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2EME DIMANCHE DE CAREME 2021 : Celui-ci est mon Fils bien-aimé

2EME DIMANCHE DE CAREME 2021

Lecture du jour :

Jésus choisit trois de ses disciples (Pierre, Jacques et Jean), part avec eux à l’écart, sur une montagne et là, il se transfigure ! Non seulement il se « montre autrement » mais les disciples y voient encore Elie et Moïse et entendent une voix qui leur dit : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé ; en qui je trouve ma joie. Ecoutez-le ! » 

Ils ne pourront jamais l’oublier. Ils n’ont d’ailleurs jamais pu l’oublier. Ils devraient en être tous saisis et retournés ou traversés par cet évènement. Comment peut-il en être autrement ? Devant cette « christophanie », c’est-à-dire cette manifestation spectaculaire de Jésus transfiguré ? Ce que décrit Marc dans son évangile est un évènement tellement important pour les chrétiens, donc pour nous aussi aujourd’hui, que l’Eglise, depuis le quatrième siècle, en a fait une fête liturgique.

Ce n’est pas un hasard que les trois mêmes ApôtresPierre Jacques et Jean l’on retrouvera à Gethsémani, lors de l’agonie de Jésus. Oui, ces trois « privilégiés » ont vécu, ce qu’on appelle, dans la mystique : « une expérience fondamentale. »  

Ils en sont tellement marqués que, des années après la résurrection de Jésus, Saint Pierre écrira ces mots dans sa deuxième lettre, chapitre 1 : «C’est pour avoir été des témoins oculaires de sa grandeur, que nous vous avons fait connaître la puissance et le venu de notre Seigneur Jésus. » Cette voix, nous l’avons entendue nous-mêmes quand nous étions avec lui sur la montagne sainte. » (2 P 1, 16)

Par ailleurs, Saint Jean qui a vécu lui aussi cet événement unique, rend témoignage dès les débuts de sa première épître avec ces mots : « Ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé, et que nos mains ont touché du Verbe de vie, (...) nous rendons témoignage, et nous vous l’annonçons, à vous aussi afin que vous soyez en communion avec nous. » (1 Jn 1-4)

Mais qu’est-ce qu’ils ont vu sur cette montagne ?

Les mots manquent pour l’exprimer. Selon les termes grecs utilisés par saint Matthieu dans son évangile, il s’agit d’une véritable métamorphose. Jésus, le Fils de l’Homme, est le même et pourtant il est tout autre : il est revêtu de Lumière, de gloire, de splendeur, de grandeur, de blancheur et d’éclat. Il était éblouissant de majesté. C’était grandiose.

La transfiguration est un changement d’une figure, d’une forme, d’un aspect en un autre. Mais bien plus encore : on peut dire que dans le mystère de la transfiguration, le temps s’arrête dans sa dimension terrestre pour se connecter au céleste : le passé et l’avenir représentés ici par les grandes et belles figures de Moïse et Élie se nouent pour atteindre leur point oméga dans le présent incarné par Jésus-Christ.

Il est donc Celui qui a les clés de la Cité céleste. Ap 1,18/ 21,1ss

À Lui sont données comme l’écrit le prophète Daniel : « Domination, gloire et royauté. » Cette exaltation, cette transfiguration de Jésus est une révélation de la grandeur dont il est habité depuis toujours de manière cachée.

Frères et sœurs, quelle bonne nouvelle pour nous, ! Quelle bonne nouvelle pour nous, qui vivons cette situation très difficile de la pandémie. Tant des malades, tant de souffrances et d’inquiétude depuis plus qu’un an. L’évènement de la Transfiguration de Jésus nous rappelle qu’à travers les vicissitudes de la vie, par-delà les soucis de tous jours, au travers des épreuves et difficultés de tous genres, nous ne devons pas perdre de vue cette dimension éternelle de notre être.

Vous tous qui êtes baptisés ne savez-vous pas que vous avez revêtu le Christ ? (Ga 3,27) Par cette consécration baptismale, nous sommes revêtus de gloire. Il est vrai que ce que nous sommes ne paraît pas encore clairement. Mais il est clair que ce que nous sommes dépasse bien largement ce que nous paraissons, puisque nous sommes assumés comme membres du corps du Christ ressuscité, cohéritiers avec lui appelés à la gloire de la divinisation. C’est cela que, en ce deuxième dimanche du Carême, nous rappelle l’évangile.

La seule condition est de suivre Jésus comme les apôtres, en acceptant de gravir la montagne, de prendre de la hauteur. Pour écouter la voix du Père. Et entendre Pierre s’exclamer « il est heureux que nous soyons ici ! »

Gravir la montagne, prendre de la hauteur : chemin de conversion, chemin de Carême…

Il nous faut aussi souvent méditer cette exclamation de Saint Pierre : « il est heureux que nous soyons ici ! » Elle nous invite à développer une forme de spiritualité. Celle qui permet de reconnaître les présences de Dieu dans notre vie et notre histoire.

« Il est heureux que nous soyons ici ! » : cela consiste à cueillir l’instant qui s’offre à nous. À recueillir les grâces qui nous sont données. Cela consiste à essayer d’habiter le moment qui nous est donné comme présent. Nous sommes ainsi invités à goûter le temps s’ouvre pour en percevoir les nuances. Dire il est heureux que nous soyons ici, c’est célébrer son bonheur sans tarder. C’est planter sa tente comme citoyen de la terre. « Il est heureux que nous soyons ici ! » consiste à œuvrer chaque jour pour l’homme, pour notre planète et son progrès par-delà toutes considérations partisanes et idéologiques.

Et à la fin je vous propose cette invitation de saint Anastase de Sinaï (moine, VIIs) :

« Accourons donc, dans la confiance et l’allégresse, et pénétrons dans la nuée, ainsi que Moïse et Elie, ainsi que Jacques et Jean. Comme Pierre, sois emporté dans cette contemplation et cette manifestation divines, soit magnifiquement transformé, sois emporté hors du monde, enlevé de cette terre ; abandonne la chair, quitte la création et tourne-toi vers le Créateur à qui Pierre disait, ravi hors de lui-même : Seigneur, il nous est bon d’être ici !

Certainement, Pierre, il est vraiment bon d’être ici avec Jésus, et d’y être pour toujours. Qu’y a-t-il de plus heureux, qu’y a-t-il de plus sublime, qu’y a-t-il de plus noble que d’être avec Dieu, que d’être transfiguré en Dieu dans la lumière ? Certes, chacun de nous possédant Dieu dans son cœur, et transfiguré à l’image de Dieu doit dire avec joie : Il nous est bon d’être ici, où tout est lumineux, où il y a joie, plaisir et allégresse, où tout, dans notre cœur, est paisible, calme et imperturbable, où l’on voit Dieu : là il fait sa demeure avec le Père et il dit, en y arrivant : Aujourd’hui le salut est arrivé pour cette maison. Là tous les trésors des biens éternels sont présents et accumulés. Là sont présentées comme dans un miroir les prémices et les images de toute l’éternité à venir.”

C. Hermanowicz

Autres homélies du Père Christophe  Hermanowicz

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Explication de l’Evangile du dimanche 7 février pour les enfants

Explication de l’Evangile aux enfants

Lectures de ce dimanche

Chers parents, chers enfants, habituellement, lors des messes dominicales de notre paroisse, les plus jeunes sont invités à assister à l’explication de l’Evangile du jour, avec des mots simples. En raison des restrictions de déplacement, nous vous invitons à partager en famille la lecture de l’Evangile, et à l’expliquer à vos enfants avec vos propres mots.

Ce document peut vous aider à identifier des axes d’explication, et vous suggère une activité pour mieux comprendre l’Evangile.

Signe de croix

En entrant dans ce temps de partage de la Parole, faisons ensemble un beau signe de croix avec les enfants.

Introduction et contexte, rappel

Expliquer aux enfants que, même si nous n’allons pas à la messe ce dimanche, nous sommes en communion les uns avec les autres et que nous allons partager la Parole que Jésus nous transmet ce jour.

Dimanche dernier Jésus nous montrait sa puissance par un miracle, en délivrant un homme d’un esprit impur.

Thème du jour : Jésus aide les malades. Continuer la lecture de Explication de l’Evangile du dimanche 7 février pour les enfants

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Quelle vocation de baptisé III ?

Avant de reprendre notre réflexion sur le baptême, arrêtons-nous sur une notion qui semble bien mal comprise en régime chrétien: celle de la liberté.

Hans KÜNG, dans son livre « L’Eglise » répond à cette question : « Qui donc est libre ? » dans l’Eglise primitive

Est libre celui qui est libre à l’égard du péché, qui ne veut pas vivre de soi, par soi et pour soi, mais de Dieu et, de cette manière justement, pour ses frères humains.

Dieu lui-même doit rendre libre l’homme non libre, et incapable de liberté, le libérer pour la liberté.

En Jésus-Christ, le nouvel homme libre, Dieu a promis, ouvert et donné à tous les hommes accès à la liberté nouvelle et véritable.

A l’homme pécheur qui pense trouver sa liberté, parce qu’il peut disposer de soi de façon autonome, il est dit qu’il n’acquiert la liberté qu’en laissant quelqu’un disposer de lui, Dieu qui l’adopte comme son enfant.

Après comme avant, l’homme peut pécher ; mais il n’y est plus contraint. Le péché n’a plus de force contraignante sur lui.

La liberté du chrétien est une liberté, une disponibilité pour servir Dieu et les autres.

En unissant paradoxalement indépendance et obligation, puissance et renoncement, autonomie et service, domination et servitude, la liberté du chrétien est une énigme pour le monde. Mais, pour le chrétien, cette énigme est résolue par ce qui fait le noyau de cette liberté : l’amour, la charité par laquelle la foi devient opérante.

Quelle bouffée d’air que d’entendre ces propos sur le péché et sur l’appel au discernement de la volonté de Dieu : ce qui est bon, ce qui lui plaît, ce qui est parfait (Rm 12,2)

C’est la propre conscience de chacun qui est apte à distinguer le bien du mal, conscience éclairée par l’amour de Dieu !

En Christ, homme nouveau et vie nouvelle ! N’oublions pas de manifester au monde que nous sommes un peuple de sauvés.

Adrien CANDIARD relit pour nous la Lettre à Philémon. Philémon est un ami de Paul qui lui écrit à propos de la liberté de son esclave venu chercher protection auprès de Paul.

(Paul) a découvert que la sainteté n’est pas l’accomplissement de telle ou telle consigne impérative, ni l’ascension héroïque et épuisante vers des sommets de perfection qui le défient, mais l’alliance, l’amitié avec le Christ, la vie avec Dieu…

Paul va faire le bien, non parce qu’il craint le gendarme divin ou cherche à mériter son amour conditionnel, mais parce qu’il déborde de cet amour qu’il vient de recevoir en plein cœur.

Cette morale aura ses exigences (et bien plus que la précédente), parce qu’elle ne demande pas de lui telle ou telle action, mais le don de tout son être.

La vie chrétienne, c’est grandir en liberté, pas faire ce qu’on te dit, à chacun, son propre choix du bien. Paul ne peut pas forcer une conscience, même celle de son ami.

Dans la Lettre aux Galates, Paul se met en colère quand pointe la tentation, chez des chrétiens , de vivre la relation à Dieu dans une forme de servitude.

Dieu, le Père par excellence, préfère prévenir que punir.

Il y a des choix de vie qui sont des impasses, qui sont mortifères ; la Parole de Dieu  est là présente pour nous en protéger et conduire à la Vie.

Ne soyez pas étonnés de ces propos choisis. Il nous paraissait important de resituer le « oui » du baptême dans le don permanent, inconditionnel de l’amour du Père.

Promis, le prochain texte sur la notion de prêtre arrive très vite !

Bien fraternellement.

Blandine, Evelyne et Laurence

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