Je suis la porte des brebis

“Pour aimer, il faut se lier. Qu’elle serait triste la vie d’un homme ou d’une femme qui ne répondrait à aucun appel, qui resterait solitaire, indépendant, sans conjoint, sans amis.”

Lectures : Quatrièùe dimanche de Pâques

Dans la Bible, l’image du berger, du pasteur, est très présente. Elle se réfère à Moïse conduisant le peuple vers la Terre promise à travers le désert, et, plus loin dans la mémoire, aux pasteurs nomades qui furent les ancêtres d’Israël. Mais au premier plan, il y a David, le berger que Dieu a pris «derrière les brebis pour en faire le pasteur de son peuple ». Jésus parle le langage de la culture qui est la sienne. Son langage prend racine dans le temps et dans l’espace.

Église Saint-Jacques Saint-Christophe de la Villette - détail de la chaire – Christ enseignant des nations
Église Saint-Jacques Saint-Christophe de la Villette – détail de la chaire – Christ enseignant des nations

Que veut-il nous dire ? De quoi parle-t-il ? Il parle bien sûr de Lui et de ses relations avec nous. A l’arrière-plan, il nous parle des relations de Dieu avec les hommes. Comme toujours, il donne un sens nouveau aux réalités humaines qu’Il illustre dans ses paraboles. Jésus ne parle pas de l’aspect économique du troupeau : de l’exploitation d’un cheptel pour produire de la viande, du lait. Les images qui sont développées sont celle de l’enclos où le troupeau passe la nuit et celle de la porte de cet enclos. Il y a deux catégories d’hommes qui tentent d’approcher les brebis : d’un côté, les voleurs, de l’autre côté, le «vrai pasteur». Ce pasteur ne ressemble pas aux bergers traditionnels : 

Il ne vit pas de son troupeau, il vient au contraire pour que le troupeau «ait la vie ». L’image renversée : il nous est demandé d’imaginer un éleveur qui n’exploiterait pas le troupeau à son profit mais qui se mettrait à son service jusqu’à cette possibilité de se laisser exploiter par lui ! C’est un « retournement évangélique ». Et plus loin, il sera dit que le bon pasteur « donne sa vie pour ses brebis » au lieu de leur prendre la vie pour se nourrir, pour un repas. C’est bien sûr, la Pâque dont il est ici question. Jésus nous introduit à la liberté. Les brebis suivent le pasteur, mais c’est parce qu’elles le reconnaissent. Il y a une complicité entre le Christ et les hommes.

Avec le Christ nous ne sommes plus des étrangers mais nous sommes libres avec Quelqu’un qui nous veut libres et qui nous aime. Aujourd’hui, dimanche mondial de prières pour les vocations. Une vocation, c’est un Appel. Un appel à suivre le Christ Ressuscité. Et cet appel s’adresse à chacun de nous : qu’est-ce que je fais, moi, personnellement, concrètement, pour répondre à l’appel que le Christ me lance pour être Porteur de Bonne Nouvelle dans le monde ?

Le mot vocation vient du latin « vocare » qui signifie « appeler ». La vocation, ce n’est donc pas une espèce de désir, de goût particulier comme celui de devenir pilote ou de faire de l’escalade. La vocation, c’est une réponse à quelqu’un qui m’invite personnellement. Aujourd’hui, nous vivons dans un monde où la demande d’autonomie est très forte. Nous ne voulons pas nous lier. Et pourtant pour aimer, il faut se lier. Qu’elle serait triste la vie d’un homme ou d’une femme qui ne répondrait à aucun appel, qui resterait solitaire, indépendant, sans conjoint, sans amis. « Veux-tu te marier avec moi ?» De la réponse, oui ou non, dépend toute une vie. L’amour vrai, c’est une réponse… et c’est merveilleux de répondre à quelqu’un qui vous appelle et qui vous aime ! En ce dimanche des vocations, demandons au Seigneur de nous éclairer sur notre vocation: prêtre, religieux/religieuse, laïc engagé dans le monde et dans l’Eglise. Qu’il nous donne le courage de nous mettre en route ou de continuer là où nous sommes déjà engagés. Que notre confinement nous aide et nous permette d’approfondir notre relation profonde au Christ Jésus. Prenons le temps de nous confier et de confier nos frères et sœurs à Celui qui fait pleinement confiance à son Père et à notre Père. Que nous sachions entendre et suivre ce Bon Pasteur qui appelle chaque brebis par son nom. Avec le mois de mai, nous confions également nos espérances à la Vierge Marie, qui, elle-même a remis son avenir entre les mains du Père.

 

Pères Christophe, Francis, Pierre et Rodrigue

Vous pouvez voir la messe en direct sur le canal Youtube

 

Les autres homélies du Père Rodrigue Chabi

Télécharger (PDF, 990KB)

Télécharger (PDF, 207KB)

_

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *