Veillée Pascale : Il est ressuscité et il vous précède en Galilée

“La bonne nouvelle de ce jour c’est que Dieu n’est pas du côté du mal, de la souffrance et de la mort; il est du côté de la vie, du côté des vivants.”

Lectures : Veillée Pascale

En ce jour de Pâques, il y a un mot qui revient très souvent dans nos chants: c’est le mot «Alleluia»: ce mot signifie «Rendez grâce à Dieu», dites merci à dieu. Mais je suis persuadé que dans le monde, il y a des gens qui n’ont pas envie de chanter «Alleluia». Ils sont nombreux, surtout en ce temps difficile que nous vivons, ceux qui ont des soucis, des peines, des peurs pour le présent et pour l’avenir. Nous pensons à ceux et celles qui ont des soucis causés par une maladie, une discorde, la perte d’un être cher. Et puis, il y a aussi des peurs pour l’avenir à cause de la crise qui, selon les économistes, suivra la pandémie, il y a du chômage, de la précarité.

Si nous chantons «Alleluia», merci à Dieu, ce n’est pas pour nous réfugier dans la religion. Car la foi chrétienne c’est tout le contraire d’une fuite. C’est une attitude d’un réalisme incroyable. Elle nous oblige à regarder notre présent et à envisager notre avenir. Mais ce regard, nous le portons sous un angle différent parce qu’à la base de notre foi il y a Jésus ressuscité. Il est présent au cœur de nos vies. Il nous envoie vers ceux et celles qui sont douloureusement éprouvés et il attend de nous que nous soyons auprès d’eux des témoins de l’espérance qui nous anime.Tout au long de ce temps de Pâques, nous entendrons des évangiles qui nous parlerons de la résurrection de Jésus. En les lisant, nous constatons qu’ils ont une manière différente de raconter les événements. On ne peut pas faire une chronologie dujour de Pâques. Mais ils sont d’accord sur une chose essentielle: ils nous disent que les amis de Jésus n’ont pas cru, ce jour-là, à la résurrection de leur Maître et ami. Ils ont d’abord douté. Ils ont dit: «Ce n’est pas possible.» Il n’y en a qu’un qui a cru, c’est Jean. Les autres sont restés enfermés.

Même les femmes qui avaient pour mission d’annoncer la bonne nouvelle sont restées enfermées chez elles. Les uns et les autres, sauf Jean, ont pensé que si le tombeau était resté vide, c’est que le corps avait été volé. Or il se trouve que, quelques heures plus tard, ces hommes et ces femmes vont être transformés. Ils vont passer du doute à la foi, de la peur à une assurance incroyable, pas seulement pour quelques jours, mais pour toute leur existence. Que s’est-il passé? Essentiellement une expérience que chacun a faite, une rencontre avec Jésus vivant. Ils ont mangé et bu avec lui: ils l’ont touché; toute leur vie en a été touchée. Le même Christ ressuscité nous rejoint en ce jour de pâques pour raffermir notre foi. Il est présent dans l’Eucharistie qui nous rassemble, dans les baptêmes qui ont été célébrés cette nuit et ceux qui le sont en ce jour de Pâques. Il veut aussi être avec nous dans les joies et les peines de notre vie, dans nos gestes de partage et de solidarité, dans notre travail et nos loisirs. Rien de ce que nous vivons ne peut lui être étranger. Vivre en ressuscités c’est aller dire aux autres qu’ils peuvent aussi se relever, qu’ils peuvent aussi marcher vers la lumière. C’est aller leur dire qu’ils sont enfants de Dieu et que Dieu les veut près de lui pour toujours.La bonne nouvelle de ce jour c’est que Dieu n’est pas du côté du mal, de la souffrance et de la mort; il est du côté de la vie, du côté des vivants. Si nous sommes atteints par la maladie ou la souffrance, il faut se dire qu’elles ne viennent pas de Dieu. Un Dieu amour ne peut être que du côté de la vie. A travers la résurrection de Jésus, les apôtres découvrent que Dieu est plus fort que la mort. Ils se disent alors:si Dieu est plus fort que la mort, s’il est capable de ressusciter son Fils, cela change tout pour nous. Dans notre lutte contre les forces du mal, nous sommes assurés de gagner.Dans le fait de la résurrection, les disciples trouvent une assurance formidable pour leur propre vie. Ils sont prêts à affronter toutes les souffrances et même la mort plutôt que de renier leur foi. Pour eux, la mort est un passage vers une autre vie qu’ils ont touchée en la personne de Jésus. Tout cela nous renvoie à notre vie de croyants. Être croyants, ce n’est pas se faire une petite idée en se disant : «Je crois qu’il y a quelque chose là-haut. » Ce n’est pas cela, même si nous le pensons. Être croyants, c’est croire en Jésus ressuscité, cela change toute notre existence. A partir de ce moment-là, nous allons avoir un plus grand réalisme. Nous ne pourrons jamais nous boucher les yeux devant le mal du monde. Au contraire, nous nous engagerons à le combattre comme Jésus l’a fait. D’autre part, nous irons avec cette assurance que nous sommes gagnants, et que tout cela, ça change. Cela peut changer aujourd’hui et ça continuera à changer. Le monde nouveau est commencé. Nous sommes déjà ressuscités, nous dira l’apôtre Paul.Alors oui, malgré ce temps difficile, nous avons raison de chanter «Alleluia»parce qu’au centre de notre foi, il y a cette assurance que Jésus est ressuscité. Nous chanterons Alleluia parce que notre vie prend un tout autre sens et une toute autre valeur.

                          Pères Christophe, Francis, Pierre et Rodrigue

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