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Quelle vocation de baptisé ?

Nous aimerions pouvoir échanger, ce n’est cependant pas une obligation.

Une question est posée à la fin du texte ci-dessous : elle permet à chacun de s’exprimer s’il le souhaite et de renvoyer  la réponse. Je collecterai les réponses et vous en enverrai la synthèse.

Pour commencer, je reprends des mots qui sont venus dans votre réflexion :

Concernant le mot « baptisé » :

  • acte de foi
  • se reconnaître enfant de Dieu
  • faire partie du Corps du Christ, même si l’expression gêne un peu
  • entrer dans la grande famille de l’Église
  • invités à vivre dans l’esprit de Jésus Christ
  • désir, attente du catéchumène en attendant la confirmation de l’appartenance à la Vérité

Concernant le mot « vocation » :

  • appel, être appelé
  • et répondre à la volonté du Père (les trois demandes du Notre Père à Dieu Père : sur la terre comme au ciel, que ton nom soit sanctifié, que ton règne vienne, que ta volonté soit faite)
  • et être signe de l’amour auprès de l’entourage
  • engagements, aptitudes
  • se consacrer au service de Dieu

Pour expliquer l’origine de la proposition faite, cela est apparu comme une évidence

de questionner notre vocation baptismale, après 2-3 années de réflexion sur la messe et la privation des célébrations communautaires physiques  de la Semaine Sainte, de la Vigile  où 5 catéchumènes de notre paroisse auraient dû recevoir les sacrements de l’initiation chrétienne et enfin de ne pouvoir vivre  Pâques ensemble.

Dans notre aventure de chrétien, tout commence par le baptême, cette entrée manifestée dans cette nouvelle vie inaugurée par le Christ. Si nous éprouvons une grande joie à la pensée que des enfants, des jeunes, des adultes sont baptisés, il est important de visiter les fondements de cette joie qui nous est offerte, à nous « vieux » baptisés ou plus jeunes.

Nous nous appuierons sur des textes divers :

  • Lumen Gentium, constitution dogmatique sur l’Eglise et guide de lecture
  • Des théologiens lisent le concile Vatican II : Pour qui ? Pour quoi ? (Theologicum)
  • Tous, prêtres, prophètes et rois, Elmer MITTERSSTIELER, 2018
  • L’Eglise, des femmes avec des hommes, Anne-Marie PELLETIER, 2019
  • Revue Eglise et Vocation, n°10 La vocation baptismale
  • Rituel de l’Initiation chrétienne des adultes, rituel du baptême des petits enfants

Nous allons structurer notre démarche en partant de deux bases solides, l’Écriture et « Lumen Gentium (Lumière des nations) », la constitution dogmatique sur l’Église,  une des quatre constitutions du concile Vatican II promulguée le 21 novembre 1964.

L’Écriture est constamment convoquée dans Lumen Gentium, LG, dans une invitation à la relecture et à la mise en valeur de textes qui vont nous révéler le dessein de Dieu pour nous les hommes et les femmes d’aujourd’hui, les nations.

Quelle perspective théologique les Pères conciliaires ont-ils adoptée ?

Citons H. de Lubac dans ses Carnets du Concile :

On peut dire [ …] qu’il y a deux sortes de théologiens ;                                       les uns disent : relisons l’Écriture, Saint Paul, etc. ; scrutons la Tradition ; écoutons les grands théologiens classiques ; n’oublions pas de faire attention aux Grecs ; ne négligeons pas l’histoire ; situons dans ce vaste contexte et comprenons d’après lui les textes ecclésiastiques ; ne manquons pas non plus de nous informer des problèmes, des besoins, des difficultés d’aujourd’hui, etc.      

Les autres disent : relisons tous les textes ecclésiastiques de ces cent dernières années, encycliques, lettres, discours de circonstance, décisions prises contre tel ou tel, monita du Saint-Office, etc. ; de tout cela, sans en rien laisser perdre ni en corriger le moindre mot, faisons une marqueterie, poussons un peu plus loin la pensée, donnons à chaque assertion une valeur plus forte ; surtout ne regardons rien au-dehors ; ne nous perdons pas dans de nouvelles recherches sur l’Écriture ou la Tradition, ni a fortiori sur des pensées récentes, qui nous feraient risquer de relativiser notre absolu.                         Seul le théologien de la seconde espèce est considéré comme « sûr » dans un certain milieu.

Pourtant c’est la première manière de faire de la théologie qui l’a largement emporté au concile Vatican II et qui a été choisie par les Pères. On assiste à la validation d’une théologie qui plonge à la source biblique et à la grande Tradition, qui ne cesse de s’interroger sur son rapport à l’expérience, qui entre en dialogue avec d’autres champs de la culture, qui rend compte de ses règles d’interprétation et n’oublie pas ses effets sur l’Église et la société. (Des théologiens.., p. 12-13)

Nous voyons là combien le concile a ouvert les portes, le vent du renouveau dans la continuité a soufflé. Si nous nous reconnaissons enfants du concile, celui-là nous autorise, nous oblige même à redécouvrir et à vivre des richesses données et reçues lors de notre baptême. Nous entrons ainsi dans un dialogue, une relation intime avec Dieu.

Le concile parle de Dieu bien évidemment mais il parle de l’homme aussi. Relisant le psaume 8, 5-7 (TOB) : qu’est donc l’homme pour que Tu penses à lui, l’être humain pour que tu t’en soucies ? Tu en as presque fait un dieu, tu le couronnes de gloire et d’éclat ; tu le fais régner sur les œuvres de tes mains ; tu as tout mis à ses pieds. Avant même de parler d’une vocation de baptisé, il y a une volonté par le concile d’affirmer la vocation de l’homme, de l’être humain, de présenter la vision chrétienne de l’homme.   Comment les définiriez-vous ?

Blandine, Evelyne et Laurence du groupe “Mieux vivre la messe”

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Allez aux croisées des chemins

“L’Église ne baissera pas les bras, elle continuera à faire l’œuvre du Roi en allant aux croisées des chemins rassembler tous les invités pour qu’ils prennent part au banquet du Royaume”

Lectures : 28ème dimanche du Temps Ordinaire

Les textes bibliques de ce 28ème dimanche du Temps Ordinaire nous adressent un appel à l’espérance. Cette espérance qui ne déçoit jamais ne peut être que Dieu seul. Elle nous ancre dans l’éternité, en nous donnant ce que seuls nous ne pouvons atteindre. Cette vertu théologale est donc à chercher auprès de Dieu. Tout au long des textes de ce jour, Dieu rejoint l’homme dans sa souffrance. Son message cherche à le raffermir dans la foi, c’est pourquoi, le prophète annonce l’intervention de Dieu qui opèrera un renversement radical non seulement du sort d’Israël mais aussi de tous les peuples (1ère lecture). IL instaurera un monde nouveau qui est en train de naître, un monde où rien n’est perdu de ce qui est beau et bon, un monde où le mal est exclu. Dieu sera lui-même celui qui prépare et invite au festin. IL invitera non pas un peuple en particulier mais l’humanité entière pour célébrer les noces de son Fils Jésus, envoyé pour épouser notre humanité par son incarnation. Le Père veut absolument que tous en bénéficient et s’en réjouissent. C’est donc toute l’humanité que Dieu veut rassembler auprès de lui. Les paroles de Jésus sont très claires : “Allez donc aux croisées des chemins ; tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce.” Avec Jésus (l’époux), personne n’est laissé pour compte. Nous sommes tous intégrés dans le mystère de l’incarnation du Christ.
La mission de l’Église, notre mission à tous, c’est d’être les messagers de cette invitation. En tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés dans le monde pour témoigner de cette bonne nouvelle et de l’espérance qui nous anime. C’est en vue de cette mission que Jésus nous envoie son Esprit Saint. Nous ne pouvons pas être disciples du Christ sans être missionnaires. C’est toute notre vie qui doit contribuer à l’annonce de Jésus. Voilà donc cette invitation à la fête. Même si la réaction de certains montre l’obstination de ceux qui se sont éloignés de la bonne nouvelle, nous ne devons pas être surpris ou même choqué devant l’attitude désinvolte des invités. Cependant, l’Église ne baissera pas les bras, elle continuera à faire l’œuvre du Roi en allant aux croisées des chemins et en essayant de rassembler tous les invités pour qu’ils prennent part au banquet du Royaume.

Père Pierre.

 

Les autres homélies du Père Pierre Dibi

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Ascension : Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre

“Dieu ne nous a pas abandonné , il n’a pas déserté  notre terre, Il est vivant au plus profond de notre vie, de notre cœur.”

Lectures : Messe de la Solennité de l’Ascension

« Comme les apôtres fixaient le ciel où Jésus s ‘en allait, voici que devant eux se tenaient deux hommes en vêtement blanc qui leur dire : Galiléens , pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? ». 

L’Ascension, c’est la fête de la confiance, une immense confiance fondée sur cette triple promesse de Jésus :- promesse  de la présence de Jésus à ses disciples à chaque instant : « Et Moi, je suis avec vous tous les jours jusqu’à la fin du monde »;- promesse de son retour glorieux à la fin des temps, notre monde a un sens et la vérité ultime sur notre vie appartient à Dieu : « Ce Jésus qui a été enlevé au ciel d’auprès de vous, viendra de la même manière que vous avez vu s ‘en aller vers le ciel » –  promesse imminente du don de l’Esprit célébré à la Pentecôte : l’Esprit souffle, énergie, force, vigueur du Christ ressuscité ; or le Christ, ressuscité,  est aussi un Christ ressuscitant, un Christ qui nous relève, son Esprit est à l’œuvre. Dieu vient toujours nous surprendre, Il nous donne la force de surmonter les échecs et les malheurs et toutes ces morts que nous traversons et nous savons d’expérience, aujourd’hui, combien elles sont nombreuses et de toutes sortes. Continuer la lecture de Ascension : Tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre

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