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Saint Bernard de Clairvaux selon le pape Benoît XVI – Conférence de Carême

Thème de ce cycle de conférences de Carême  : « Avec le Pape Benoît XVI à l’école des saints français »

Saint Bernard de Clairvaux selon le pape Benoît XVI

par Marie Thiébaut

Benoit XVI et St Bernard de Clairvaux

Nous pouvons dire « Merci cher Benoit XVI pour l’héritage transmis ». Merci également à vous père Stanislas pour la confiance accordée et pour votre détermination à nous booster sur notre chemin spirituel et synodal. Vous nous donnez des moyens de raviver notre foi, de stimuler notre charité fraternelle. Avec vous, nous espérons tirer profit, durant ce carême et au-delà, de la vie et surtout de l’enseignement des Saints.

Aujourd’hui, 2e dimanche de carême, nous accueillons ce grand Saint, qu’est Bernard de Clairvaux. Ce géant spirituel peut sembler être loin de nous, il l’était du moins pour moi avant qu’il me soit proposé de le ″fréquenter″ pour vous le présenter succinctement et en toute humilité ce soir.

Loin de nous, tant au niveau de l’époque, il est né à la fin du 11e siècle, que par sa vie, une vie de moine, fondateur, réformateur et acteur au sein de l’Eglise Universelle durant le XIIe siècle, notamment au niveau de la Papauté comme ce sera évoqué.

Que peut-il alors nous dire, à nous, fidèles prêtres et laïcs du XXIe siècle ?

  1. Des dates :

Bernard de Fontaine est né en 1090 à Fontaines-les Dijon, en Côte d’Or. Il meurt à Clairvaux le 20 août 1153 à l’âge de 62 ans. Il est appelé le dernier des Pères de l’Eglise, en considération de sa connaissance amoureuse de la Bible, de la liturgie et de la tradition. St Bernard de Clairvaux est canonisé en 1173 par le pape Alexandre III et déclaré Docteur de l’Église par Pie VIII en 1830.

  1. Son ORIGINE familiale, sa Vocation, sa mission

Il est le 3e de 7 enfants, né d’une famille assez aisée, aristocratique. Tescelin, son père, est de petite origine noble au service du duc de Bourgogne. Comme tous les chevaliers de son rang, il cherche une alliance prestigieuse. Il épouse, Aleth de Montbard. Celle-ci appartient à une puissante famille seigneuriale qui possède des biens en Bourgogne et en Champagne. Bernard a 16 ou 17 ans quand sa mère meurt. Celle-ci fut enterrée dans la crypte Saint Bénigne à Dijon, honorée et accompagnée par de hauts membres du clergé, évêques et abbés. Presque comme une sainte.

Bernard fait ses études chez les chanoines de Saint Vorles à Châtillon s/Seine où son père tient le château du duc Hugues II. Bernard s’exerce aux matières de l’époque, les arts libéraux essentiellement la dialectique, la rhétorique, la grammaire. Il semble qu’il se destinait à des études littéraires avant d’entendre l’appel monastique.

Il mûrit lentement la décision d’entrer dans la vie religieuse.

En 1112, il se présente à Cîteaux pour y devenir moine avec deux de ses frères, un oncle et des amis. Plus tard Bernard convaincra son père, ses frères à le rejoindre. Son unique sœur, Ombeline qui a d’abord goûté à la vie mondaine et frivole, rejoindra plus tardivement les cisterciennes de Jully-les-Nonnains en Bourgogne. C’est une époque où la noblesse volontairement rentre dans les ordres.

Après un temps de formation initiale, de 1112 à 1115, l’abbé de Cîteaux, Etienne Harding, confie à Bernard la fondation d’une autre abbaye, celle de Clairvaux pour approfondir la réforme spirituelle.

En 1115, il n’avait que vingt-cinq ans, il affine alors sa propre conception de la vie monastique, plus rigoureuse par rapport aux anciens monastères de l’époque dans la pratique des conseils évangéliques. Il impose une vie sobre et mesurée, à table comme dans l’habillement et dans les édifices monastiques. Il recommande de prendre soin des pauvres, de les soutenir. C’est une réussite. Le juste équilibre entre travail manuel et intellectuel, rythmé par le silence et les prières communautaires en font le succès.

Selon un commentaire : L’abbaye est pauvre, miséreuse presque, à la grande joie de son abbé dont l’austérité est effrayante. Le détachement des choses de la terre est absolu. Cette rigueur explique d’ailleurs le succès de la réforme cistercienne. Impitoyable avec lui-même, Bernard se tient personnellement pour le dernier des pécheurs. Il n’est pas beaucoup plus tendre avec les autres. Il ne s’en rend pas compte tant cette façon d’être et d’agir lui est ordinaire. Monté à force de sacrifices et de prières à des sommets de la vie contemplative, il peine à comprendre que son entourage ne se meut pas à la même altitude que lui. Il s’emporte contre ses frères, ses novices, qui, décidément, ne comprennent rien. Faisant retour sur lui-même, il perçoit qu’il fait plus de mal que de bien. Avec l’aide de Dieu, il se corrige. Ayant perdu de sa rudesse, il devient plus agréable à vivre.

C’est parce que l’on ne se donne pas à moitié à Dieu que les vocations affluent à Clairvaux, comme partout où Bernard fondera. Il entreprend un grand nombre de fondations d’abbayes cisterciennes dont quelques monastères féminins.

Saint Bernard a non seulement vécu intensément, il a aussi beaucoup écrit : Lettres, Sentences, Traités, Sermons dont le très célèbre sur le Cantique des Cantiques.

Entre 1115 et 1130, il entretient une longue correspondance avec de nombreuses personnes, aussi bien de conditions sociales modestes, que des personnalités : telles Hildegarde de Bingen, Pierre le Vénérable, alors abbé de Cluny.

Saint Bernard est également appelé à jouer un rôle de premier plan dans l’Eglise universelle. A partir de 1130, il commence à s’occuper de nombreuses et graves questions du Saint-Siège et de l’Eglise. En 1137, il obtient la démission de l’antipape Victor IV, le Pape légitime étant Innocent II. St Bernard devient le conseiller le plus en vue des Souverains Pontifes. En 1145, c’est l’un de ses élèves (un moine de Clervaux, Bernardo Pignatelli) qui deviendra Pape sous le nom d’Eugène III. Bernard, en qualité de Père spirituel, lui écrira une règle de vie : De Consideratione (« De la considération ») qui est son testament politique et religieux et qui contient, entre autres, un enseignement en vue d’être un bon Pape. « Et pas seulement – explique le Pape Benoit XVI. Dans ce texte Bernard présente également une profonde vision des mystères de l’Eglise, du mystère du Christ et du mystère de Dieu un et Trine ».

Un autre front sur lequel St Bernard a lutté, c’était l’hérésie des Cathares, qui méprisaient la matière et le corps humain, méprisant en conséquence le Créateur.

En 1145, à la demande du Pape Eugène III, St Bernard prêche à Vézelay la seconde croisade. En revanche, il sentit le devoir de prendre la défense des juifs, en condamnant les vagues d’antisémitisme toujours plus diffuses. Ephraïm, rabbin de Bonn, lui adressa, à titre posthume, un vibrant hommage.

Au cours des dernières années de sa vie, St Bernard dut limiter les voyages, sans pourtant les interrompre complètement. Il en profita pour revoir définitivement l’ensemble des Lettres, des Sermons et des Traités.

  1. Sa Doctrine

Sa doctrine est presque entièrement tirée des Saintes Ecritures qu’il avait en mains nuit et jour et qu’il méditait avec une profonde intelligence.

Pour Bernard, la foi, fondée sur l’Ecriture, sur l’Enseignement des Pères de l’Eglise, est renforcée par le témoignage des Saints et par l’inspiration de l’Esprit Saint dans l’âme des croyants. Pour lui, la véritable connaissance de Dieu consiste dans l’expérience personnelle et profonde de Jésus-Christ et de son Amour. Benoit XVI dit « cela vaut pour chaque chrétien. La foi est avant tout une rencontre personnelle, intime avec Jésus. C’est dans l’expérience de sa proximité, de son amitié, de son amour de Jésus et ce n’est qu’ainsi, que l’on apprend à le connaître toujours plus, à l’aimer et à le suivre toujours mieux. En effet, saint Bernard écrit :  « On devrait encore poursuivre la recherche de ce Dieu, qui n’est pas encore assez recherché », « mais on peut mieux le chercher, le trouver plus facilement avec la prière, qu’avec la discussion″. Il s’agit pour St Bernard d’être toujours ″en chemin vers Dieu, à la recherche de Dieu ».

Benoit XVI souligne deux choses quant à la recherche de la Volonté de Dieu :

– La prière : selon St Bernard, elle est le meilleur espace pour chercher la Volonté de Dieu.

– La durée : on ne met jamais un terme à la recherche de la Volonté de Dieu. Les convictions de St Bernard nous rappellent celles de saint Augustin : « Accorde-moi de n’être jamais las de te chercher, qu’avec passion sans cesse, je cherche Ton visage. Toi qui m’as donné de Te trouver, donne-moi le courage de te chercher et d’espérer Te trouver toujours davantage ».

Bernard de Clervaux est ce docteur de l’Eglise qui configure le théologien au contemplatif et au mystique. Pour lui, la figure la plus authentique du théologien et de tout évangélisateur demeure celle de l’apôtre Jean, qui a appuyé sa tête sur le cœur du Maître.

Il ne se lasse pas de répéter qu’il n’y a qu’un nom qui compte, celui de Jésus, le Nazaréen.

4) La primauté de Jésus

Seul Jésus, insiste-t-il, face aux raisonnements, concepts et courants de l’époque, seul Jésus est « miel à la bouche, cantique à l’oreille, joie dans le cœur″. La tradition lui attribue le titre de Doctor mellifluus, « docteur mellifique » parce que ses paroles, annonçant la Vérité révélée, étaient proclamées avec la douceur du miel et la force de la vérité ! Sa louange de Jésus Christ « coule comme le miel ».

Il applique au nom de Jésus les trois qualités de l’huile : Lumière, nourriture, médicament. Ainsi, dit-il, le nom de Jésus brille quand il est prêché, nourrit quand il est mangé, oint et soulage les maux quand il est évoqué.

Dans un Sermon sur le Cantique des Cantiques, St Bernard confesse : « Aride est toute nourriture de l’âme si elle n’est pas baignée de cette huile ; insipide, si elle n’est pas agrémentée de ce sel. Ce que tu écris n’a aucun goût pour moi, si je n’y ai pas lu Jésus« . Et il conclut :  « Lorsque tu discutes ou que tu parles, rien n’a de saveur pour moi, si je n’ai pas entendu résonner le nom de Jésus ».

L’Eglise célèbre le 3 janvier le saint nom de Jésus. Dans le Nouveau Testament est révélée la richesse, les trésors que porte ce nom. « Mt 2, 21 – Tu lui donneras le nom de Jésus, car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés », « Jn. 14,13 – tout ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai » « AA. 3,6 – de l’or de l’argent je n’en ai pas mais ce que j’ai-je te le donne, au nom de Jésus-Christ le Nazaréen, lève-toi et marche », « AA. 4, 12 – Il n’y a pas d’autre nom donné aux hommes par lequel nous devions être sauvés ». St Bernardin de Sienne au 15e siècle affirmait « De même que vous adorez Jésus dans sa chair, de même vous devez adorez le nom de Jésus, car le nom de Jésus signifie pour vous le Sauveur, le Rédempteur et le Fils de Dieu »

Le rôle de l’affectivité dans la vie spirituelle

Saint Bernard de Clairvaux insistait beaucoup sur le rôle de l’affectivité dans la vie spirituelle. Pour Bernard, servir Dieu ne peut se faire sans goût, sans chaleur, sans bonheur, sans désir, sans enthousiasme. Parlant de la conversion du désir, il veut aider ses frères, à orienter la vie affective dans le mouvement de la foi, afin qu’elle devienne ferveur, élan, engagement. Il insiste beaucoup sur l’importance des petites choses : « Ne sois pas comme un canal qui ne se remplit jamais. Sois comme un bassin qui se remplit et déborde de son abondance ».

St Bernard décrit la prière contemplative, elle conduit l’âme à l’union mystique avec le Verbe divin, comme des « noces spirituelles ». Le Verbe divin visite l’âme, élimine ses dernières résistances, l’illumine, l’enflamme et la transforme. Dans une telle union mystique, elle jouit d’une grande sérénité et douceur et chante à son Epoux un hymne de joie.

La citation reprise de St Augustin « la mesure de l’amour est d’aimer sans mesure » définit bien pour Bernard l’unique but de la théologie :  promouvoir l’expérience vivante et intime de Dieu, l’aimer toujours plus et toujours mieux, développé dans son traité sur le Devoir d’aimer Dieu.

5) La Vierge Marie dans le Plan du Salut

St Bernard développe également son amour pour la Mère de Dieu, le rôle de la Vierge Marie dans le Plan du Salut

Le Pape Benoit XVI reprend un célèbre Sermon du dimanche de l’octave de l’Assomption,  St Bernard décrit en termes passionnés l’intime participation de Marie au sacrifice rédempteur du Fils.

« O sainte Mère, – s’exclame-t-il – vraiment, une épée a transpercé ton âme !… La violence de la douleur a transpercé à tel point ton âme que nous pouvons t’appeler à juste titre plus que martyr, car en toi, la participation à la passion du Fils dépassa de loin dans l’intensité les souffrances physiques du martyre ». St Bernard n’a aucun doute :  à travers Marie, nous sommes conduits à Jésus. Selon les fondements de la mariologie traditionnelle, Il atteste avec clarté, l’obéissance de Marie à Jésus, il met en exergue la place privilégiée de la Vierge dans l’économie de Salut, suite à sa participation très particulière au sacrifice du Fils de Dieu.

Dans une très belle louange, il l’appelle ″Etoile de la mer″. Il écrit : « Comparée à un astre, elle émet son rayon sans se corrompre. Sans être lésée la Vierge met au monde son Fils. Le rayon ne diminue pas la clarté du Fils et le Fils ne diminue pas l’intégrité de la Vierge. La noble étoile, sortie de Jacob, illumine le monde entier, sa splendeur brille dans les cieux et pénètre les enfers… ».

St Bernard rejoint bien aujourd’hui l’Eglise Universelle, dans l’actualité vécue par les chrétiens quand il dit : ″O vous tous qui vous rendez compte que, loin d’avancer sur la terre ferme, vous flottez sur le fleuve de ce monde, au milieu des orages et des tempêtes, ne détournez pas les yeux de la lumière éclatante de cet astre, si vous ne voulez pas être engloutis par les tempêtes. Si les vents de la tentation s’élèvent contre vous, si vous êtes poussés sur les écueils des tribulations, regardez l’étoile, invoquez Marie. Si vous êtes assaillis par les flots de l’orgueil, de l’ambition, de la médisance, de l’envie, regardez l’étoile, appelez Marie. Si la colère, l’avarice, ou les tentations de la chair attaquent la nacelle de votre esprit, regardez vers Marie…dans la tristesse, le désespoir, pensez à Marie. Dans les dangers, les angoisses, les perplexités, pensez à Marie, invoquez Marie. Qu’Elle ne s’éloigne pas de vos lèvres, qu’elle ne s’éloigne pas de votre cœur.

Pour obtenir l’appui de sa prière, ne cessez pas d’imiter l’exemple de sa vie, dit St Bernard de Clervaux. « En la suivant, vous ne vous égarez point ; En la priant, vous ne désespérez point ; En pensant à Elle, vous ne vous trompez point ; Si Elle vous tient, vous ne tombez pas ; Si Elle vous protège, vous ne craignez point ; Si Elle vous conduit, vous ne vous fatiguez point. Si Elle est propice, vous arrivez au port »

Un siècle et demi après la mort de St Bernard, Dante Alighieri, dans le dernier cantique de la Divine Comédie, place sur les lèvres de St Bernard la sublime prière à Marie :  « Vierge Mère, fille de ton Fils, / humble et élevée plus qu’aucune autre créature / terme fixe de la volonté éternelle, tu as tellement ennobli la nature humaine que ton Créateur n’a pas dédaigné devenir ton propre ouvrage, … »

Peut-être certaines et certains d’entre vous disent la prière, attribuée à St Bernard. Souvenez-vous, Ô très miséricordieuse Vierge Marie …Nous pouvons la dire ensemble au cours des Vêpres. « Souvenez-vous, Ô très miséricordieuse Vierge Marie, qu’on n’a jamais entendu dire qu’aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre assistance ou réclamé vos suffrages ont été abandonnés. Animés d’une pareille confiance, Ô Vierge des vierges, Ô ma mère, je cours vers vous et gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne à vos pieds, Ô mère du Verbe incarné. Ne méprisez pas mes prières mais daignez les exaucer. Amen »

St Bernard vient plusieurs fois à Paris, à Saint Pierre de Montmartre, à la chapelle du Martyrium, à la chapelle Saint Aignan où il vient prier souvent devant la statue de la Vierge, celle qui se trouve habituellement à Notre-Dame de Paris et actuellement à St Germain l’Auxerrois.

Ai-je le temps de rappeler que le Roi Louis XIII, ayant obtenu la grâce d’avoir un successeur, après 3 neuvaines confiées à ND de Paris, ND des Victoires et Notre Dame de Cotignac, consacre solennellement la France à Marie le 10 février 1638. Louis XIII veille à ce que cet édit soit enregistré par le Parlement comme un acte de l’autorité souveraine. Il instaure une procession, chaque année le 15 août, pour la fête de l’Assomption, dans toutes les églises de tous les diocèses du royaume. Voici un extrait de l’édit de consécration de la France à Marie, promulgué par le roi Louis XIII :

« Tant de grâces si évidentes font que nous avons cru être obligés de nous consacrer à la grandeur de Dieu par son Fils rabaissé jusqu’à nous et, à ce Fils, par sa Mère élevée jusqu’à Lui, en la protection de laquelle nous mettons particulièrement notre personne, notre État, notre couronne et tous nos sujets. Nos mains n’étant pas assez pures pour présenter nos offrandes à la pureté même, nous croyons que celles qui ont été dignes de Le porter, les rendront hosties agréables. Ayant été médiatrice de bienfaits, qu’Elle le soit de nos actions de grâces »

Bienheureux Christian de Chergé, un des sept moines trappistes, martyrs de Tibhirine béatifiés en 2018 par le Pape François, rejoint St Bernard, commentant la Visitation de Marie à Elisabeth « Marie porte en Elle un Secret Vivant qui est encore Celui que nous pouvons porter nous-mêmes, une Bonne Nouvelle Vivante ».

L’oraison du jour de la fête de St Bernard de Clairvaux, le 20 août, résume bien la place déterminante qu’il occupa dans l’Église et le zèle qui le dévorait : « Seigneur, tu as voulu que saint Bernard, rempli d’amour pour ton Église, soit dans ta maison la lampe qui brûle et qui éclaire ; accorde-nous, par son intercession, la même ferveur de l’esprit, afin de vivre comme des fils de la lumière. Amen »

St Bernard de Clairvaux, prie pour nous !

Marie de l’Eglise, prie pour nous !

Pour les Vêpres, nous pourrons reprendre ce chant tiré de l’exhortation de St Bernard rappelée par Benoit XVI :

  1. Si le vent des tentations s’élève
    Si tu heurtes le rocher des épreuves
    Si les flots de l’ambition t’entraînent
    Si l’orage des passions se déchaîne

R/ Regarde l’étoile
Invoque Marie
Si tu la suis, tu ne crains rien

Regarde l’étoile
Invoque Marie
Elle te conduit sur le chemin

  1. Quand l’angoisse et les périls, le doute
    Quand la nuit du désespoir te recouvre
    Si devant la gravité de tes fautes
    La pensée du jugement te tourmente
  2. Si ton âme est envahie de colère
    Jalousie et trahison te submergent
    Si ton cœur est englouti dans le gouffre
    Emporté par les courants de tristesse

L’Avent ou l’art de ralentir

2e Dimanche de l’Avent – Mt 3, 1-12

On dit que le fondement de l’Avent réside dans le mot « attendre ». Et plus précisément : « attendre » et « être attendu ».

Décédé il y a quelques jours, exactement 25 novembre dernier, Christian Bobin, un écrivain et poète singulier, confiait dans un de ses livres (je le cite): « Je suis attendu. Je ne sais pas où, je ne sais pas par quoi ou par qui, mais je suis certain d’être attendu » !

Oui, l’homme, dans sa vie, est en attente constante. Cependant, il y a différentes manières d’attendre. Si le temps n’est pas rempli d’une présence dotée de sens, l’attente risque de devenir insupportable. Quand au contraire le temps est doté de sens, et qu’en chaque instant nous percevons quelque chose de valable, alors la joie de l’attente rend le présent plus précieux.

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Pentecôte : tous furent remplis d’Esprit Saint

« L’Esprit ne vient pas dans notre force, mais dans notre faiblesse, lorsque nous sommes capables de dire : Viens Esprit Saint. »

Pentecôte – Jean 15,26-16,12-15

Je ne sais pas si vous vous êtes déjà rendu compte qu’aucun récit évangélique ne parle directement de la Pentecôte chrétienne. Seul saint Luc, comme pour la fête de l’Ascension, dans le livre des Actes des Apôtres, nous raconte ce qui s’est passé ce jour là. D’après son récit, il a fallu 50 jours pour que les disciples de Jésus comprennent la signification de la Pâques et se laissent libérer de toutes sortes d’enfermements. Notez le bien: il a fallu 50 jours d’une thérapie très intense donnée par Jésus lui-même pour libérer ses disciples de la peur! Continuer la lecture de Pentecôte : tous furent remplis d’Esprit Saint

Homélie de Noël

« En naissant pauvre parmi les pauvres, Jésus se présente à nous en montrant que ni les titres, ni les honneurs, ni les offices, ni les distinctions, ni les relations ne sont importants aux yeux du Père, mais le témoignage d’un amour vrai envers son prochain. »

« Généalogie de Jésus, Christ, fils de David » (Mt 1, 18-25)

Lectures de ce dimanche

HOMÉLIE DE NOËL

Frères et Sœurs, aujourd’hui nous célébrons la fête de Noël. Comme chaque année, nous nous retrouvons en famille ou entre bande de copains pour s’échanger les nouvelles et les vœux de nouvel An. Ce sens de retrouvaille familial ou amical semble nous faire perdre le vrai sens de Noël. Mais pour nous chrétiens, Noël, c’est bien plus que cela. Car elle n’est pas seulement cette fête qui entre dans nos traditions ou nos mœurs. Noël est avant tout, pour nous chrétiens, la célébration « de la naissance d’un Dieu devenu homme ». Ce Dieu, en la personne de « Jésus-Christ » est le messie, le sauveur du monde. Par son Incarnation, Jésus a pris chair de la Vierge Marie comme le dit notre Crédo. Il devient donc un de nous. De lui, nous pouvons apprendre à devenir des hommes et des femmes capables de contempler le vrai visage de Dieu Père. Car Il n’est pas seulement entré dans le monde pour changer le court des temps mais de témoigner de la proximité de Dieu auprès des hommes. Cette proximité est bien celle qui procure la paix, la joie, l’amour comme le dit la 1ère lecture. Ici, le prophète Isaïe rappelle l’espérance des hommes meurtris par l’oppression de la violence. C’est au cœur de cette violence que la Bonne Nouvelle du salut leur est annoncé. Dieu décide de venir dans notre monde. Cette attente messianique réalisée en la personne de Jésus Christ est l’accomplissement parfait de la Parole de Dieu Père. Désormais, Dieu fait partir de son peuple. C’est Lui Dieu, en la personne de Jésus qui a décidé de naître parmi nous. En s’incarnant dans le sein de la Vierge Marie et en la prenant pour Mère, Dieu établit une relation avec le genre humain. Par Marie, Jésus devient homme parmi les hommes et Dieu, Fils parmi les personnes de la Trinité, puisque c’est Lui Jésus qui révèle le vrai visage du Père éternel. Aussi par Jésus, Marie devient Mère de Dieu et Mère de l’Homme. À ce sujet, saint Athanase disait « Il s’est fait homme pour que nous devenons Dieu, Il s’est rendu visible en son corps pour que nous nous fassions une idée du Père invisible; Il a supporté les outrages des hommes afin que nous ayons part à l’immortalité » (De inc. Verbi 54). Ici, Athanase fait découler la nécessité de l’incarnation et de la mort du Christ de la volonté rédemptrice de Dieu. Nous n’aurions pas été sauvés, si Dieu lui-même ne s’était pas fait homme, et si le Christ n’avait pas été Dieu. Donc le Verbe de Dieu, c’est-à-dire Jésus Christ, en prenant la nature humaine, a déifié l’humanité; Il a vaincu la mort non seulement pour Lui-même, mais pour nous tous. Continuer la lecture de Homélie de Noël

Effata : Il fait entendre les sourds et parler les muets

« N’oublions pas que tout geste, toute caresse d’un mot de tendresse – sont aussi une manière de communication; un mode d’évangélisation.« 

Lectures du jour : 

Homélie – XXIII dimanche – Mc 7, 31-37

L’Evangile de ce 23ème dimanche du temps ordinaire, nous rapporte une guérison d’un homme sourd et muet. Je ne sais pas si vous vous êtes déjà rendu compte que l’Évangéliste Marc est le seul parmi les quatre évangélistes à relater cet épisode?

C’est un texte éminemment charnel, puisqu’on y trouve oreilles, langue, doigts, salive… En effet, face à cet homme sourd et muet, Jésus accomplit un geste qui aura probablement étonné ceux qui l’ont amené à lui: il ose mettre ses doigts dans ses oreilles et lui toucher la langue avec sa propre salive.

N’aurait-il pas pu simplement poser la main sur lui? C’est d’ailleurs ce que lui demandent ceux qui ont amené cet homme. Eh bien, non! Tel un bon médecin, Jésus n’hésite pas à toucher la personne. Continuer la lecture de Effata : Il fait entendre les sourds et parler les muets

Prends l’enfant et sa mère, et fuis en Égypte

« N’est-il pas étonnant que Dieu se révèle ainsi dans un Nouveau-né, l’être le plus fragile au monde, le plus vulnérable ? »

Lectures : La Sainte Famille

Dans la tradition chrétienne, Noël, c’est la manifestation de la tendresse de Dieu pour l’humanité. N’est-il pas étonnant que Dieu se révèle ainsi dans un Nouveau-né, l’être le plus fragile au monde, le plus vulnérable ? Dieu se révèle dans une naissance, celle de Jésus dont le nom signifie « Dieu sauve, Dieu délivre. » Dieu se révèle dans la tendresse d’une naissance et non dans la violence, dans la haine, dans la destruction. Noël aujourd’hui comme voici plus de 2 000 ans, éclaire d’une lumière nouvelle l’aventure humaine, Promesse de vie, de paix et d’Amour. Tout cela, n’est réalisable que grâce au « oui » d’une femme appelée Marie dont nous célébrons aujourd’hui comme la « Mère de Dieu ».

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Nul n’est prophète en son pays

« La parole de Dieu pénètre dans notre chair. Nous pouvons à l’appel du Seigneur dire oui en témoignant de notre charité, de notre espérance et de foi en sa parole. »

Lectures : Jésus n’est pas envoyé aux seuls Juifs

Jésus, comme Élie et Élisée, n’est pas envoyé aux seuls Juifs (Lc 4, 21-30)

Bien aimés de Dieu la liturgie de la Parole de Dieu de ce 4ième dimanche du temps ordinaire nous interpelle sur la qualité de notre relation vis-à-vis du message que les Prophètes nous annoncent de la part de Dieu. Elle parle plus précisément du type de réponse que nous donnons à Dieu. En fait, la parole de Dieu s’adresse à nous régulièrement comme une lumière pour éclairer nos vies. Mais, cette bonne nouvelle, est-elle toujours bien accueillie ? Continuer la lecture de Nul n’est prophète en son pays

Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel

« Dieu nous invite  à ouvrir les yeux, à regarder autour de nous et à découvrir l’amour qu’Il nous porte. »

Lectures : 19ième dimanche du temps ordinaire : 1 R 19, 4-8/Ep 4, 30 – 5, 2Jn 6, 41-51/

« Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel » (Jn 6, 41-51)

Bien aimés de Dieu, chers frères & sœurs, dimanche dernier le Seigneur nous adressait une invitation à venir à lui pour ne pas avoir faim et à croire en lui pour ne plus avoir soif. Mais les températures de ce temps d’été exige qu’il faut plutôt boire de temps en temps de l’eau ou de la boisson bien fraîche pour ne pas subir des conséquences de la chaleur ou de la canicule. De même que nous prenons soin de notre corps pour ne pas mourir de faim et de soif, aller vers le Seigneur, mettre notre foi en sa parole et communier à sa personne est aussi une véritable source de salut pour nous. C’est ainsi qu’aujourd’hui le Seigneur se révèle encore à nous dans le textes bibliques comme celui qui se soucie de notre bien être non seulement humain mais surtout spirituel. C’est à dire de notre salut ici sur terre et dans le ciel.  Continuer la lecture de Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel

Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies

« Dieu partage l’angoisse, la peine, la douleur et les attentes de ceux autour de lui. Il nous tient la main. »

Lectures : 5ime dimanche temps ordinaire : Jb7,,1-4.6-7/1Co9,16-19.22-23/Mc1,29-39

« Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies » (Mc 1, 29-39)

Le Christ a pris nos souffrances, il a porté nos maladies Mt 8, 17
Bien aimés de Dieu, depuis les origines le problème du mal a toujours été une tourmente pour l’homme et provoque parfois sa révolte. Pour les chrétiens, cette question de la souffrance se complique encore davantage parce qu’elle met souvent Dieu en cause ; nous l’accusons de rester trop silencieux devant notre peine et le mal des hommes. Continuer la lecture de Il guérit beaucoup de gens atteints de toutes sortes de maladies