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La transparence ouvre la porte à la grâce

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“« Je voudrais vous donner un conseil – disait un jour le Pape François. Soyez transparents. N’ayez pas peur dire la vérité, sans la cacher, sans demi-paroles. Car la transparence ouvre la porte à la grâce ».”

Lectures du jour :

2e dimanche de Carême – Lc 9, 28-36

Pierre dit à Jésus : « Maitre, il est bon que nous soyons ici! Faisons trois tentes: une pour toi, une pour Moïse, et une pour Élie ».

L’apôtre Pierre est très souvent critiqué en ce second dimanche du Carême. On trouve son intervention maladroite. En effet, tous les évangélistes synoptiques (Mathieu, Marc et Luc) lui reprochent de « ne pas savoir ce qu’il dit ». On traite alors Pierre d’être impulsif, naïf et ridicule.

C’est vrai! Les récits évangéliques nous montrent que Pierre ne trouve pas toujours les mots qu’il faut, mais c’est un homme vrai. Il parle, il questionne, il réagit du fond de son cœur! Et je pense que nous touchons ici une des plus grandes qualités de Pierre: la capacité de dire ce qui l’habite; la liberté de parler de ses sentiments; la capacité de libérer la parole sans craindre de se faire corriger ou d’être tourné en ridicule.

Voilà une des lumières que nous pouvons dégager de la réaction de Pierre. Je la repère, car celui qui cache ses vrais sentiments: ses émerveillements ou ses déceptions – aussi bien au sein de nos familles ou nos communautés – s’enfonce tout droit soit dans l’angoisse, soit dans l’agressivité, soit dans le paraître. Eh bien, l’attitude de Pierre nous suggère de libérer la franchisse par rapport à ce qui nous habite; par rapport à ce qui nous arrive.

C’est vrai, les réactions de Pierre étaient parfois trop hâtives, mais il avait cette bonne habitude de tout dire à son Maître. Par contre, son collègue – Judas Iscariote – ne parlait presque jamais. Une seule fois qu’il prend la parole dans l’évangile, c’est pour mentir – nous dit l’Évangéliste Jean (Jean 12, 4-6). Il avait certainement ses doutes, ses angoisses, ses questions, mais il préférait ne pas en parler; il préférait faire-semblant.

« Je voudrais vous donner un conseil – disait un jour le Pape François. Soyez transparents. N’ayez pas peur dire la vérité, sans la cacher, sans demi-paroles. Car la transparence ouvre la porte à la grâce ».

Et encore une chose.

Quelqu’un disait joliment que la montagne Thabor est une fenêtre ouverte sur notre avenir. Il nous garantit que l’opacité de notre corps se transformera un jour en lumière.

Mais c’est aussi un projecteur pointé sur notre présent qui met en lumière ce que notre corps est déjà, malgré sa misérable apparence: le temple de l’Esprit Saint. En effet, selon la Bible, le corps n’est pas un négligeable appendice de l’être humain. L’homme ne possède pas un corps, il est corps. Ce corps qui a été créé directement par Dieu, adopté par le Verbe dans l’Incarnation et sanctifié par l’Esprit dans le baptême.

L’homme biblique est émerveillé par ce corps humain: « Je reconnais le prodige, l’être étonnant que je suis – chante le Psalmiste. C’est Toi qui m’as tissé dans le sein de ma mère. Etonnantes sont tes œuvres » (Ps 139). Voilà pourquoi le christianisme prêche le salut du corps, et non la libération du corps, comme le font certaines religions orientales.

Mais que dire à ceux qui souffrent? À ceux qui doivent assister à la « défiguration » de leur propre corps ou de celui d’un être cher?

Ce message de la Transfiguration est peut-être pour eux le message le plus réconfortant: « Il transformera nos pauvres corps à l’image de son corps glorieux » – nous assure saint Paul dans la deuxième lecture de ce dimanche (Ph 3). Les corps humiliés dans la maladie et dans la mort seront rachetés.

Jésus, lui aussi, sera bientôt « défiguré » dans la passion, mais il ressuscitera avec son corps glorieux, ce corps avec lequel il vivra pour l’éternité et que nous retrouverons après la mort, comme le dit notre propre foi.

Prions donc pour que la lumière qui nous vienne aujourd’hui de la haute montagne – nous aide à découvrir davantage notre vocation des « citoyens des cieux ». Oui, le vrai Thabor vers lequel ce 2e dimanche de Carême nous oriente, c’est le Ciel.

Père Stanislas

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