Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel

“Dieu nous invite  à ouvrir les yeux, à regarder autour de nous et à découvrir l’amour qu’Il nous porte.”

Lectures : 19ième dimanche du temps ordinaire : 1 R 19, 4-8/Ep 4, 30 – 5, 2Jn 6, 41-51/

« Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel » (Jn 6, 41-51)

Bien aimés de Dieu, chers frères & sœurs, dimanche dernier le Seigneur nous adressait une invitation à venir à lui pour ne pas avoir faim et à croire en lui pour ne plus avoir soif. Mais les températures de ce temps d’été exige qu’il faut plutôt boire de temps en temps de l’eau ou de la boisson bien fraîche pour ne pas subir des conséquences de la chaleur ou de la canicule. De même que nous prenons soin de notre corps pour ne pas mourir de faim et de soif, aller vers le Seigneur, mettre notre foi en sa parole et communier à sa personne est aussi une véritable source de salut pour nous. C’est ainsi qu’aujourd’hui le Seigneur se révèle encore à nous dans le textes bibliques comme celui qui se soucie de notre bien être non seulement humain mais surtout spirituel. C’est à dire de notre salut ici sur terre et dans le ciel. 

Dans les lectures que nous venons d’entendre il y a un mot qui révèle tout ce mystère de la bienveillance et de la tendresse de Dieu. C’est le mot “miséricorde”. Il n’est certes pas prononcé directement. Mais en méditant ces textes, nous comprenons qu’il fait partie de la nature même de Dieu qu’il convient de goûter d’après le psalmiste afin de voir comme est bon le Seigneur.

La première lecture nous parle du prophète Elie qui n’en peut plus d’être poursuivi par l’hostilité de la reine Jézabel. En fuyant dans le désert, il pense échapper à celle-ci. Epuisé et plus seul que jamais, il en vient à demander la mort. Il dit : “Seigneur, c’en est trop ! Reprends ma vie.” Loin des hommes, Elie se disait qu’il pourra s’endormir et mourir tranquillement au désert. Mais voila Dieu ne lui fait pas de reproche. Il le laisse bien dormir. Car pour un prophète à bout de nerfs, rien ne vaut un bon sommeil. Au réveil, Dieu sert un repas au Prophète Elie. Fortifié par cette nourriture, il continue sa route jusqu’à l’Horeb, la montagne du Seigneur. Sœurs & frères, cet prophète découragé, c’est chacun de nous à des degrés divers. C’est ce qui nous arrive aussi lorsque nous sommes affrontés aux difficultés de la vie, aux échecs familiaux, et professionnels, aux intolérances des uns et des autres. Dans ces situations, nous avons du mal à prendre du recul pour dédramatiser ce qui nous arrive. Et comme pour Elie, la réponse de Dieu heureusement ne comporte jamais de reproche ni de leçon de morale. Et c’est cela le propre de son amour et de sa miséricorde pour nous. Dans sa miséricorde, il ne nous condamne pas, il ne nous abandonne pas non plus; Il nous invite par contre à ouvrir les yeux, à regarder autour de nous et à découvrir le secours qu’il nous apporte. Il nous demande d’ouvrir simplement notre confiance pour reprendre l’aventure qui est la nôtre. Car il est toujours avec nous. Le but de la vie n’est pas l’enfermement pour tout oublier ; c’est de nous mettre en marche pour aller à sa rencontre en toute confiance. En fait c’est le Seigneur lui même qui vient à nous car il n’a jamais cessé de nous aimer. Aujourd’hui encore, Il entend le cri des femmes, des hommes et des jeunes de notre temps. Il voit la souffrance des chrétiens persécutés, celle des malades, des prisonniers et des exclus de toutes sortes. Il voit aussi nos égarements. Il ne reste pas sourd à notre supplication. Il nous invite à reprendre la route vers la fraternité, la route vers le refus de l’exclusion, la route vers l’accueil des plus fragiles et des laissés pour compte. Dans la seconde lecture, saint Paul nous recommande de marcher dans l’amour. Dans ses lettres, il parle souvent de course. Cette marche dans l’amour c’est comme une haute montagne qu’il nous faut gravir les uns avec les autres. Et au bas de cette montagne, nous devons laisser tout ce qui est “amertume, irritation, colère, éclats de voix et injures.” En nous libérant de tout ce poids, nous pourrons nous laisser envahir par la fraîcheur du sommet de la montagne. Dans l’Evangile, nous retrouvons Jésus face à la foule dans le désert. Il a vu tous ces gens fatigués et abattus comme des brebis sans berger. Il vient de leur donner la nourriture. Et après ce pain pour le corps, il veut maintenant les inviter à faire un pas de plus et c’est pourquoi il dit: « Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel, si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement ».

Bien aimés de Dieu, LE PAIN DESCENDU DU CIEL EST UN PAIN VIVANT. C’est d’ailleurs le plus beau cadeau que Dieu a fait à l’humanité. Son Fils, Jésus, Lui-même, confirme que ce pain descendu du ciel, c’est sa propre chair qu’il donne pour que nous puissions vivre éternellement. Le Christ donne donc son corps en nourriture pour la vie du monde au nom de la miséricorde. Nous n’avons qu’à tendre les mains pour l’accueillir avec foi. Et Justement à propos de la foi au Corps du Christ, ce pain descendu du ciel, ce pain vivant pour la vie du monde, beaucoup n’ont pas cru à ce merveilleux cadeau qui est encore vrai aujourd’hui. L’Eucharistie que le Christ nous a laissé en mémoire de lui n’est d’ailleurs rien d’autre que ce Pain Vivant. Dans l’hostie consacré à laquelle nous communions, nous avons cette présence continuée de Christ parmi nous : « le pain que je donnerai, dit il, c’est ma chair. Elle est donnée pour que le monde ait la vie ». Cette parole implique que sans cette chair, nous n’avons pas  une vie selon Dieu. Le début de la foi au pain vivant ou au Corps du Christ est peut-être de réaliser que coupés du Dieu, coupé de sa nourriture, nous sommes aussi coupés de la source de la vie. Cette prise de conscience est nécessaire pour que nous prenions au sérieux la communion au Corps et au Sang du Christ, source et sommet de la vie chrétienne. Soeurs et Frères, prions donc au cours de cette messe, afin que grandisse en nous ce grand désir de communier au Christ comme notre source de vie. Et comme le prophète Elie laissons le Seigneur, dans sa grande miséricorde nous fortifier pour avancer chaque jour dans la vie en toute confiance et assurance.  Au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit, Amen.

Père Rodrigue Chabi

 

Orgue :Au grand Orgue, Guy Didier

Œuvres de Jean-Sébastien Bach

– Entrée: “Prélude et fugue en sol majeur”
– Offertoire: “Fantaisie sur un double sujet”
– Communion: “Prélude et fugue en la majeur”
– Sortie: “Fugue en Sol majeur”

Sur wikipedia :

Les autres homélies du Père Rodrigue Chabi

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