Préparez le chemin du Seigneur

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2ème dimanche de l’Avent : Année C

Tout être vivant verra le salut de Dieu.

Lectures du jour : 

Mes amis, en ce moment où la pandémie flambe à nouveau, où la violence mortifère détruit tant d’êtres humains partout dans notre monde, où la globalisation de l’indifférence laisse sur le carreau tant de nos frères et sœurs, où tant de migrants ne sont même plus respectés dans leur dignité, comme nous le rappelle, encore, notre pape François dans son voyage à Chypre, où la misère menace tant d’êtres humains, où notre église, aussi, est profondément secouée et où nous-mêmes connaissons notre lot de soucis, de difficultés, de péchés, voilà qu’une importante commission européenne à Bruxelles, se préoccupe pour savoir comment effacer le mot de Noël ! Nous ne serions pas en peine de lui proposer quelques idées : nous souhaiter un joyeux solstice, en cette saison attendre le père d’hiver et manger la dinde de décembre !

Comment pourrions-nous nous arrêter à toutes ces fadaises ridicules de la pensée unique, alors que la tristesse du mal qui règne dans notre monde paralyse, entrave, cabosse, décourage tant de vies humaines. Dans notre espérance Chrétienne, demandons de croire, croyons que le monde peut quitter sa robe de tristesse et de misère pour revêtir la parure de la gloire de Dieu, accueillons sa miséricorde qui prend en charge notre vie avec ses misères pour être transfigurée. Surtout, comme notre pape nous le rappelle : Ne nous laissons pas voler l’espérance.

Or ce passage d’évangile de ce dimanche nous rappelle que c’est bien au cœur des préoccupations des femmes et des hommes de son temps, dans un pays sous occupation romaine et qui attend une libération, que Jésus arrive dans l’histoire.

Face à ces mondes politiques et religieux de pouvoir et de violence, d’indifférence, la parole de Jean, dénué de tout moyen de puissance, mais avec la force de la parole que Dieu donne à ses prophètes, sa parole tranche. Elle dit deux choses :

D’une part, elle invite tout être humain à être acteur, à prendre part, en consentant à se convertir de ses péchés, à se détourner de la violence, à se retourner vers Dieu pour que le mal ne domine plus et que les péchés soient pardonnés. Dieu nous confie la responsabilité réelle de « préparer les chemins du Seigneur ». Cela veut dire, en clair : changer vos cœurs. Si nous ne pouvons changer le monde, nous pouvons du moins changer nos cœurs.

Par ailleurs, et c’est bien aussi la deuxième chose que nous dit Jean, sa parole désigne aussi la part de Dieu qui vient pour opérer le salut et disposer tout être humain à le recevoir : « Tout ravin sera comblé, toute colline nivelée, tout passage tortueux deviendra droit ; tout être vivant verra le salut de Dieu ». Ce qui est promis, attendu et espéré,

Transcende tout ce que l’être humain pourrait rêver d’obtenir ou de gagner par lui seul. Comme dit Paul aux Philippiens : « J’en suis persuadé, Celui qui a commencé en vous un si beau travail, le continuera jusqu’à son achèvement au jour où viendra le Christ Jésus ». Sommes-nous vraiment convaincus que Dieu est au travail ? 

Quelle leçon en tirer pour nous, en ce temps de l’avent ? Ce texte évangélique nous renvoie à notre responsabilité et à la part que nous avons à prendre pour être d’authentiques témoins de la Bonne Nouvelle, au cœur de notre monde.

Ce texte nous invite tout d’abord à reprendre conscience que nous sommes en face d’un Dieu d’amour qui n’a nulle envie d’écraser ses créatures et qui vient nous libérer du mal, de notre péché et des péchés du monde Pour quoi donc craindre ? Pourquoi ne pas nous reconnaître en manque d’amour et de fidélité à son alliance, à Lui qui désire toujours nous offrir son pardon et son salut. N’est-ce pas le moment favorable pour nous demander : Pourquoi ne pas vivre le sacrement de réconciliation et ne pas recevoir Son pardon, la rémission de nos péchés ? Y a-t-il des mois, des années que je n’ai pas vécu cette démarche ?

Ce texte nous rappelle, également, notre inaliénable liberté, celle du prophète, pas simplement pour résister, autant que nous le pouvons, aux puissances du mal mais plus encore pour découvrir que notre liberté selon l’Evangile est une liberté pour la fraternité en nous engageant dans tous ces lieux de pauvreté, de souffrance, d’exclusion et de désespérance afin d’y insuffler un esprit de justice, de réconciliation et de paix pour nous efforcer de vivre à la suite de notre Dieu Amour, les œuvres de miséricorde : donner à manger à ceux qui ont faim, donner à boire à ceux qui ont soif, vêtir ceux qui sont nus, visiter les prisonniers, accueillir l’étranger, ensevelir dignement les morts et réconforter ceux qui sont dans le deuil.

Dans cet engagement, nous avons à témoigner de la part de Dieu qui nous précède et rejoint notre action. Il la transfigure en nous ouvrant à une espérance qui va au-delà de ce que nous pouvons rêver et atteindre par nous-mêmes. Faisons confiance en ses promesses : « Tout être vivant verra le salut de Dieu ». Cette promesse échappe à notre pouvoir. Puisse-t-elle nous garder dans l’espérance. En dépit de tous les échecs, drames et épreuves que nous pouvons traverser, nous ne pouvons que l’entendre et l’attendre, sans cesser de la demander au Dieu fidèle.

N’est-ce pas cela l’objet de la demande que la prière du Seigneur met sur nos lèvres : délivre-nous du mal, délivre-nous de la désespérance.

Père Francis Corbière

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