Tu as les paroles de la vie éternelle

“Faire l’expérience de suivre Jésus, écouter sa parole est une source pour nous de bonheur, de liberté et de paix”

Lectures : 21ième dimanche temps ordinaire : Jos 24, 1-2a.15-17.18b/Ep 5, 21-32/Jn 6, 60-69

« Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle » (Jn 6, 60-69)

Voici que nous arrivons à la fin de cette période d’été et une nouvelle étape va commencer, une nouvelle page va s’ouvrir avec la rentée de l’école pour vous les enfants et le redémarrage de l’année scolaire. Or voici que nous entendons ce dimanche des textes qui nous mettent devant l’urgence de faire ou de renouveler le choix fondamental de notre vie : C’est la 1ère lecture avec le livre de Josué chargé, à la suite de Moïse, de conduire le peuple hébreu pour le faire entrer et l’installer dans la terre promise, mais beaucoup hésitent et tergiversent : ils veulent bien prendre le risque de l’avenir mais sans rien quitter en gardant toutes les sécurités et les idoles d’autrefois ; or, il leur faut se décider : car il ne s’agit de rien de moins que de choisir Dieu.

Josué donne aux Hébreux le choix du dieu qu’ils veulent servir : «  Choisissez aujourd’hui qui vous vous voulez servir ». Et dans l’Evangile, en entendant le message de Jésus sur cette nourriture qu’est son corps et son sang, les réactions sont différentes, « beaucoup de ses disciples s’en allèrent et cessèrent de marcher avec lui », refusant de s’engager à sa suite. Jésus pose alors cette question aux douze apôtres : « Vous aussi, voulez vous partir ? me quitter ? » comme ceux qui sont scandalisés par mes propos ou bien voulez-vous demeurer en moi, vivre cette intimité avec moi, partager ma vie, me laisser habiter en vous, communier à ce qui fait ma vie, mes paroles, ma prière, à mon amour pour mon Père et pour les hommes ? ..Suivre le Christ suppose toujours un choix et une alliance établis dans la confiance : «écouter sa parole» et «marcher avec lui».. Et c’est le cri de Pierre :  parlant pour lui-même, mais aussi au nom des douze : « Seigneur, vers qui pourrions-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle ».

La confiance exprimée par Pierre n’est pas une confiance aveugle, mais le fruit de son expérience de son compagnonnage avec Jésus. Pour Pierre, il s’agit d’un consentement qui est l’aboutissement de toute une démarche préalable, Il y a tout un travail de connaissance qui s’est accompli en lui dans la familiarité de Jésus, avec Jésus. Il a fait cette expérience spirituelle que les paroles de son Maître ouvraient sa vie sur une vie plus profonde, une vie avec Dieu, cette vie que, suivant les paroles mêmes  de Jésus, il nomme vie éternelle. Il en est de même, lorsque le peuple répond à Josué : « plutôt mourir que d’abandonner le Seigneur pour servir d’autres dieux  » ; ce qui l’amène le peuple à cette profession de foi, c’est cette expérience qu’il a faite de l’alliance de Dieu avec lui, son peuple  : C’est le Seigneur qui nous a faits sortir du pays d’Egypte, cette maison d’esclavage, c’est Lui qui nous a protégés tout au long du chemin ».

Mais revenons à Pierre et à ceux auxquels Jésus s’adressait. Certains ont fait l’expérience que la parole de Jésus ouvrait sur une vie éternelle et pas les autres. Pourquoi ? Faut-il penser que certains étaient plus intelligents ou plus généreux que d’autres ? Pourquoi penserions-nous que les disciples qui ont quitté Jésus étaient moins généreux ou moins intelligents que ces quelques pêcheurs de Galilée ? En fait on peut trouver trois raisons qui nous éclairent sur le choix des uns et des autres.

Nous avons entendu cette parole de Jésus : « Voilà que je vous ai dit, personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père».

Suivre le Christ suppose une initiative de Dieu lui-même, envoyant son Esprit de vérité, de sagesse et de force. Mais est-ce seulement cela, est-ce seulement un don de Dieu ? Si c’était le cas, il faudrait parler de l’arbitraire de Dieu et dire que nous n’avons aucune participation, aucune part dans notre acte de foi ! En fait, nous sommes dans le paradoxe chrétien qui désigne toute action de Dieu : comme totalement de Dieu, mais aussi totalement de nous. On peut légitimement penser que les disciples qui quittèrent Jésus avaient reçu le même appel du Père, le même Esprit que les douze. C’est la réponse de l’homme qui fait la différence.

Comme Pierre le laisse entendre, à côté du don reçu de Dieu, les apôtres ont fait l’expérience que suivre Jésus, écouter sa parole étaient une source pour eux de bonheur, de liberté et de paix. Comment nous attacher au Dieu de Jésus si nous ne faisons pas, au moins un peu, l’expérience que ce lien qui nous unit à Dieu est pour nous la source d’un véritable bonheur….Nous-mêmes, n’avons-nous rien à dire sur ce que l’Evangile et les sacrements que nous vivons produisent dans nos vies. Les traces de la présence de Dieu en nous. Notre histoire avec Dieu est commencée depuis toujours. Depuis la création, depuis « le ventre de notre mère » Dieu nous attend et nous espère ; Il croit en nous. Nous devrions mener plus consciencieusement, plus avant ce dialogue avec Dieu….?». La force la de la parole de Dieu, c’est qu’elle nous délivre de tout vieillissement, elle ouvre toujours sur un avenir. Elle invite toujours à vivre devant Lui et à décider en confiance face à l’avenir : « Tu as les paroles de la vie éternelle ».

Oui, Il y a un troisième élément, c’est la décision personnelle, cette décision en confiance, dans la foi, que personne ne peut prendre à notre place. Lorsque Jésus demande ce que ses amis pensent de lui, il n’attend pas une réponse officielle ni ce que les gens disent, c’est une réponse personnelle que Jésus attend et qui va créer un lien entre Jésus et ses amis : «Et vous, que dites-vous, pour vous qui suis-je » ?

C’est bien la présence non d’un seul, mais de ces trois éléments : le don de Dieu, l’expérience spirituelle et la décision personnelle qui va faire la différence entre ceux qui partent et ceux qui restent avec Jésus. 


Toutefois, cette décision doit être réaffirmée chaque jour dans la confiance que le meilleur de notre vie est toujours devant nous.. Nous ne naissons pas chrétiens, nous le devenons- . C’est tous les jours qu’il nous faut dire dans la vérité de notre cœur : «Seigneur, vers qui pourrions-nous aller». ….N’hésitons jamais de poursuivre, dans la confiance, ce petit dialogue permanent avec Dieu……Lui parler de nous, de nos insuffisances, de nos projets, de la difficulté de savoir ce qu’il faut faire ? Des obstacles que la vie, les autres mettent sur ma route.. de mon désir de le comprendre..

Les douze n’ont pas tous tenus et c’est pour avoir perdu confiance que Judas, l’un de douze a trahi Jésus.

L’eucharistie que nous célébrons nous permet de reprendre à notre compte les paroles de confiance qui furent celles de Pierre. Que cette confiance en Jésus nous habite tout au long de cette semaine.

Homélie Francis Corbière

Orgue :Au grand Orgue, Guy Didier

– Entrée:Choral ‘Bist du bei mir” (J.S Bach)
– Offertoire: Choral “Warum betrübst dich men herz” (J. Christoph Bach)
– Communion: “Tierce en Taille” (F. Couperin)
– Sortie: “Fugue en Sol” (F.W. Zachow)

Sur wikipedia :

 

A lire également : Les autres homélies du Père Francis Corbière

A lire également la feuille paroissiale

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