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Chant et liturgie-3

CHANT  ET  LITURGIE   3

Texte de Jacqueline Richard

“Laurence nous a rappelé à quel point musique et chant étaient enracinés dans notre tradition liturgique et Michel nous a présenté nos harmonisations musicales dans l’histoire de nos liturgies jusqu’à Vatican II.

Nous allons voir de plus près ce qu’a voulu Vatican II pour nos liturgies

La choeur de cette réforme : la participation active de l’Assemblée

dorénavant, on ne vient plus « assister à la messe » en écoutant une musique qui « soutenait la prière de chacun » on vient faire Assemblée, Eglise, Ecclésia en grec et c’est par le chant que s’opère la transformation de l’attitude.

La liturgie, la musique et le chant sont des instruments pour nous apprendre à être ensemble Etre ensemble ne nous est pas naturel, nous devons l’apprendre. La liturgie est le cadre : c’est l’action du peuple rassemblé et non pas l’addition de prières individuelles.

Le chant liturgique n’est pas que du chant, il touche le coeur, il témoigne de notre foi, il aide à rencontrer le Christ, il dit quelque chose de Dieu qui va parler à d’autres.

Le chant nous donne les énergies de l’Esprit.

Dorénavant, on va nous entendre chanter notre foi.

Et c’est Guy, par ses pièces d’introduction à l’orgue, qui va ouvrir la prière et susciter le chant.

Et pour commencer : Le chant d’entrée 

 il est choisi selon le thème du jour et le temps liturgique où se situe la célébration. On ne chantera pas la même chose à Noël ou à Pâques.  Nous suivons le temps liturgique.

D’ailleurs, tous les jours, le matin, aux laudes, puis tout au long du jour puis de la nuit, la prière de l’Église suit ce cycle du jour et de la nuit, c’est la symbolique du jour et des ténèbres, du soir et du matin.

Quant à notre dimanche, dies Domini, jour du Seigneur, jour de la Résurrection du Seigneur. C’est le 8ème jour  nous l’avons choisi pour commencer notre semaine alors que les juifs ont placé leur sabbat en fin de semaine. Le Sabbat étant le 7ème jour de la création, on le consacre à Dieu.

Nous suivons aussi le rythme des saisons, celui du soleil et dans une moindre mesure celui de la lune.

Pâques est bien une fête de printemps puisqu’elle a lieu le dimanche qui suit la pleine lune de l’équinoxe de printemps. Pour Pâques et Pentecôte, nous sommes un peu dans le même timing que celui des fêtes juives.

Noël, nous l’avons fixé au solstice d’hiver, quand le soleil est au plus bas et qu’il entame sa remontée dans le ciel. C’est le symbole du Christ, soleil levant.

Et entre les fêtes, nous sommes dans le temps « ordinaire »des jours avec ses 34 dimanches et semaines au cours de l’année.

La forme du chant, vous la connaissez bien, c’est le couplet-refrain.

Ce chant d’entrée, rituel, accompagne  la procession d’entrée des célébrants précédés de la croix, « croix glorieuse » qui rappelle la mort et la résurrection du Seigneur et aura pu être :

un chant de louange (« Jubilez, criez de joie » ; « Acclamez le Seigneur, vous qui marchez sur ses pas, c’est Lui votre Roi »), un chant d’accueil(« Dieu nous accueille en sa maison » , « Entrez, Dieu est en attente ») un chant saluant le rassemblement ( «Seigneur, nous arrivons des 4 coins de l’horizon »), une invitation à écouter la Parole de Dieu (« Ecoute la voix du Seigneur »)

Déjà, dès l’entrée, le chant partagé par tous, quelle que soit sa voix, commence son œuvre : unir les fidèles dans une même vibration.

Nous commençons à faire Corps du Christ. C’est ce que veut Vatican II.

Après le chant d’entrée, vient le rite pénitentiel, le Pardon, le Kyrie   Là aussi, c’est fini le « Je confesse à Dieu » prié par le prêtre puis par les servants au bas de l’autel. Maintenant, nous aussi sommes invités à dire « je confesse à Dieu » et nous le faisons suivre de l’invocation  « Kyrie » ou « Seigneur prends pitié »

Le rite s’est allégé et souvent même nous ne chantons que les invocations (Seigneur, prends pitié, Kyrie eleison).

A moins que nous prenions la forme préférée et innovée par Vatican II :

avec un texte (appelé « trope » cad développement) – : « Seigneur Jésus envoyé par le Père pour guérir et sauver les hommes »suivi de l’invocation « prends pitié de nous »)

C’est vrai, c’est clair : nous nous tournons vers le Christ Sauveur.

Puis nous chantons le Gloire à Dieu, ce chant dont Laurence nous a rappelé que les premières paroles reprennent le chant des anges de Bethléem dans Luc 2,13-14 !

C’est une hymne très ancienne de l’église primitive composé sur le modèle des psaumes et des cantiques bibliques mais ce n’est pas un chant biblique.

A l’origine, il est chanté dans la prière du matin puis dans la messe mais d’abord celle de Noël et seulement par l’évêque puis par le prêtre. Les laïcs le chanteront beaucoup plus tard..On ne le chante pas pendant l’Avent puis par symétrie pendant le Carême, temps pénitentiel très fort – et on ne le chante pas non plus pendant les messes de semaine –

C’est un rite en lui-même, il n’accompagne aucune action et nous devons tous le chanter

« Gloire à Dieu au plus haut des cieux et paix sur la terre aux hommes qu’il aime » :  louange et supplication

« Nous te louons, nous te bénissons, nous t’adorons, nous te glorifions, nous te rendons grâce… » : la forme litanique  nous aide à nous constituer en assemblée pour prier Dieu

« Nous te rendons grâce pour ton immense gloire » : c’est une action de grâce simple et gratuite dans laquelle nous ne remercions pas Dieu pour ce qu’il fait mais pour ce qu’il est.

Après la louange au Père, nous nous adressons au Fils, le Christ sauveur du monde :

« Seigneur , Fils unique Jésus Christ, Seigneur Dieu , Agneau de Dieu, le Fils du Père » et au travers de cet appel nous évoquons l’Esprit Saint sans pourtant le nommer mais nous le reconnaissons dans l’incarnation, dans Jésus, Dieu fait homme.

Puis une litanie qui,par trois fois, s’adresse au Christ  : « Toi qui enlèves le péché du monde, prends pitié de nous . Toi qui enlèves le péché du monde , reçois notre prière ; toi qui es assis à la droite du Père prends pitié de nous. »

Enfin l’invocation finale : « Car toi seul es saint, Toi seul es Seigneur, Toi seul es le Très Haut  Jésus-Christ avec le Saint Esprit dans la gloire de Dieu le Père » avec son invocation trinitaire qui sera reprise et développée dans le Credo.

Ensuite vient la liturgie de la Parole avec la 1ère lecture de l’Ancien Testament à la suite de quoi vient le Psaume .

 Rappelons que le Psautier est la base du chant liturgique :

avant Vatican II, les chants du propre de la messe (chant d’entrée, chant après l’épître, chant d’offertoire et de communion étaient généralement des versets de psaumes.

La Liturgie des Heures chante abondamment les psaumes

Les psaumes sont donc  par nature des prières poétiques, issus de la tradition de la Bible de Jérusalem, pour l’essentiel composés par David.

Ce sont des textes à dire avec rythme et ton – le ton de la psalmodie

Au 4ème siècle St Ambroise, évêque de Milan, un des 4 Pères de l’Église avec St Jérôme, St Augustin et St Grégoire le Grand, leur a donné leur forme tonale officielle puis, le Père Gélineau , dans les années 50, nous les a mis en musique.

 Aujourd’hui, nous bénéficions d’une nouvelle traduction liturgique pour être encore plus fidèle au texte. Le changement porte sur un mot, une conjugaison mais a fait que les compositeurs ont fait d’autres propositions que ce que nous avions l’habitude de chanter. Ce sont des airs nouveaux.

La mise en œuvre lors de la messe est celle que nous pratiquons : un refrain – antienne – alterne avec une strophe. Nous chantons ensemble au moins le refrain du Psaume et l’animateur ou animatrice chante les strophes cantillées (+- proche du « parler ») sur un ton psalmique (.avec de longs traits sur une même note, difficile à tenir).

Les versets se répondent par 2 sur le même air : c’est le psaume responsorial

Lorsque l’animateur chante les versets – il répond à la recommandation de l’Assemblée des Evêques de France » –

mais nous pouvons, pour changer, et parce que nous observons quel coeur l’assemblée y met, faire une lecture des versets, en alternance.

maintenant, nous tentons la formule de chanter les versets en 2 choeurs.

On dit aussi que les psaumes sont un des trésors de la prière de l’Église.

Puis l’acclamation « Alleluia » vient annoncer la lecture de l’Evangile – coeur de cette liturgie de la Parole-

c’est le mot hébreu pour dire « louez Dieu » et il s’adresse à l’assemblée

c’est un mot biblique du Livre des Psaumes où on le trouve 23 fois et dans le Nouveau Testament, 4 fois dans un cantique du Livre de l’Apocalypse

(Ap 19, 1-6) : « Alleluia ! Le salut, la puissance, la gloire à notre Dieu . »

Ce n’est pas une prière individuelle, c’est une prière collective où toute la communauté s’associe. Nous l’avons conservée de la tradition juive.

C’est l’Alleluia de la joie de Pâques à l’annonce de la Résurrection

Nous terminons ce moment avec la Prière Universelle où nous élargissons notre prière.

Et après chaque intention, nous chantons un  Refrain

Ensuite c’est la liturgie eucharistique qui commence par l’offertoire

là, nous laissons Guy accompagner les gestes du prêtre.

Lors des fêtes, nous pouvons organiser une processions des dons  – très symbolique – où laïcs et enfants viennent du fond de l’église où ils se sont rassemblés et ils montent vers l’autel – la table du sacrifice – en traversant l’assemblée pour signifier qu’ils sont porteurs de ses dons.

Ils portent ce qui sera nécessaire pour accompagner la liturgie eucharistique : du pain, du vin, des fruits, des fleurs pour décorer l’autel.

Ils viennent « préparer la table du festin de Dieu, du Seigneur »,

Une fois déposés sur l’autel, le président de l’assemblée présentera à Dieu ces fruits de la terre et du travail des hommes pour qu’ils deviennent le lieu de la présence du Christ ressuscité.

Ces biens que nous offrons à Dieu le Père, nous les avons reçus de lui !

Puis, vient la prière eucharistique, centre et sommet de la célébration, prière d’action de grâce et de sanctification  poursuivie par le Sanctus au moment où le prêtre dit « c’est pourquoi avec tous les anges nous chantons », l’assemblée s’unit au chant des puissances célestes qui commence par une triple invocation au Dieu Saint « Sanctus, Sanctus, Sanctus Dieu Saint »

Il s’agit de la reprise de la vision d’Isaïe en 6,1-8 lorsqu’il dit : « je vis le Seigneur assis sur un trône très élevé. Sa traîne remplissait le Temple. Des séraphins se tenaient au-dessus de lui. Ils avaient chacun 6 ailes : deux pour se couvrir le visage,deux pour se couvrir les pieds et deux pour voler. Ils se criaient l’un à l’autre : «  Saint, saint, saint le Seigneur, le Tout Puissant, sa gloire remplit toute la terre. ! » à la suite de quoi, un ange pose une braise sur sa bouche d’IsaÏe pour le purifier et lorsque la voix du Seigneur dit « qui enverrai-je ? » il répond : « me voici, envoie-moi »

Ensuite « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur » : c’est l’acclamation des Juifs à l’entrée de Jésus à Jérusalem, au jour des Rameaux – Mat 21,9 « Gloire au fils de David, Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur, Hosanna au plus haut des cieux » –

le sens hébraïque premier de hosanna est  : sauve donc –  C’est devenu une acclamation puis,

au fil des siècles, l’acclamation « hoshiya na » cessa d’être un appel à l ‘aide dans le langage du peuple juif.

C’est devenu un cri d’espoir et de joie . De «  Sauve, s’il-te-plait », on est passé à :

« Salut !, Salut ! Le Salut est arrivé » !.

Après l’élévation : l’acclamation d’anamnèse.

Là, nous répondons au prêtre qui nous invite à proclamer « il est grand le mystère de la foi » et nous chantons :

« Nous proclamons ta mort, Seigneur Jésus, nous célébrons ta Résurrection, nous attendons ta venue dans la gloire ».

 En effet, par notre baptême, nous participons à la fonction sacerdotale du Christ.

Nous sommes « prêtre, prophète et roi ». Nous nous sommes adressés au Christ.

Le prêtre reprend sa prière par une autre anamnèse dans laquelle il s’adresse à Dieu : «  Voilà pourquoi, Seigneur, nous célébrons le mémorial de notre rédemption :

en rappelant la mort de Jésus-Christ et sa descente au séjour des morts,

en proclamant sa résurrection et son ascension à ta droite dans le ciel,

en attendant aussi qu’il vienne dans la gloire,

nous t’offrons son corps et son sang, le sacrifice qui est digne de toi et qui sauve le monde »  (Prière eucharistique n°4)

C’est sa prière d’anamnèse : il fait remonter à la mémoire et rend présent.

L’anamnèse est donc un acte de mémoire qui actualise le passé et le rend présent, ce n’est pas un souvenir !.L’anamnèse fait mémoire.

Par l’action liturgique, nous sommes mis en présence du passé et de l’avenir et nous nous ouvrons à l’espérance de la promesse : « Viens, Seigneur Jésus. ».

 La doxologie vient clore la prière eucharistique – mot du grec « doxo » gloire et «logos » prière.

La doxologie est une prière de gloire à Dieu « Par lui, avec lui et en lui… » qui se termine par le plus solennel des « Amen » chanté par l’assemblée sur un air composé par notre organiste, Guy.

Ensuite, vient le geste de la fraction du pain consacré pour être donné en partage et que nous accompagnons avec un « Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde »

C’est une litanie qui comprend 3 invocations : les 2 premières se terminant par « prends pitié de nous »

et la 3éme par « donne-nous la paix ».

Ces 3 invocations sont une forme ternaire voulue pour évoquer la Sainte Trinité.

On accompagne donc le geste de la fraction et si ce geste dure plus longtemps, on prolonge.

On peut aussi développer ces invocations avec des phrases plus longues – des tropes

(Agneau de Dieu, tu as ouvert le Livre… Tu rassembles les peuples comme les grains sur la colline…)

Puis c’est le moment de la communion et là, nous avons de beaux chants de communion ainsi que de belles pièces d’orgues que Guy peut nous faire entendre. Le chant de communion est rituel dont les paroles sont de véritables catéchèses. Elles s’enracinent dans notre mémoire croyante et structurent notre foi.

Par exemple, lorsque nous chantons : « Voici le Corps et le Sang du Seigneur »

dans « Venez, approchons-nous », dans un couplet, il est question du « sacrifice qui nous rend à la Vie…du sang de l’Alliance ».

Aussi, nous recevons la Parole : « Prenez et mangez, ceci est mon corps ».

et quand nous chantons :« Devenez ce que vous recevez, devenez le Corps du Christ »  c’est exactement cela que nous demande Vatican II !

Voyons aussi comment ces paroles sont toutes formulées au pluriel « Tu es là présent livré pour nous », – ce n’est pas de la prière individuelle –

Ces chants nous aident à vivre plus intensément la démarche de la communion.

Ensuite, après la communion et suivant le thème de l’Evangile et le temps liturgique, nous prendrons plutôt :

un chant de méditation (« je te cherche Dieu », « Âme du Christ »)

un chant d’action de grâce – chant de reconnaissance des bienfaits de Dieu pour nous, de son amour –

« Veillons et prions » où nous chantons « c’est aujourd’hui le temps de l’amour »

un mot sur la signification de « action de grâce » :

sa traduction grecque est : « eucharistie » – « action de grâce, louange et joie » et c’est ce terme que notre église a retenu pour désigner la messe dans les années 1980.

un chant de supplication – « Tu entends mon cri tendre Père, Toi l’infinie miséricorde » pendant le temps pénitentiel de Carême p.e.

un chant d’envoi … en mission ! «  Envoie tes messagers, Seigneur », « Viens, lève-toi, moi, le Seigneur, je t’appelle »

Donc le ton sera plutôt méditatif ou plutôt éclatant.

Nous avons parcouru les différentes formes du chant tout au long de nos célébrations

La première de ces formes est celle du :

dialogue avec le Célébrant lorsque nous lui répondons avec des acclamations

et ce faisant, nous voyons le symbole de l’Alliance entre Dieu et son peuple.  Nous en réalisons une image sonore.

Le gloria dans sa forme d’hymne cad sans refrain et chanté par toute l’assemblée traduit symboliquement cette unité à laquelle est appelée l’assemblée : l’unité du corps du Christ ressuscité

la litanie avec sa forme répétitive, nous la voyons au début du Sanctus quand nous disons « Saint, saint, saint… » et encore mieux avec la litanie des Saints « Seigneur prends pitié bis, sainte Marie priez pour nous … »

et lorsque dans le kyrié ou l’Agnus nous chantons dans une forme en 3 parties – forme tropaire – nous exprimons l’unité dans sa diversité : un unique corps du Christ avec les différents membres qui la constituent.

D’ailleurs dès les Pères de l’Église on insistait sur l’importance de l’organisation de l’assemblée qui n’est pas une masse informe, sans ordre défini : le peuple de Dieu est organisé et hiérarchisé, avec une discipline la liturgie – et devient une image symbolique de la Création.

La création est ordonnée, la liturgie l’est aussi, elle est voulue par Dieu.

Le chant avec son alternance de couplet-refrain nous mettant ensemble, nous fait devenir image d’un corps, le corps ecclésial.

Et ce Corps est celui du Christ, chacun de nous en est une partie et est à la place qui lui revient lors de la célébration : le Célébrant représentant le Christ, les co-célébrants, l’assemblée, l’organiste, les animateurs-animatrices ;

Chacun a son rôle lors de la célébration, selon un ordre voulu par la liturgie et le résultat est

une « harmonie » de l’ensemble.

L’harmonie est « trace divine » dans l’univers

Quant à l’harmonie du chant, il révèle l’harmonie du monde et la beauté de Dieu !

Et le chant est d’ailleurs et avant tout au service du texte, de La Parole de Dieu, de l’Ecriture qu’il nous aide à mieux accueillir, à nous laisser transformer de l’intérieur pour chercher à aimer comme Dieu nous aime

Animateurs, animatrices sommes au service de cette Parole.

Chanter ensemble dit le « mystère », la présence de Dieu venu rassembler tous les hommes en un seul Corps dans l’unité de l’Esprit.”

Texte : Jacqueline Richard

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