Archives par mot-clé : MONDE

Qu’est ce que le Royaume des Cieux ? Homélie

Homélie du Dimanche 29 janvier 2023 Père Stanislas Stawicki, curé de la paroisse.

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IV Dimanche – Mt 5, 1-12a

L’Evangile de ce dimanche commence par cette phrase célèbre : « Heureux les pauvres de cœur ». Cette affirmation est souvent mal comprise, voire même citée avec une certaine ironie comme une chose, que l’on ne peut faire croire, qu’aux naïfs ! Friedrich Nietzsche, en se référant à cette phrase de Jésus, caricature le christianisme comme « la religion du ressentiment des pauvres », c’est-à-dire de ceux qui ne pouvant pas s’imposer dans ce monde-ci, se convainquent que le bonheur les attend dans un autre monde, en l’occurrence dans le royaume des cieux.

Mais qu’est-ce que ce fameux royaume des cieux ? Les évangiles nous disent que:

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Son « oui » nous montre le chemin de confiance – Homélie

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Sainte Marie, Mère de Dieu – Lc 2, 16-21

Deux paroles illuminent pour les chrétiens le seuil de chaque année: Marie et la Paix.

Marie, parce que nous célébrons en ce jour la solennité de Sainte Marie, en tant que la Mère de Dieu, et parce que son « oui » à la volonté de Dieu nous montre le chemin de confiance et de disponibilité face à la nouvelle année qui commence. En effet, nous ne savons pas ce que cette nouvelle année nous apportera, mais Marie nous invite à regarder tout dans la confiance, car nous sommes dans les mains de Dieu.

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Il est né en chemin !

Il est né en chemin !

Fêter Noël dans une société dite « post-chrétienne » n’est pas une mince affaire. Pour attirer l’œil et ne pas troubler la laïcité, une convention s’impose : Noël est une fête enchantée ou mieux encore « magique ». Est magique, en effet, tout récit qui contredit les lois de la raison et exige cependant d’être cru ! Alors la foi chrétienne, déguisée en féerie commerciale, fait un retour remarqué pendant un mois.

Et si la naissance de Jésus-Christ, dans un monde désenchanté, était le contraire d’un événement magique? À Noël, en effet, naît Celui devant qui les mages se prosterneront à l’Épiphanie. Ainsi, la venue du Christ détrône les magiciens et déjoue toute tentative d’enchantement comme de désenchantement. « En la personne du Fils, le Père donne tout et dit tout » – confesse saint Bernard.

Et encore une petite chose. Continuer la lecture de Il est né en chemin ! →

Un Noël triste ?

Illustration : « Noël de guerre », Père Witold Urbanowicz SAC, Paris 2022

Un Noël triste ?

Saint François d’Assise au pape François

Dans un entretien accordé à la chaîne italienne « Canale 5 » et diffusé dimanche soir (18 décembre), le pape François s’est attristé de l’état du monde qui, à la veille de Noël, subit les conséquences des guerres. Ayant à l’esprit le conflit en Ukraine, le pontife a de nouveau parlé de la « troisième guerre mondiale par morceaux », évoquant aussi les conflits au Yémen, en Syrie, en Birmanie et partout en Afrique. Dans cette atmosphère sombre pour l’humanité, il a qualifié la période actuelle de « Noël triste », « un Noël de guerre ».

Ce diagnostic du Pape Bergoglio – qui a fait très vite un tour du monde – m’a fait penser à un livre d’Eloi Leclerc, franciscain français décédé en 2016, intitulé « Exil et tendresse ». Et plus précisément, à un dialogue qui s’y trouve, entre saint François d’Assise et un certain Mario, pourquoi pas Jorge Mario Bergoglio.

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Tandis qu’il les bénissait, il était emporté au ciel

Solennité de l’Ascension – Lc 24, 46-53

Je voudrais souligner brièvement, avec vous et pour vous, deux aspects de la solennité de l’Ascension du Seigneur que nous célébrons en ce jour : l’expérience de la séparation qui est une expérience du manque; et le passage de la lamentation au temps de la louange.

 D’abord, l’expérience de la séparation. En ce jour, nous sommes invités par le psalmiste (le psaume responsorial) à acclamer le Seigneur qui monte au ciel: « Dieu s’élève parmi les ovations » – nous venons de chanter.  Mais que veut dire exactement que « Dieu s’élève » ?

Eh bien, dans le contexte de notre fête, s’élever signifie « se séparer », sans pour autant « abandonner » ou « oublier ». C’est une séparation nécessaire qui fait naître un besoin, un manque, afin que nous puissions avancer et grandir plus librement. En effet, seul le manque est générateur. Seule l’imperfection est génératrice. Laissez-moi vous expliquer de quoi il s’agit ! Continuer la lecture de Tandis qu’il les bénissait, il était emporté au ciel →

Que faire pendant le Carême ?

VIII Dimanche – Lc 6, 39-45

Lectures de ce dimanche

Le 15 janvier 1662, il y a alors exactement quatre siècle, est né à Paris Jean-Baptiste Poquelin (1662-1673), passé à la postérité sous son nom de plume et de comédien: Molière. Cet artiste complet qui fit rire, mais aussi réfléchir, la France et la cour du « Roi Soleil », est toujours aujourd’hui l’un des plus grands, sinon le plus grand, des auteurs dramatiques de langue française, à tel point que son nom qualifie la langue qu’il savait si bien manier.

Parmi les pièces de Molière, « le Tartuffe » est certainement une des plus célèbres. Ce fut aussi l’une des plus controversées de son temps. Elle provoqua le scandale lorsqu’elle fut jouée pour la première fois le 12 mai 1664. À tel point que l’Église de France, par la voix de l’archevêque de Paris, Mgr Hardouin de Péréfix, la fit interdire. Motif ? La dénonciation de l’hypocrisie au sein de la société, y compris au sein de l’Eglise.

Mes frères et sœurs, la dénonciation des hypocrites que fait Molière dans sa pièce, est toujours d’actualité. L’hypocrisie étant le fait de l’homme pécheur. Jésus nous en parle dans l’Evangile de ce dimanche: « Hypocrite ! Enlève d’abord la poutre de ton œil; alors tu verras clair pour enlever la paille qui est dans l’œil de ton frère ».

Rappelez-vous l’affaire de Mgr Michel Aupetit. Il a été accueilli par le pape François à Rome, au début de ce mois, exactement le 3 février dernier. « Le pape François m’a renouvelé son soutien après ma démission et m’a répété qu’il m’estimait victime de l’hypocrisie et du cléricalisme – a-t-il affirmé au lendemain de cette rencontre.

Voyez-vous ! Les hommes d’aujourd’hui ne sont pas moins hypocrites que ceux d’hier ; ceux de l’époque de Jésus ou ceux de l’époque de Molière. Du coup, « le Tartuffe » n’a rien perdu de sa pertinence. Au contraire, cette pièce apparait comme nécessaire et indispensable dans le monde où nous sommes. Y compris à Paris.

 Chers frères et sœurs, Jésus nous met souvent en garde de nous conduire en hypocrites, c’est-à-dire « en esprits faux », qui prétendent aider leurs frères en dénonçant leur péché.  Il ne s’agit certes pas de renoncer à toute correction fraternelle, mais de fonder celle-ci sur un sérieux examen de conscience par rapport à ce que je porte en mon cœur comme intention, lorsque je veux aider mon frère à se débarrasser d’un penchant mauvais. Autrement dit, Jésus nous rappelle que l’unique motivation de toute parole de correction fraternelle doit être la charité qui vise le bien de l’autre et non le désir caché d’affermir sa supériorité ou peut-être même de faire oublier ses propres défauts en relevant ceux d’autrui. Saint Augustin aimait dire: « Si tu corriges, corrige par Amour. Aie au fond du cœur la racine de l’Amour: de cette racine, rien ne peut sortir de mauvais ».

C’est dans cette esprit que l’Eglise nous invitera, dans trois jours, le Mercredi des Cendres, à entrer dans le temps de Carême: 40 jours pour vivre davantage en chrétien sincèrement, simplement et sobrement.

On se demande souvent: « Que faire pendant le Carême » ? Le programme, nous le connaissons depuis toujours: prier, jeûner et partager. Mais chaque fois nous pouvons l’accomplir différemment. Pour cette année 2022, je voudrais vous présenter dix règles pour un bon Carême. Elles ont été publiées il y a 15 ans, en 2007, par le cardinal Godfried Danneels (1933-2019), archevêque de Malines-Bruxelles. Je les ai fait imprimées expressément dans la Feuille paroissiale pour qu’on puisse les lire ensemble. Regardez donc la toute première page de la FIP: « Dix conseils pour un bon Carême ».

  1.   Prie. Chaque matin, le Notre Père et chaque soir le Je vous salue Marie.
    1. Cherche dans l’Evangile de chaque dimanche de Carême (il y en a cinq), une petite phrase que tu pourras méditer toute la semaine.
    2. Chaque fois que tu achètes un objet dont tu n’as pas besoin pour vivre – un article de luxe – donne aussi quelque chose aux pauvres ou à une œuvre. Offre-leur un petit pourcentage. La surabondance demande à être partagée.
    3. Fais chaque jour quelque chose de bien pour quelqu’un. Avant qu’il ou elle ne te le demande.
    4. Lorsque quelqu’un te tient un propos désagréable, n’imagine pas que tu dois aussitôt lui rendre la pareille. Cela ne rétablit pas l’équilibre. En fait, tu tombes dans l’engrenage. Tais-toi plutôt une minute et la roue s’arrêtera.
    5. Si tu zappes depuis un quart d’heure sans succès, coupe la TV et prends un livre. Ou parle avec ceux qui habitent avec toi: il vaut mieux zapper entre humains. Cela marche sans télécommande.
    6. Durant le Carême quitte toujours la table avec une petite faim. Les diététiciens sont encore plus sévères: fais cela toute l’année. Une personne sur trois souffre d’obésité.
    7. « Par-donner » est le superlatif de donner.
    8. Tu as déjà si souvent promis d’appeler quelqu’un par téléphone ou de lui rendre visite. Fais-le finalement.
    9. Ne te laisse pas toujours prendre aux publicités qui affichent une réduction. Cela coûte en effet 30% moins cher. Mais ton armoire à vêtements bombe et déborde également de 30 %.

Je vous propose maintenant de prendre 3 minutes de silence pour en repérer, non seulement avec vos yeux, mais surtout avec votre cœur, intelligence et volonté, trois de ces règles (conseils) que vous voudriez mettre davantage en pratique pendant le Carême de cette année.

***

Conclusion: Les trois règles que vous avez choisies, ne signifient rien, si elles ne vous rapprochent pas de Dieu, des hommes et de vous-mêmes. Ou si elles vous rendent tristes. Le temps de Carême doit nous rendre plus légers, plus libres et plus joyeux dans notre marche à la suite du Christ. Il nous faudra fournir quelques efforts, certes, mais ce n’est pas grave, si nous vivons ces efforts avec l’application, dans la confiance, la persévérance et la joie.

Père Stanislas

Autres homélies du Père Stanislas

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L’amour des ennemis

7ème Dimanche Temps Ordinaire C

« Ce que vous voulez que les autres fassent pour vous, faites-le aussi pour eux. »

Lectures de ce dimanche

En écoutant l’Évangile de ce dimanche, Beaucoup peuvent se dire que c’est le monde à l’envers ; il accumule des situations impossibles à gérer au premier abord : aimer ses ennemis, faire du bien à ceux qui nous haïssent, prier pour ceux qui nous calomnient, présenter l’autre joue à celui qui a frappé la première. Nous vivons dans un monde où beaucoup ne pensent qu’à se faire justice.

Pour comprendre cet Évangile, c’est vers le Christ qu’il nous faut regarder : il a été harcelé et persécuté tout au long de son ministère ; il a été rejeté, humilié et condamné à mourir sur une croix. Mais jamais le Christ n’a prononcé une parole de malédiction. Son amour est allé jusqu’au pardon et au don de sa vie. Continuer la lecture de L’amour des ennemis →

Solennité Saint Vincent Pallotti

Jésus ne nous envoie pas comme des loups au milieu des brebis ;  comme des loups parmi les loups ; ou encore, comme des loups déguisés en peau de brebis ! Mais bel et bien « comme des brebis au milieu des loups ».

Solennité de Saint Vincent Pallotti – Lc 10, 1-9

Luc Besson, cinéaste français bien connu qui a notamment réalisé le film sur sainte Jeanne d’Arc, disait au moment de la réalisation de ce film, qu’on ne peut pas saisir un saint/une sainte. On peut seulement s’approcher de lui/d’elle.

C’est juste et vrai ! Un saint reste toujours un peu inaccessible comme Dieu lui-même. Cependant nous pouvons et devons l’approcher. La fête de saint Vincent Pallotti est une excellente occasion pour le faire. Et puisqu’en ce Troisième Dimanche du temps ordinaire nous célébrons le « Dimanche de la Parole de Dieu » – étant invités à mieux comprendre l’inépuisable richesse qui provient de ce dialogue constant de Dieu avec son peuple – permettez que nous allions nous rapprocher de saint Vincent Pallotti à partir de la Parole de Dieu, c’est-à-dire à partir du passage évangélique sur lequel l’Église nous fait réfléchir à l’occasion de sa fête. Nous allons nous concentrer sur deux petits points. Continuer la lecture de Solennité Saint Vincent Pallotti →

Nativité du Seigneur

« Une foi qui ne nous bouleverse pas, est une foi qui a besoin d’être bouleversée ! Dieu qui nous a fait sans nous, ne peut pas nous sauver sans nous. Il respecte notre liberté. Il réclame notre concours, notre coopération. »

Lectures de ce jour :

Nativité du Seigneur Noël – Jn 1, 1-18

En cette fête de Noël nous sommes habituellement remplis de joie, et à juste titre! Comme l’affirme Saint Léon le Grand: « La tristesse n’est pas de mise en ce jour où naît la vie ».

On peut dire qu’avec la fête de Noël, Jésus vient nous révéler le style de Dieu. Et le style de notre Dieu, Dieu des chrétiens, ne consiste pas à venir nous aider en résolvant nos problèmes par la magie, en l’occurrence la magie de Noël. Il fait un choix complètement différent. Il commence par se faire un enfant, c’est-à-dire faible et vulnérable. Dans les célébrations de Noël, nous sommes donc tout d’abord invités à reconnaître Dieu présent dans toutes les situations où nous pensons qu’il est absent.

Permettez-moi de réfléchir avec vous et pour vous sur deux grandes leçons qui viennent de cette fête. La première: Noël – est la fête de la Foi. La seconde – Noël nous rappelle que Dieu ne cesse d’être avec nous. Continuer la lecture de Nativité du Seigneur →

Homélie de Noël

« En naissant pauvre parmi les pauvres, Jésus se présente à nous en montrant que ni les titres, ni les honneurs, ni les offices, ni les distinctions, ni les relations ne sont importants aux yeux du Père, mais le témoignage d’un amour vrai envers son prochain. »

« Généalogie de Jésus, Christ, fils de David » (Mt 1, 18-25)

Lectures de ce dimanche

HOMÉLIE DE NOËL

Frères et Sœurs, aujourd’hui nous célébrons la fête de Noël. Comme chaque année, nous nous retrouvons en famille ou entre bande de copains pour s’échanger les nouvelles et les vœux de nouvel An. Ce sens de retrouvaille familial ou amical semble nous faire perdre le vrai sens de Noël. Mais pour nous chrétiens, Noël, c’est bien plus que cela. Car elle n’est pas seulement cette fête qui entre dans nos traditions ou nos mœurs. Noël est avant tout, pour nous chrétiens, la célébration « de la naissance d’un Dieu devenu homme ». Ce Dieu, en la personne de « Jésus-Christ » est le messie, le sauveur du monde. Par son Incarnation, Jésus a pris chair de la Vierge Marie comme le dit notre Crédo. Il devient donc un de nous. De lui, nous pouvons apprendre à devenir des hommes et des femmes capables de contempler le vrai visage de Dieu Père. Car Il n’est pas seulement entré dans le monde pour changer le court des temps mais de témoigner de la proximité de Dieu auprès des hommes. Cette proximité est bien celle qui procure la paix, la joie, l’amour comme le dit la 1ère lecture. Ici, le prophète Isaïe rappelle l’espérance des hommes meurtris par l’oppression de la violence. C’est au cœur de cette violence que la Bonne Nouvelle du salut leur est annoncé. Dieu décide de venir dans notre monde. Cette attente messianique réalisée en la personne de Jésus Christ est l’accomplissement parfait de la Parole de Dieu Père. Désormais, Dieu fait partir de son peuple. C’est Lui Dieu, en la personne de Jésus qui a décidé de naître parmi nous. En s’incarnant dans le sein de la Vierge Marie et en la prenant pour Mère, Dieu établit une relation avec le genre humain. Par Marie, Jésus devient homme parmi les hommes et Dieu, Fils parmi les personnes de la Trinité, puisque c’est Lui Jésus qui révèle le vrai visage du Père éternel. Aussi par Jésus, Marie devient Mère de Dieu et Mère de l’Homme. À ce sujet, saint Athanase disait « Il s’est fait homme pour que nous devenons Dieu, Il s’est rendu visible en son corps pour que nous nous fassions une idée du Père invisible; Il a supporté les outrages des hommes afin que nous ayons part à l’immortalité » (De inc. Verbi 54). Ici, Athanase fait découler la nécessité de l’incarnation et de la mort du Christ de la volonté rédemptrice de Dieu. Nous n’aurions pas été sauvés, si Dieu lui-même ne s’était pas fait homme, et si le Christ n’avait pas été Dieu. Donc le Verbe de Dieu, c’est-à-dire Jésus Christ, en prenant la nature humaine, a déifié l’humanité; Il a vaincu la mort non seulement pour Lui-même, mais pour nous tous. Continuer la lecture de Homélie de Noël →