteindre leur but, celui d’être vus et admirés.

Et puis, les séducteurs établissent toujours des relations asymétriques, c’est-à-dire s’entourent de personnes généralement faibles, car ce n’est qu’ainsi qu’ils peuvent occuper constamment la scène.

Au contraire, ceux qui aiment vraiment ne font pas de bruit, tout comme les deux pièces de monnaie que la pauvre veuve jette dans le trésor du temple sous le regard de Jésus. Pour Jésus, cette femme est le modèle de ceux qui savent jouer le jeu à fond dans les relations, ne gardant rien pour eux, et ne trompant pas. Elle se jette dans ce type de la relation discrète et gratuite, tout comme elle jette ces deux pièces de monnaie dans le trésor.

On peut dire que deux logiques s’affrontent dans l’Evangile de ce dimanche: celle du « pour soi », et celle du « pour l’autre ». A la première logique est lié le verbe « prendre pour soi »; à la seconde, le verbe « donner pour l’autre », et surtout se donner totalement, gratuitement et discrètement. Puissions-nous entrer davantage dans la seconde logique. C’est la logique du Royaume des cieux que Jésus en premier a mis en pratique.

Autre homélies du Père Stanislas

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Edito

Méfiance! Un mot qu’on souhaiterait voir banni de toutes les langues. Se méfier de quelqu’un, c’est ne pas avoir foi en lui. En effet, méfiance s’oppose à la confiance. Et pourtant, Jésus n’hésite pas de nous avertir dans l’évangile de ce dimanche: « Méfiez-vous des scribes », c’est-à-dire des séducteurs, de ceux qui veulent être aimés sans jamais s’impliquer pleinement; de ceux qui ne cherchent qu’à s’assurer un avantage sur les autres. Eh bien, à ces scribes-séducteurs, Jésus présente une pauvre veuve qui donne tout, et qui y met tout son coeur.
On peut dire que deux logiques s’affrontent dans l’Evangile de ce dimanche: celle du « pour soi », et celle du « pour l’autre ». A la première logique est lié le verbe « prendre pour soi »; à la seconde le verbe « donner pour l’autre ».
C’est dans cette logique que notre paroisse Saint Jacques – Saint Christophe cherche à vivre sa dimension caritative à travers l’épicerie solidaire, le café du jeudi matin, l’hiver solidaire, la maraude de chaque vendredi soir, les écrivains publics et l’attention à des migrants.
Je voudrais vous informer que le Père Christophe Hermanowicz sera à mes côtés pour assurer l’animation et la coordination de cet élan caritatif au sein de notre communauté paroissiale avec le soutien de l’ensemble de nos bénévoles qui participent avec un grand dévouement à ces activités.
Que le Père Christophe en soit remercié. Son apport sera précieux et nous permettra de poursuivre les actions caritatives de notre paroisse qu’il connaît parfaitement pour les avoir soutenues et développées pendant six années.

Père Stanislas

L’esprit souffle où il veut

26ème dimanche – temps ordinaire

Quiconque donne un verre d’eau à celui qui a soif ne restera pas sans récompense

Lectures du jour : 

L’Evangile de ce jour nous montre les apôtres s’indignant parce que quelqu’un chasse les esprits mauvais au nom de Jésus alors qu’il ne fait pas partie du groupe des disciples : De quoi se mêle cet homme, il n’est pas des nôtres ; Il n’est pas de ceux qui nous suivent ! Nous avons entendu la réaction de Moïse et de Jésus : Ne les empêchez pas, ils rendent gloire à Dieu… La réponse de Jésus fait éclater l’étroitesse de ses disciples qui est souvent le réflexe de tout groupe humain : « Qui n’est pas contre nous est pour nous ». Jésus leur fait comprendre que personne n’est propriétaire du « nom » de Jésus, de sa Parole, de son action au milieu des Hommes, de sa puissance de vie. Nous-mêmes, n’avons-nous pas, parfois, des réactions de propriétaires de Dieu ! Nous accaparons Dieu et sa Parole, nous comprenons mal que quelqu’un puisse agir en son nom sans se ranger sous notre bannière, risquant alors, de nous comporter comme les propriétaires de l’Esprit Saint, les propriétaires du Royaume de Dieu, prétendant nous réserver ce qui n’est qu’un don gratuit, comme si, parce que Dieu nous avait fait la grâce de le connaître et de l’aimer, nous devenions les possesseurs exclusifs de ce don. « Quiconque, dit Jésus, (et donc pas simplement ceux et celles qui appartiennent à mon Eglise) Quiconque donne un verre d’eau à celui qui a soif ne restera pas sans récompense ». Bien entendu reconnaître que l’Esprit de Dieu habite le cœur des autres n’enlève rien à notre conviction profonde que Jésus est l’accomplissement de l’Homme. Continuer la lecture de L’esprit souffle où il veut

Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous

25ème dimanche – temps ordinaire

Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous  et le serviteur de tous

Lectures du jour : 

Dimanche dernier, nous avons entendu la réaction de Pierre à la première annonce par Jésus de sa passion elle exprimait la distance des amis de Jésus entre ce que le Christ essayait de leur dire et ce qu’ils étaient capables de comprendre et d’accepter à ce moment-là compte tenu de leur conception qu’ils avaient d’un Messie triomphant. On pourrait dire qu’Ils n’étaient pas sur la même longueur d’ondes que Lui.

Aujourd’hui, Jésus annonce à nouveau qu’il va être livré, mis à mort et qu’il ressuscitera, et nous voyons les disciples de Jésus demeurer dans l’incompréhension mais sur un autre sujet : celui du Messie-Serviteur.

Tout en poursuivant leur chemin avec Jésus, les disciples discutent entre eux pour savoir qui serait le plus grand parmi eux. Nous pouvons évidemment trouver cela un peu étonnant : ils viennent d’entendre l’annonce de la mort et de la Résurrection du Christ. et ils se mettent à discuter, entre eux, pour savoir qui deviendra le chef. Ces hommes n’étaient pas des monstres. S’ils s’inquiétaient de savoir qui serait le plus grand, ce n’était, sans doute, pas d’abord pour remplacer Jésus mais parce qu’il fallait bien qu’il y ait un chef au milieu de cette troupe. ils comprennent qu’il fallait bien envisager la suite de la mission de Jésus et ils se demandent qui est le plus proche de ses projets ? Qui sera le plus capable de prendre sa succession ?  Si Jésus disparait, qui sera le premier ? Continuer la lecture de Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous