Tel fut le commencement des signes que Jésus accomplit

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Telle est notre tâche de disciple : Aller porter de cette surabondance de la générosité de Dieu qui donne sans mesure.”

Lectures de ce dimanche :

Jean, dans son évangile, ne nous parle pas de miracles mais de signes. Devant un miracle, nous nous nous posons la question : comment cela a-t-il pu se passer ?  Un signe, lui nous provoque à le déchiffrer. Mais qu’est-ce que cela peut bien signifier ?

Or le premier signe de Jésus : l’eau changée en vin aux noces de Cana est un signe de fête, d’abondance, de joie, de noces. L’eau changée en vin, c’est la puissance de Dieu capable de transformer l’ordinaire de nos existences, en une beauté et une richesse divine porteuses de vie éternelle, avec l’éternel.

 N’est-ce pas pour nous dire que ce que Dieu désire pour nous, c’est notre bonheur, notre joie ; Sommes-nous suffisamment conscients qu’il convient que ce que nous annonçons soit réellement une Bonne Nouvelle pour les gens et pas des interdits, des règles, des rituels, des lois ?..Un appel à la vie. . Dieu est toujours là où la vie veut naître.

Mais revenons à ce passage. Au cours de ces noces de Cana, dont rien n’est dit sur les futurs mariés, La place de Marie est centrale, Jésus aussi fut invité avec ses disciples, nous dit Jean.

 Marie est attentive aux gens et constate qu’il n’y a plus de vin. Elle n’hésite pas à aller trouver Jésus en lui signifiant ce manque : « ils n’ont plus de vin ». En le mettant en quelque sorte devant ses responsabilités .Après avoir enfanté Jésus à son humanité, Marie l’enfante de nouveau  en le lançant dans la vie publique. Marie suggère que pour Jésus il est impensable de se soustraire à sa mission qui commence par les signes à faire en attendant l’heure de la glorification accomplie.  Jésus répond : « Femme, que me veux- tu, mon heure n’est pas encore venue ». Femme : plus qu’à celle qui l’a mis au monde, Jésus s’adresse à toute l’humanité. Littéralement : quoi entre toi et moi ? Formule dont le sens dépend du ton de la voix : Pourquoi est-ce que tu me mêles à tout ça ou. Pourquoi me demandes-tu ça ? Nous pouvons entendre de la part de Jésus une réaction de surprise plutôt que de refus ou de reproche, puisque Jésus va agir. Mon heure n’est pas encore venue.   Si à Cana, l’heure de Jésus n’est pas encore venue, c’est que cette histoire d’eau, devenue vin donné, n’est pas encore le don véritable, mais seulement un signe annonciateur du don de sa vie qui deviendra réalité, quand l’heure sera venue. Son heure, c’est l’heure de sa gloire : lorsque, élevé sur la croix, Jésus donnera sa vie par amour pour ressusciter et être élevé à la droite du Père et lorsqu’il répandra son Esprit aux croyants.

Marie reconnait en son Fils le Messie, le donateur attendu du vin nouveau. Et c’est vraiment comme disciple, à l’écoute de la Parole qu’elle se situe : « Tout ce qu’Il vous dira, faites-le ». Voici la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole  Marie invite les serviteurs à se tenir prêts à agir,( ils sont en train de devenir les serviteurs de la nouvelle alliance, serviteurs de cette noce où l’époux est Dieu. Heureux les invités aux noces de l’Agneau.)

N’est-ce pas une leçon pour nous ; demandons-nous quelle est notre attention au monde, quelle est notre audace et notre confiance dans le Christ Jésus, acceptons-nous de nous retirer après avoir témoigner de la Bonne Nouvelle afin de laisser se faire la rencontre entre Jésus et les gens ?

 Revenons maintenant à Jésus. Dans ce passage, aussi, Jésus nous montre ce qu’est la Bonne Nouvelle qu’Il veut donner au monde et c’est la parole adressée aux serviteurs qui obéissent : « Remplissez d’eau les jarres et  portez-en au maître du repas ». L’eau changée en vin, c’est la puissance de Dieu capable de transformer l’ordinaire de nos existences, en une beauté et une richesse divine porteuses de vie.

Là encore, nous sommes interrogés, quelle est notre obéissance en la Parole de Dieu et la confiance que nous lui accordons ?

 Il y a les jarres ; la surabondance de la vie donnée par Jésus Ils obéissent à Jésus : « Remplissez d’eau les jarres, on pourrait comprendre : faites avec ce que vous avez ; lorsqu’ils remplissent, c’est de l’eau ; puis puisez, lorsqu’ils puisent, c’est de l’eau, puis portez au maître du repas qui répond :Toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à maintenant mais à l’arrivée, c’est du vin. on pourrait entendre, toi l’époux, toi Dieu, après avoir attendu longtemps, enfin tu nous exauces par Jésus. Puisez à l’infinie richesse de sa Parole et la portez la afin qu’elle soit goûtée. La conclusion est claire et nous dévoile la responsabilité du disciple : le disciple transporte l’eau et Dieu transforme. Le rôle du disciple est de transmettre, celui de Dieu est de transfigurer. Nous sommes invités dans ce récit à croire que ce que nous portons Dieu le sauve.

Nous, aujourd’hui, nous savons que le Verbe s’est fait chair et qu’Il a habité parmi nous et que nous avons vu sa gloire…..Et, dans la confiance, nous essayons de croire que les noces durent toujours et que l’ordre de Jésus : allez , puisez, goûtez, et allez porter continue à nous être donné ! Seul Dieu peut donner ce qui est au-delà de nos possibilités humaines : son propre Amour, sa propre Vie, son propre bonheur. Comme il est juste de vivre dans cette espérance et de nous enraciner dans la joie du service, parce que de ce vin-là nous ne manquerons jamais….

Partout dans notre monde d’autres convives manquent de vin, manquent de travail, manquent de ressources, manquent d’abris, manquent d’amour et même dans de nombreux cas manquent de tout. Nous n’avons pas fini d’être invités à leur porter de ce vin meilleur, à aller vers eux pour rendre ce que nous avons reçus, ce qui nous a été donné.

Le pain et le vin que nous offrons dans cette eucharistie signifie cela même que nous avons à partager. Ce pain et ce vin, Dieu le transfigure. Telle est notre tâche de disciple : Aller porter de cette surabondance de la générosité de Dieu qui donne sans mesure.

Père Francis

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