Archives par mot-clé : Pierre

«C’est pas le Ritz mais c’est déjà ça» (reportage)

Article publié sur le site du figaro le 1er janvier 2024

 

«C’est pas le Ritz mais c’est déjà ça» : le réveillon de la Saint-Sylvestre avec Hiver solidaire qui vient en aide aux sans-abri

Ségolène Le Stradic

REPORTAGE – Avec Hiver solidaire, la paroisse Saint-Jacques Saint-Christophe de la Villette accueille depuis 16 ans des personnes sans domicile pour qu’elles passent la nuit au chaud, de décembre à mars. Pour fêter le passage à la nouvelle année, anciens et nouveaux accueillis se sont rassemblés autour d’un bon repas.

Continuer la lecture de «C’est pas le Ritz mais c’est déjà ça» (reportage)

La comptabilité du Bon Dieu !

La comptabilité du Bon Dieu !

XXIV dimanche – Mt 18, 21-35

« Seigneur, si mon frère me fait du tort, combien de fois dois-je lui pardonner ? » – demande Pierre à Jésus. Cette question représente certainement la voix de la conscience de Pierre; la voix de la conscience de chacun de nous ; la conscience de celui qui veut se sentir bien. Autrement dit, Pierre cherche une mesure pour se sentir juste. Il veut quantifier l’amour, comme s’il voulait dire : « Maintenant, c’est assez ! Basta ! J’ai fait tout ce que j’avais à faire ».

Et Jésus ? Continuer la lecture de La comptabilité du Bon Dieu !

Transfiguration du Seigneur

Transfiguration du Seigneur – Mt 17, 1-9

Quand le pape Jean Paul II a ajouté il y a 20 ans (en 2002) sur la liste des mystères du Rosaire « les mystères lumineux », la Transfiguration que nous célébrons en ce dimanche, y a trouvé une place d’honneur. Oui, la Transfiguration du Seigneur est un mystère lumineux. Mais, en quoi précisément ce mystère veut illuminer notre vie chrétienne quotidienne?  Continuer la lecture de Transfiguration du Seigneur

Aimer les uns les autres, comme je vous ai aimés 

Lectures du jour :

V Dimanche de Pâques – Jn 13, 31-35

En recevant un cadeau, nous pensons déjà à la manière d’en remercier pour ne pas nous sentir dépréciés ou ingrats. Nous voulons récompenser. Le don crée un devoir de gratitude, c’est-à-dire de la réciprocité ! C’est bien sur ce mode d’agir que nous avons construit des normes de l’éducation civique. Autrement dit, nous avons canonisé la réciprocité au détriment d’une valeur profondément évangélique, à savoir la gratuité.

 

« Je vous donne un commandement nouveau – nous dit Jésus dans l’Évangile de ce dimanche, celui de vous aimer les uns les autres, comme je vous ai aimés ».

 

Je me suis souvent demandé en quoi consiste la nouveauté de ce commandement que Jésus nous donne ? A-t-il la saveur de la réciprocité ou de la gratuité ?

Eh bien, la nouveauté de ce commandement ce n’est pas le commandement d’aimer. Jésus ne l’invente pas. Ce commandement d’amour existe bel et bien dans l’enseignement des rabbins de son temps. Mais ce qui est nouveau, c’est d’aimer comme lui. En d’autres mots, Jésus nous demande d’aimer d’une manière qui soit capable d’aller au-delà de la réciprocité. Ce qui n’est pas du tout facile, puisque nous avons habituellement tendance à aimer selon les critères de double comptabilité : nous aimons avec l’espoir d’être remboursés. Nous donnons avec l’intention plus ou moins manifeste de recevoir au moins autant. Et nous appelons cela la politesse ou le respect.

Oui, nous avons fait de la réciprocité une valeur culturelle, alors que ce n’est certainement pas la manière dont le Christ nous demande d’aimer. C’est vrai, Jésus nous dit : « aimez-vous les uns les autres », mais il ajoute « comme je vous ai aimés ».

Si Jésus n’avait pas ajouté ce « comme », nous aurions pu chercher chez l’autre le critère de l’amour : je t’aime, puisque tu m’aimes. L’amour devient alors une sorte de spirale de la compétition et de la comparaison. Oui, humainement parlant, l’amour a été réduit à cela.

 

Mais revenons à notre question. Le commandement nouveau que Jésus nous donne, a-t-il pour vous la saveur (le goût) de la réciprocité ou de la gratuité ?

Je sais que cela dérange, mais pour répondre à cette question, nous devons considérer l’Évangile dans son ensemble et voir comment il nous a, lui-même, aimés.

Eh bien, si nous regardons certaines images de l’Évangile, nous nous rendons compte que la façon d’aimer de Jésus est une gratuité par excellence. Je vous en donne trois exemples.

D’abord la parabole du semeur (Mt 13, 3-9). Nous la connaissons bien. D’ailleurs Jésus lui-même la commente longuement. Le semeur ne jette pas la semence uniquement là où il espère en tirer un gain. Il sème largement et généreusement dans toute sorte de terre.

Deuxième exemple la parabole des ouvriers de la dernière heure (Mt 20, 1-16).  Ceux qui sont venu travaillé dans l’après-midi,  ont reçus autant que ceux qui ont travaillé toute la journée. Quel scandale !

Et finalement, rappelons-nous le geste de Marie de Béthanie qui, dans la maison de Simon verse un parfum précieux sur la tête de Jésus (Mc 14, 39). Ce geste gratuit et total, Judas Iscariote ne le comprend pas et pleure l’argent qu’il aurait pu voler.

C’est vrai, en regardant ce geste avec des critères purement humains, c’était un peu fou d’agir ainsi. D’un point de vue utilitaire, cela représentait du gaspillage!

Et cependant, nous devenons véritablement chrétiens, des chrétiens adultes, lorsque nous apprenons à aimer comme Jésus. En d’autres termes, la réciprocité peut faire de nous de bons citoyens, mais elle ne fait certainement pas de nous de bons chrétiens.

Jésus nous invite à rompre avec cette logique pour ne pas imiter Judas Iscariote, le bon citoyen qui fait les calculs pour éviter le gaspillage, mais qui reste fondamentalement un voleur et un traître. En effet, bien souvent, ceux qui se font les défenseurs de l’égalité et de la réciprocité, cachent quelque chose et font tout pour que leur désordre n’apparaisse.

 

Et encore une petite chose.

« Je vous donne un commandement nouveau: c’est de vous aimer les uns les autres, comme je vous ai aimés ».

On peut se demande : tout cela n’est-il pas un peu trop beau? Nous savons par expérience que cela ne va pas de soi d’aimer notre entourage: il y a des gens avec qui « cela va tout seul » – comme on dit; il y en a d’autres avec qui c’est bien difficile, sans parler de ceux pour lesquels nous éprouvons une véritable allergie ! Ou pire encore, ceux qui ont agi envers nous d’une manière impardonnable.

Jésus n’ignore certainement pas tout cela quand il nous donne ce commandement, mais il ne confond pas amour et sensibilité. Rappelons-nous le contexte dans lequel ce commandement nouveau nous est donné. Cela se passe pendant son dernier repas avec ses disciples. Jésus commence par leur laver les pieds. Il lave les pieds de tous : de celui qui va rester debout au pied de sa croix (Jean), mais aussi de celui qui va le renier (Pierre), et de celui qui va le trahir (Judas).

Voyez-vous! Jésus aime. Tout court! Et la clé de cet amour est dans l’humble service accompli envers tous. Autrement dit, le plus important, ce n’est pas la qualité de nos discours ou de nos connaissances, pas non plus la beauté de nos cérémonies. Ce qui compte, c’est la qualité de notre service.

Père Stanislas

Autres homélies du Père Stanislas

fip15_mai_22

Pâques 2022 : un tombeau vide

Pâques 2022 – Jn 20 1-9

Comme vous le savez, les évangiles ne décrivent pas l’événement de la résurrection elle-même, car personne n’a vu la pierre rouler! Les disciples ont vu le tombeau vide, et donc la pierre déjà roulée! Par contre, les évangiles nous parlent des nombreuses rencontres avec le Christ ressuscité.

Mais ce qui est intéressant, c’est que le Christ ressuscité n’apparaît pas à ceux qui étaient en apparence – bons et honorables à cette époque, à savoir: Pilate, Hérode, les grands prêtres ou les scribes.

La toute première personne à qui le Ressuscité est apparu est une femme, Marie de Magdala. Selon les normes de l’époque, une personne à qui on ne pouvait pas faire confiance! Continuer la lecture de Pâques 2022 : un tombeau vide

Va, et désormais ne pèche plus

« « Dieu déteste le péché, mais il aime le pécheur ». »

Lectures du jour :

5e dimanche de Carême – Jn 8, 1-11

L’épisode de la femme adultère a marqué les consciences depuis plus de deux mille ans. Selon la loi juive, cette femme devait être punie. Or, au lieu de cela, Jésus va proposer une autre voie, celle de la miséricorde.

Il ne veut pas dire par là que l’adultère n’est pas un péché ou qu’il ne s’agit pas de quelque chose de grave. Ce n’est pas du laxisme! En effet, il dit bien à la femme « ne pèche plus ». Tout n’est pas permis. Le péché reste condamné. Dieu déteste le péché, mais il aime le pécheur. Voilà pourquoi Jésus condamne le péché, et sauve la pécheresse. Continuer la lecture de Va, et désormais ne pèche plus

La transparence ouvre la porte à la grâce

« « Je voudrais vous donner un conseil – disait un jour le Pape François. Soyez transparents. N’ayez pas peur dire la vérité, sans la cacher, sans demi-paroles. Car la transparence ouvre la porte à la grâce ». »

Lectures du jour :

2e dimanche de Carême – Lc 9, 28-36

Pierre dit à Jésus : « Maitre, il est bon que nous soyons ici! Faisons trois tentes: une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie ».

L’apôtre Pierre est très souvent critiqué en ce second dimanche du Carême. On trouve son intervention maladroite. En effet, tous les évangélistes synoptiques (Mathieu, Marc et Luc) lui reprochent de « ne pas savoir ce qu’il dit ». On traite alors Pierre d’être impulsif, naïf et ridicule.

C’est vrai! Les récits évangéliques nous montrent que Pierre ne trouve pas toujours les mots qu’il faut, mais c’est un homme vrai. Il parle, il questionne, il réagit du fond de son cœur! Et je pense que nous touchons ici une des plus grandes qualités de Pierre: la capacité de dire ce qui l’habite; la liberté de parler de ses sentiments; la capacité de libérer la parole sans craindre de se faire corriger ou d’être tourné en ridicule. Continuer la lecture de La transparence ouvre la porte à la grâce

L’amour des ennemis

7ème Dimanche Temps Ordinaire C

« Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux. »

Lectures de ce dimanche

En écoutant l’Évangile de ce dimanche, Beaucoup peuvent se dire que c’est le monde à l’envers ; il accumule des situations impossibles à gérer au premier abord : aimer ses ennemis, faire du bien à ceux qui nous haïssent, prier pour ceux qui nous calomnient, présenter l’autre joue à celui qui a frappé la première. Nous vivons dans un monde où beaucoup ne pensent qu’à se faire justice.

Pour comprendre cet Évangile, c’est vers le Christ qu’il nous faut regarder : il a été harcelé et persécuté tout au long de son ministère ; il a été rejeté, humilié et condamné à mourir sur une croix. Mais jamais le Christ n’a prononcé une parole de malédiction. Son amour est allé jusqu’au pardon et au don de sa vie. Continuer la lecture de L’amour des ennemis

Choisissez de grandir au moins dix fois par jour !

« Dieu n’aime pas nos fragilités en tant que telles. Ce qu’il aime, c’est notre foi et notre attitude de confiance vis-à-vis de Lui. »

Lectures de ce dimanche

Il y a beaucoup de mouvements dans la scène évangélique de ce dimanche :

  • Jésus qui monte et qui descend d’une barque.
  • La foule qui se presse sur les bords du lac pour écouter Jésus prêcher.
  • Les pêcheurs qui, faisant confiance à Jésus, repartent en mer lancer leurs filets, puis les rapportent prêts à craquer, enfin rangent leur matériel pour suivre Jésus.
  • Même les barques sont en mouvement: « elles enfonçaient »– nous relate l’évangéliste Luc.
  • Et surtout, surtout un mouvement fondamental de Simon-Pierre. Il tombe aux genoux de Jésus en disant: « Eloigne-toi de moi, car je suis un homme pécheur ».

Frères et sœurs, habituellement, face à un échec, la première réaction est l’amertume et la colère. Cela devait être plus ou moins la condition de Simon-Pierre dont nous parle l’Évangile de ce dimanche. En fait, Pierre et ses compagnons ont peiné toute la nuit sans rien prendre. Continuer la lecture de Choisissez de grandir au moins dix fois par jour !

Messe de la Toussaint : tous Saints !

La sainteté est une aventure, elle est même la seule aventure ». Oui, elle est même la seule aventure. « Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint »

Lectures de ce jour :

Homélie
L’Église catholique célèbre en ce premier novembre la fête de la Toussaint. Dans l’esprit de beaucoup, cette fête renvoie spontanément au souvenir des défunts que l’on commémore en réalité le lendemain. Eh bien, la Toussaint n’est pas que cela. Elle est d’abord une invitation à faire « mémoire du futur » – comme disait saint Augustin. Oui, c’est une invitation à faire mémoire de notre futur, car Dieu nous appelle tous à la sainteté: « Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint » (Lévitique 19, 2).
Voyez-vous! Dieu veut que nous partagions sa propre sainteté. Que nous en vivions. La sainteté ne vient donc pas de nous. On ne peut pas s’abonner à la sainteté, tout comme les gens s’abonnent à des magazines ou aux salles de cinémas. La sainteté est avant tout un don.

Continuer la lecture de Messe de la Toussaint : tous Saints !