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3ème Dimanche de Pâques 2021 – B : “À vous d’en être les témoins”

“La Paix soit avec vous !”

Lectures du jour : 

Je retiens quelques points de ce passage :

  • Jésus commence par saluer ses amis « La paix soit avec vous ! ». Il affirme ainsi et il nous redit ce matin à chacun, que toute référence à Dieu ne peut se vivre que dans une perspective de paix, et jamais dans l’utilisation de la violence lorsque nous nous réclamons de Dieu.
  • Les disciples sont déconcertés devant la manifestation de Jésus ressuscité. Alors Jésus montre ses mains et ses pieds qui portent la marque des clous ; c’est bien lui, Jésus, qui a été crucifié. D’ailleurs, curieusement, après la résurrection, Jésus n’est jamais reconnu à son apparence. Ni Marie-Madeleine, ni les pèlerins d’Emmaüs ne l’avaient tout d’abord reconnu. C’est le nom de Marie, c’est le pain partagé, dans ce passage ce sont les plaies de ses mains et ses pieds et qui permettent aux disciples de reconnaitre que Jésus est bien vivant. Oui, c’est à des signes que nous pouvons reconnaitre la présence du Seigneur. Chacun, nous aussi nous avons toujours à chercher dans notre vie les signes de Sa présence.
  • « Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension de l’Ecriture ». Cette parole implique me semble-il, deux choses :
  • D’abord que comprendre l’écriture est un don que Dieu nous fait. Nous avons besoin que l’Esprit de Jésus, l’Esprit Saint nous ouvre à l’intelligence de l’Ecriture. Je me souviens d’une catéchumène qui disait : « je ne savais pas lire la Bible, et maintenant, j’ai découvert que Dieu me parle à travers l’Ecriture ».
  • L’autre chose c’est la place de cette Parole dans notre vie. C’est elle, la Parole, qui nous permet de découvrir peu à peu qui nous sommes, d’entrevoir à travers les évènements du monde, au-delà des apparences, malgré les drames et les souffrances, le grand projet d’amour de Dieu pour l’humanité. Cette Parole elle prend toute sa place au cœur de la Messe comme maintenant, ou dans le silence d’une prière personnelle, ou lorsque nous partageons la parole à quelques uns, ou lorsque nous écoutons un enseignement ou lisons un commentaire…

Oui, demandons au Seigneur de nous aider à comprendre le sens de ta Parole. Nous croyons que Sa Parole est une parole de vie pour nous comme pour l’humanité et que c’est elle, au souffle de l’Esprit Saint, nous donne de grandir dans notre existence et de construire un monde selon le cœur de Dieu.

La Parole ne fournit pas de recette, elle ne répond pas directement à nos questions. Elle les déplace, apportant un regard nouveau sur ce que nous sommes en train de vivre ; c’est une lumière sur notre route, qui l’éclaire. C’est à chacune, à chacun de nous de prendre le chemin, son propre chemin, qu’il jugera le meilleur ou le moins mauvais, pour être fidèle à cette parole.

  • Cette parole est fondamentale dans notre vie, mais elle n’éclairera notre vie, elle ne transformera notre vie, que si nous lui faisons confiance, que si nous faisons confiance à Celui qui en est la source, le Christ-Jésus, Parole Vivante de Dieu. Par Lui Jésus la Parole Vivante, il nous rendra capables alors d’une vraie relation d’enfant de Dieu et de frère et sœurs entre nous.
  • Enfin l’évangile nous livre un dernier message. Le Ressuscité demande à ses amis d’être les témoins de ce qu’ils ont vécu : « C’est vous qui en êtes témoins ». La phrase n’est pas au futur mais au présent. Ce n’est pas un souhait, mais un constat. Nous ne choisissons pas d’être témoins, nous sommes témoins, que nous le voulions ou non, à travers nos façons de vivre, de regarder le monde, de parler de Dieu ! Ce que nous sommes, témoigne en positif ou en négatif, du message de Jésus-Christ. Sans nous culpabiliser, il n’est pas inutile de nous interroger personnellement, et en tant que communauté chrétienne, sur notre manière de témoigner, et sur la valeur de notre témoignage.

Cette phrase, Jésus l’adresse aujourd’hui, à chacune et chacun d’entre nous, et à notre communauté. Alors rendons grâces à Dieu pour sa Présence et pour cette Parole Vivante qui est comme une lumière sur notre chemin de vie et de sainteté !

Père Francis Corbière

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Les Rameaux et la Passion du Christ 2021

Les Rameaux et la Passion du Christ 2021

Lecture du jour :

Chers Frères et Sœurs

Voici que symboliquement, nous sommes entrés avec le Seigneur à Jérusalem, criant : « Hosanna, béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ». Monté sur un ân et non sur les nuées du ciel, le Seigneur entre comme un roi et c’est pour nous un signe et un appel. Dans un monde de justice, non marqué par le péché comme est le nôtre, il serait venu sur les nuées du ciel mais, pour nous pécheurs, il vient en roi pacifique sur cet ân que personne n’a encore monté et qu’il restituera juste après. Il y a ceux qui marchent devant, il y a ceux qui marchent derrière, il y a ceux qui ne sont pas encore venus mais tous nous sommes invités à le suivre.
« Béni soit le règne qui vient, Hosanna au plus haut des cieux », avons-nous encore chanté. En écoutant le récit de la Passion tel que Marc nous la raconte, nous voyons se réaliser ce qui était annoncé dans le récit de l’entrée à Jérusalem. Nous entendons comment le Règne de Dieu arrive et comment nous sommes tous invités à y prendre part comme à la table d’un festin.
Comme l’annonce le psaume : « la terre entière se souviendra et reviendra vers le Seigneur, chaque famille de nations se prosternera devant lui. Oui au Seigneur la royauté ». Mais le chemin par lequel le Christ y parvient et où nous sommes invités à le suivre est celui où il est triste à en mourir, livré aux mains des pécheurs, accusé par de faux témoins, tourné en dérision et insulté. C’est sur cette voie du salut qu’il donne sa vie après avoir fait sienne la prière de tous ceux qui se sentent abandonnés par Dieu.
C’est le même psaume qui dit en effet :
« Mon Dieu, Mon dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?
Ils me percent les mains et les pieds,
Je peux compter tous mes os,
Ils partagent entre eux mes habits et tirent au sort on vêtement »

Oui Frères et Sœurs, voici comment le règne de Dieu a été révélé, voici comment la joie est entrée dans le monde, voici comment la louange universelle peut éclater lorsque Jésus poussant un grand cri expira et que le voile du temple se déchira. Jésus, le Christ, le Messie, Dieu fait homme nous a tous rejoint dans la détresse pour que resplendisse la croix comme arbre de la rédemption et que le centurion, premier fruit de toutes les nations s’écrie : « Vraiment cet homme était Fils de Dieu »
Voilà le chemin, où nous sommes invités, non avec nos propres forces mais par la grâce de Dieu, ceux qui marchent devant, ceux qui marchent derrière et ceux qui ne sont pas encore venus. C’est le chemin de la vie qui se donne, qui se partage pour en sauver d’autres comme le bateau qui recueille un migrant en mer, comme le médecin ou l’infirmier qui soigne un malade de covid, comme la mère ou le père qui font tout pour bien élever leurs enfants et comme dans d’autres gestes de dons qui sont discrets ou invisibles. D’une certaine manière nous n’avons pas à chercher ce qu’il faut faire, cherchons juste à suivre le Christ.

Vivons donc ces prochains jours comment un temps privilégié pour prendre mieux conscience de ce qui nous unis au Christ qui, par sa Passion, sa mort et sa résurrection, nous fait entrer, à travers l’eau du baptême, dans une vie et une espérance qui ne déçoivent jamais.

Pensons tout particulièrement aux trois catéchumènes qui se préparent à vivre cette Semaine Sainte comme le dernier chemin avant leur baptême et qui revêtiront le vêtement blanc des disciples du Christ ressuscité.

Au cours de la Semaine sainte, nous pourrons prier, méditer, contempler le Christ tout au long de sa passion jusqu’au matin de Pâques. Avec ce que nous sommes, avec nos difficultés, nos inquiétudes et nos péchés, avec tout ce qui vit notre monde de tragique en ces temps actuels de la pandémie, nous pourrons prendre notre place sur le chemin de croix de Jésus.

Ainsi nous y invite saint Grégoire de Naziance:

« Si tu es Simon de Cyrène, prends la croix et suis-le.

Si tu es crucifié avec lui, comme le malfaiteur, reconnais comme cet homme juste, qu’il est Dieu…

Si tu es Joseph d’Arimatie, réclame le corps à celui qui l’a fait mettre en croix : que ton souci soit le rachat du monde.

Si tu es Nicodème, cet adorateur de Dieu, mets-le au tombeau avec les parfums.

Si tu es une des saintes femmes, l’une ou l’autre Marie, si tu es Salomé ou Jeanne, va-le pleurer de grand matin. Sois la première à voir la pierre enlevée, à voir peut-être les anges, et Jésus lui-même. »

Ce chemin de la Semaine Sainte, nous le faisons aussi avec Marie, jusqu’au pied de la croix, jusqu’au tombeau et jusqu’à l’aube de Pâques où la vie triomphe de la mort, où l’espérance devient possible, où le Christ ressuscité vient de nouveau marcher sur les routes humaines, à nos côtés, comme il le fit sur le chemin d’Emmaüs. Que Marie, Notre-Dame, avec Saint Joseph, que nous honorons cette année, nous accompagnent tout au long de cette semaine ! Bonne Semaine sainte à tous !

C. Hermanowicz

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4IEME DIMANCHE DE CARÊME 2021 : venir à la lumière

“Ce ne sont pas les yeux de notre corps qui ne voient pas mais les yeux de notre cœur.”

Lectures du jour : 

Au cours de leur marche dans le désert  vers la Terre Promise qu’ils trouvent trop dure, les hébreux sont remplis d’amertume, tentés de préférer l’esclavage de l’Égypte à la liberté promise par le Dieu de Moïse. Tous étaient tombés dans l’amertume , le manque de confiance en Dieu, et en eux c’était comme si des serpents les mordaient et les faisaient mourir. En élevant les yeux vers le serpent de bronze dressé par Moïse, ils retrouvaient confiance : le Seigneur les protégeait de la mort et  ils pouvaient continuer la route vers la Terre Promise. Jean fait le rapprochement avec la croix du Christ : la Croix nous rappelle nos refus, nos fragilités face au péché, à la maladie, à la mort; mais plus encore la Croix est symbole de vie : carJésus donnant sa vie sur la croix témoigne de l’amour infini du Père pour nous. Continuer la lecture de 4IEME DIMANCHE DE CARÊME 2021 : venir à la lumière