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L’art de se remettre en question

« Dieu se présente aujourd’hui à nous. Il entre dans la simplicité du quotidien. Il se présente à nous avec le visage d’un membre de la famille. »

Lectures de ce dimanche

C’est bien paradoxal, mais précisément, c’est dans le contexte familial qu’il nous est le plus difficile d’exprimer ce que nous pensons; de partager ce que nous ressentons ou tout simplement d’exprimer une opinion sur ce que nous voyons. Autrement dit, là où nous attendons d’être reconnus, nous sommes souvent dévalorisés.

La proximité et la quotidienneté vécues ensemble créent paradoxalement un voile sur l’identité de l’autre. Nous lui apposons des étiquettes. Nous présumons que nous savons déjà tout sur lui. Et nous ne lui donnons plus la chance de nous surprendre. Continuer la lecture de L’art de se remettre en question

Méfiez-vous des scribes !

Lectures du jour : 

Méfiez-vous des scribes !

La première lecture de ce dimanche nous raconte l’épisode du prophète Elie et de la veuve de Sarepta. Cette femme, étant veuve, n’hésite pas à sacrifier la seule nourriture qui lui reste, à elle et à son fils, pour nourrir le prophète Elie – confiante dans la Parole du Seigneur qui lui est parvenue par la bouche de son prophète: « N’aie pas peur… car la vase d’huile point ne se videra, jusqu’au jour où le Seigneur donnera la pluie pour arroser la terre ».

L’évangile de ce dimanche met devant nos yeux une autre veuve, venue déposer dans le trésor du Temple deux piécettes: tout ce qu’elle possédait. Seul Jésus remarque le geste discret de cette femme et déclare à son sujet: « Amen, je vous le dis: cette pauvre veuve a donné plus que tout le monde. Car tous, ils ont pris de leur superflu, mais, elle, elle a pris sur son indigence: elle a tout donné, tout ce qu’elle avait pour vivre ».

Que nous enseignent ces deux veuves?

Elles nous enseignent avant tout que le véritable don est total, discret et gratuit. En effet, la pauvre veuve de l’évangile aurait pu offrir à Dieu une piécette, et garder l’autre pour elle, vu sa situation de précarité. Mais telle n’est pas sa logique. Elle donne tout. Et elle le fait discrètement, car donner ce n’est pas marchander pour retirer de la satisfaction ou de la reconnaissance. Le vrai don s’accompagne toujours de la discrétion et de la gratuité.

On raconte qu’un jour Dieu a organisé une grande fête au ciel, en y invitant toutes les vertus: foi, espérance, charité, courage, justice, prudence, vérité, fidélité.., toutes sont venues au rendez-vous. Toutes se sont présentées, saluées, échangées entre elles, partagées leurs expériences. Cependant, deux vertus ce sont soigneusement évitées. Elles avez du mal à se rencontre et à se parler. En le remarquant, Dieu Lui-même les a cherché. Il a amené l’une à l’autre en disant: « Charité, voici la gratuité ». Elles se sont saluées, mais dès que Dieu les a laissé pour aller parler aux autres, elles se sont tout de suite séparées!

Le message de cette petite histoire est tel que seulement à Dieu, et en Dieu – qu’il est possible de réunir la charité et la gratuité. En effet, l’homme, en se donnant, cherche toujours à retirer quelques satisfactions, quelques profits ou quelques  reconnaissances. Il a du mal à se donner totalement, discrètement et gratuitement.

Voilà pourquoi Jésus nous dit dans l’évangile de ce dimanche: « Méfiez-vous des scribes », c’est-à-dire méfiez-vous des séducteurs! De ceux qui veulent être aimés sans jamais s’impliquer pleinement; de ceux qui ne cherchent qu’à s’assurer un avantage sur les autres. En effet, il y a des gens qui, où qu’ils soient, font du bruit: ils sont comme des enfants qui demandent constamment qu’on les regarde. Ils utilisent tout pour être vus. Ils ne se soucient pas des autres. Pour eux, l’autre, est quelqu’un qu’ils peuvent utiliser pour être vu et admirés.

Ces personnes sont généralement très dangereuses. Voilà pourquoi Jésus nous suggère de nous en éloigner: « Méfiez-vous des scribes ». Les scribes auxquels il fait allusion, semblent correspondre à cette description du séducteur manipulateur. Ils utilisent même de bonnes choses comme la prière, la prédication, les actions caritatives, la liturgie et les événements publics pour atteindre leur but, celui d’être vus et admirés.

Et puis, les séducteurs établissent toujours des relations asymétriques, c’est-à-dire s’entourent de personnes généralement faibles, car ce n’est qu’ainsi qu’ils peuvent occuper constamment la scène.

Au contraire, ceux qui aiment vraiment ne font pas de bruit, tout comme les deux pièces de monnaie que la pauvre veuve jette dans le trésor du temple sous le regard de Jésus. Pour Jésus, cette femme est le modèle de ceux qui savent jouer le jeu à fond dans les relations, ne gardant rien pour eux, et ne trompant pas. Elle se jette dans ce type de la relation discrète et gratuite, tout comme elle jette ces deux pièces de monnaie dans le trésor.

On peut dire que deux logiques s’affrontent dans l’Evangile de ce dimanche: celle du « pour soi », et celle du « pour l’autre ». A la première logique est lié le verbe « prendre pour soi »; à la seconde, le verbe « donner pour l’autre », et surtout se donner totalement, gratuitement et discrètement. Puissions-nous entrer davantage dans la seconde logique. C’est la logique du Royaume des cieux que Jésus en premier a mis en pratique.

Autre homélies du Père Stanislas

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Edito

Méfiance! Un mot qu’on souhaiterait voir banni de toutes les langues. Se méfier de quelqu’un, c’est ne pas avoir foi en lui. En effet, méfiance s’oppose à la confiance. Et pourtant, Jésus n’hésite pas de nous avertir dans l’évangile de ce dimanche: « Méfiez-vous des scribes », c’est-à-dire des séducteurs, de ceux qui veulent être aimés sans jamais s’impliquer pleinement; de ceux qui ne cherchent qu’à s’assurer un avantage sur les autres. Eh bien, à ces scribes-séducteurs, Jésus présente une pauvre veuve qui donne tout, et qui y met tout son coeur.
On peut dire que deux logiques s’affrontent dans l’Evangile de ce dimanche: celle du « pour soi », et celle du « pour l’autre ». A la première logique est lié le verbe « prendre pour soi »; à la seconde le verbe « donner pour l’autre ».
C’est dans cette logique que notre paroisse Saint Jacques – Saint Christophe cherche à vivre sa dimension caritative à travers l’épicerie solidaire, le café du jeudi matin, l’hiver solidaire, la maraude de chaque vendredi soir, les écrivains publics et l’attention à des migrants.
Je voudrais vous informer que le Père Christophe Hermanowicz sera à mes côtés pour assurer l’animation et la coordination de cet élan caritatif au sein de notre communauté paroissiale avec le soutien de l’ensemble de nos bénévoles qui participent avec un grand dévouement à ces activités.
Que le Père Christophe en soit remercié. Son apport sera précieux et nous permettra de poursuivre les actions caritatives de notre paroisse qu’il connaît parfaitement pour les avoir soutenues et développées pendant six années.

Père Stanislas

Tu aimeras le Seigneur ton Dieu. Tu aimeras ton prochain

“Toujours rencontrer, toujours dialoguer, toujours trouver une zone de contacts pour ne jamais perdre l’espérance d’une rencontre à l’horizon avec  le prochain.”

Lectures du jour :

«Tu aimeras le Seigneur ton Dieu, tu aimeras ton prochain »
Mc 12, 30.31

Ce 31ème dimanche du temps ordinaire de l’année B nous rappelle deux principes : celui de l’écoute et celui de l’amour de Dieu et du prochain.
L’histoire du peuple d’Israël dans l’Ancien Testament est aussi notre
histoire personnelle. À maintes reprises, les prophètes sont intervenus pour nous inviter à entendre la Parole de Dieu et à revenir vers lui. Mais trop souvent, notre raison et notre volonté ont primé sur celle de l’écoute. Alors qu’écouter Dieu, ne consistait pas seulement à tendre une oreille mais bien plus, « à être attentif et réceptif à sa Parole ». Continuer la lecture de Tu aimeras le Seigneur ton Dieu. Tu aimeras ton prochain