Voici l’Agneau de Dieu, qui enlève le péché du monde

Chrétiens, nous avons tous besoin de la foi des uns et des autres pour rendre notre charité plus attractive, plus inventive, plus rayonnante de l’amour miséricordieux de notre Dieu.”

Lectures : Deuxième dimanche du temps ordinaire

Dans un article de la Vie, je lisais le témoignage d’un bénévole de SOS Chrétiens à l’écoute : une nuit, étant de permanence, je reçois un appel d’un jeune homme qui me dit : «  j’ai 23 ans, je me prostitue depuis l’âge de 17ans. Cette nuit, j’ai trouvé un bouquin sur une poubelle ; il parle d’un Dieu qui est Père et Amour ; ça me fait trop mal, moi mon père m’a battu et violé et l’amour, c’est cent balles ! Alors de deux choses l’une : ou bien ce livre raconte des bobards, et vous les chrétiens vous êtes des enfoirés de vouloir nous le faire croire ! Ou bien c’est vrai, et vous êtes encore plus des enfoirés car personne n’est venu me le dire ». Ce coup de fil m’a bouleversé et je me suis dit : « Moi, je crois que c’est vrai, alors je vais essayer d’aller le dire à ceux qui en ont le plus besoin dans la rue ».

A tout moment, Dieu est là qui frappe discrètement, parfois subitement à la porte du cœur des humains attendant qu’ils veuillent bien la lui ouvrir. Or la clé est comme perdue ou invisible pour beaucoup…(,.Mais vous les catéchumènes du doyenné de la Villette réunis ce matin vous êtes de ceux là et nous pensons aussi à Mildred et Suzanne qui vont être baptisées après la messe.

Dans le passage de sa lettre aux Corinthiens de ce dimanche, Paul leur adresse comme un envoi en mission : « Vous qui, à Corinthe, êtes l’Église de Dieu , vous êtes appelés à être saints avec tous ceux qui en tout lieu invoquent le nom de Jésus ». Nous pouvons, nous aussi, nous sentir concernés, nous qui, dans ce quartier de la Villette, avec Jésus, le Fils de Dieu, sommes l’Église de Dieu. non pas une simple institution au milieu de bien d’autres. Nous sommes vraiment l’assemblée vivante qui célèbre l’eucharistie, le rassemblement volontaire que le Christ transforme en son corps. Chrétiens, c’est bien par le baptême que nous devenons filles et fils de Dieu, membres du corps du Christ, capables de devenir présence du Christ pour tous ceux que nous rencontrons. Nous sommes vraiment cette assemblée vivante, ce corps communautaire que l’eucharistie rassemble en un seul corps, le corps du Christ, pour que nous assurions la présence réelle du Ressuscité au cœur de notre humanité. Nous, baptisés, sommes le corps dont le Christ dispose désormais pour assurer sa présence repérable dans le monde.

…Or, c’est heureux que l’évangile de ce jour nous remette en présence du baptême de Jésus recevant l’Esprit au Jourdain, au cours duquel Jésus est réellement manifesté pour ce qu’il est vraiment : le Fils de Dieu, l’Agneau, qui enlève le péché du monde, qui en donnant sa vie par amour, réconcilie l’humanité avec Dieu. En Jésus, la Vie qui se donne, par Jésus, c’est Dieu le Père qui aime jusqu’au bout pour donner vie. Jésus sauve, Il apporte le salut ; or ce salut, c’est l’amour sans mesure de Dieu pour l’humanité, sa création, son enfant. Ah ! Si nous comprenions vraiment que l’histoire du salut n’est pas d’abord l’histoire d’un sauvetage mais l’histoire d’un enfantement.

Être chrétiens, frères et sœurs de Jésus, le Fils de Dieu, n’est donc pas une décoration, ni même une dignité ou une quelconque appellation. Être baptisés, porter le nom de chrétiens est une tâche à accomplir, un envoi, une mission à remplir. Cette mission est indiquée par Isaïe  où se trouve résumée toute la mission de Jésus et aussi la nôtre : « Tu es mon serviteur, en toi, je me glorifierai, c’est trop peu que tu sois mon serviteur pour relever ou ramener mon peuple . Je vais faire de toi la lumière des nations pour que mon salut parvienne jusqu’aux extrémités de la terre ». Or comment être fidèle à cette mission si ce n’est en faisant un peu comme Jésus, le serviteur par excellence, en accompagnant, aidant, soulageant, servant nos frères et nos sœurs ; n’est ce pas leur dire, autrement que par des mots mais par toute notre vie, combien chacune, chacun « a de la valeur aux yeux de Dieu ».

Chrétiens, unis aux différentes confessions chrétienne en cette semaine de l’unité, nous avons tous besoin de la foi des uns et des autres pour rendre notre charité plus attractive, plus inventive, plus rayonnante de l’amour miséricordieux de notre Dieu, le Dieu de la Vie : Un Dieu qui est Père et Amour, comme c’était écrit dans le bouquin sur la poubelle.

 

Père Francis Corbière

Evangile et Homélie

Orgue :Au grand Orgue, Guy Didier

– Entrée : Premier mouvement 4ième Sonate (A. Guilmant)
Offertoire: Choral “Bist du bei mir” (J.S. Bach)
Communion: 3ième Mouvement 4ième Sonate “Menuetto” (A. Guilmant)
– Sortie: 3ième Mouvement 4ième Sonate “Trio” (A. Guilmant)
Sur wikipedia :

Les autres homélies du Père Francis Corbière

A lire également : LA FiP de la semaine

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