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Le Fils de l’homme est venu donner sa vie pour la multitude

Lectures du jour :

La soif de grandeur et de pouvoir est terrible. Elle est nourrie en nous depuis le plus jeune âge. Nous aspirons tous à devenir les chevaliers du roi Arthur ou des princesses emprisonnées dans une tour en attendant le prince charmant.

Avec le temps, en apparence, les fantasmes disparaissent. Mais en réalité, ils restent enfouis sous les cendres et guident secrètement nos choix et nos sentiments. L’éducation que nous recevons ne nous aide pas toujours à les maîtriser. En grandissant, notre vision des autres devient parfois encore plus confuse: les autres nous apparaissent comme des adversaires, des rivaux ou des concurrents.

La soif de grandeur et de pouvoir est terrible, car elle ne cesse de s’autoalimenter. Même les disciples de Jésus, hier comme aujourd’hui, n’en sont pas libres. Nous le voyons très bien dans l’Évangile de ce dimanche: « Maître, donne-nous de siéger, l’un à ta droite et l’autre à ta gauche, dans ta gloire » – demandent Jacques et Jean, les fils de Zébédée.

Pourquoi ce sont Jacques et Jean qui revendiquent ce privilège, et non pas les autres apôtres?

– peut-être, parce qu’ils ont été les premiers à être appelés par Jésus?

– peut-être, parce qu’ils affichent une possible parenté avec Jésus?

– ou simplement à cause de leur caractère spontané et un peu brusque. En effet, ce n’est pas par hasard qu’ils ont été appelés par Jésus lui-même: « fils du tonnerre ».

Et quelle est la réponse de Jésus?

Très simple: « Celui qui veut devenir grand parmi vous sera votre serviteur. Celui qui veut être parmi vous le premier sera l’esclave de tous: car le Fils de l’homme n’est pas venu pour être servi, mais pour servir ».

Frères et sœurs, notre soif trouve la paix quand elle n’est plus une soif de pouvoir, mais une soif de service. Chrétiens, nous sommes donc appelés à imiter le Seigneur dans son don total, dans sa volonté d’être serviteur. En effet, la vie n’a de sens que lorsqu’elle est consacrée à quelqu’un ou à quelque chose. Par contre, la vie devient une obsession lorsque l’on se concentre uniquement sur sa propre soif. « Seul celui qui vit pour les autres, vit de manière responsable, c’est-à-dire vit vraiment » – disait Dietrich Bonhoeffer, grand théologien et pasteur protestant, qui a combattu le nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale.

Et encore une petite chose. Il est surprenant de constater que Jésus ne semble pas être heurté par la requête des Jacques et Jean. Il leur répond simplement: « Vous ne savez pas ce que vous demandez ». Et c’est vrai! Nous demandons souvent à Dieu ce qui nous plait, et Lui, il nous donne ce qu’il nous faut! Dans ce contexte, je voudrais vous lire un texte anonyme d’une personne handicapée gravé sur une tablette de bronze dans un institut de réadaptation à New- York:

« J’avais demandé à Dieu
la force pour atteindre le succès;
il m’a rendu faible,
afin que j’apprenne humblement à obéir.

J’avais demandé la santé,
pour faire de grandes choses;
il m’a donné l’infirmité,
pour que je fasse des choses meilleures.

J’avais demandé la richesse,
pour que je puisse être heureux;
il m’a donné la pauvreté,
pour que je puisse être sage.

J’avais demandé le pouvoir,
pour être apprécié des hommes;
il m’a donné la faiblesse,
afin que j’éprouve le besoin de Dieu.

J’avais demandé un compagnon,
afin de ne pas vivre seul;
il m’a donné un cœur,
afin que je puisse aimer tous mes frères.

J’avais demandé des choses
qui puissent réjouir ma vie;
j’ai reçu la vie,
afin que je puisse me réjouir de toutes choses.

Je n’ai rien eu de ce que j’avais demandé,
mais j’ai reçu tout ce que j’avais espéré.
Presque en dépit de moi-même,
mes prières informulées ont été exaucées.

Je suis, parmi tous les hommes,
le plus richement comblé ».

Père Stanislas

L’esprit souffle où il veut

26ème dimanche – temps ordinaire

Quiconque donne un verre d’eau à celui qui a soif ne restera pas sans récompense

Lectures du jour : 

L’Evangile de ce jour nous montre les apôtres s’indignant parce que quelqu’un chasse les esprits mauvais au nom de Jésus alors qu’il ne fait pas partie du groupe des disciples : De quoi se mêle cet homme, il n’est pas des nôtres ; Il n’est pas de ceux qui nous suivent ! Nous avons entendu la réaction de Moïse et de Jésus : Ne les empêchez pas, ils rendent gloire à Dieu… La réponse de Jésus fait éclater l’étroitesse de ses disciples qui est souvent le réflexe de tout groupe humain : « Qui n’est pas contre nous est pour nous ». Jésus leur fait comprendre que personne n’est propriétaire du « nom » de Jésus, de sa Parole, de son action au milieu des Hommes, de sa puissance de vie. Nous-mêmes, n’avons-nous pas, parfois, des réactions de propriétaires de Dieu ! Nous accaparons Dieu et sa Parole, nous comprenons mal que quelqu’un puisse agir en son nom sans se ranger sous notre bannière, risquant alors, de nous comporter comme les propriétaires de l’Esprit Saint, les propriétaires du Royaume de Dieu, prétendant nous réserver ce qui n’est qu’un don gratuit, comme si, parce que Dieu nous avait fait la grâce de le connaître et de l’aimer, nous devenions les possesseurs exclusifs de ce don. « Quiconque, dit Jésus, (et donc pas simplement ceux et celles qui appartiennent à mon Eglise) Quiconque donne un verre d’eau à celui qui a soif ne restera pas sans récompense ». Bien entendu reconnaître que l’Esprit de Dieu habite le cœur des autres n’enlève rien à notre conviction profonde que Jésus est l’accomplissement de l’Homme. Continuer la lecture de L’esprit souffle où il veut

Jeune fille, je te le dis, lève toi !

Dieu est puissance de vie et non puissance de mort. Il rétablit l’homme dans sa nature première qui est d’être créé à l’image de Dieu. La mort n’a plus d’emprise sur le baptisé.

Lecture du jour :

L’évangile de ce 13ème dimanche du Temps ordinaire nous propose deux miracles de Jésus. De façon inhabituelle, un récit, celui de la femme qui avait des pertes de sang, est inséré à l’intérieur du miracle de la résurrection de la fille de Jaïre. Pourquoi cette insertion ? Quel est le miracle le plus important ? Comment lire les deux récits ensemble ?

A priori, ressusciter un mort semble bien plus important que guérir des pertes de sang. Pourtant, Marc, en mettant au centre le récit de la guérison de cette femme aux pertes de sang, cherche à nous dire quelque chose de la mort et de la résurrection.

Cet évangile nous parle des deux morts. Continuer la lecture de Jeune fille, je te le dis, lève toi !