Sacrement des malades : la force de Dieu se déploie dans notre faiblesse

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“Dieu est venu me chercher dans ma faiblesse, et il m’a relevé”?

Lectures du jour : 

Que de propos nous entendons dans des discours officiels  propos parfois peu respectueux des membres fragiles de notre société, hélas d’un grande pauvreté humaine dans leur contenu (histoire des vieux à confiner. Euthanasie et Pandémie). Or comme nous rappelle le pape François à l’occasion de  La Journée Mondiale du Malade   « Une société est d’autant plus humaine qu’elle prend soin de ses membres fragiles et souffrants et qu’elle sait le faire avec une efficacité animée d’un amour fraternel »

Depuis longtemps, j’ai retenu cette histoire vraie qui m’ a beaucoup  marqué et je vous la partage: celle de ce lépreux qui, chaque soir, allait au pied du haut mur d’enceinte de la léproserie  où il était enfermé et levait les yeux. La religieuse, responsable de cette léproserie, intriguée, se mit à l’observer et découvrit là-haut le visage d’une femme. «  Mais qui est-ce ? » dit-elle à l’homme lépreux. « Eh bien, c’est ma femme, elle vient tous les soirs depuis quinze ans, elle grimpe sur une échelle et elle me regarde. Et moi, je sais par elle que je suis vivant ! ».

Les seuls regards d’amour sont ceux qui nous espèrent, car ils nous font espérer de nous-mêmes des ressources que nous n’espérions plus. Je sais qu’une autre vie , une autre manière de vivre est possible, dans la  reconnaissance pour tout le bien reçu. 

  En cette période de pandémie qui bouleverse et malmène bien des vies, beaucoup d’entre nous connaissent ce bousculement que la covid nous oblige à vivre et nous pourrions être tentés de croire que Dieu est ce Dieu lointain, indifférent à ce qui nous blesse, à notre souffrance. Or en Jésus, Dieu s’est fait proche de chacun. En Jésus, Il a souffert ce que nous souffrons.

  Comme pour le lépreux Dans l’évangile de ce dimanche,  non seulement Jésus ne repousse pas le lépreux, mais il le touche ( bien entendu, cela n’a rien à voir avec le bien fondé des gestes barrières, comprenons à un autre niveau) Jésus est toujours touché, saisi de pitié par la souffrances des personnes. Cette pitié de Jésus est cette proximité qui permet d’être le frère, la sœur de celui ou celle qui a besoin de nous. (pris de pitié devant la souffrance, mais en colère contre le mal que représente à l’époque la maladie). Laissons toucher par sa Parole, laissons-nous toucher par celui qui vient en son nom, à notre rencontre, partager notre fardeau et qui est Jésus s’approchant de nous.

  Parfois , nous pensons que nous ne méritons pas, que nous sommes indignes, trop loin de Dieu pour qu’Il s’intéresse à nous ! Mais alors, supplions comme le lépreux :  « Si Tu le veux, Tu peux me purifier » Comment ne pas être saisi par cette parole : Tu peux ; combien de fois l’avons nous prononcé pour nous ou pour quelqu’un que nous aimons, et cela , avec une véritable foi ? Mais la guérison n’était pas au rendez-vous ? Sans doute Jésus veut-il toujours nous tourner vers une guérison plus profonde: la guérison de la lèpre de nos médiocrités, de nos lâchetés, de nos aveuglements.

Quelle est la force de notre foi au Christ ? Quelle est la vérité de notre prière en Lui pour qu’Il réalise cette libération, cette purification de notre cœur, de  nos pensées, de  nos actes, cette purification de cette lèpre-là, dont Jésus ne peut pas nous guérir sans nous ?

  C’est une véritable libération que Jésus a opéré  chez le lépreux, prisonnier du mal qui touchait sa santé, prisonnier de l’exclusion en raison de la contagion de sa maladie et sans doute aussi prisonnier d’un sentiment d’échec dans sa vie.

Nous savons que Jésus continue à offrir à chacun de nous cette libération. De quelle prison, vient-il nous délivrer. Nous avons tous bien conscience des obstacles que nous mettons pour répondre à notre véritable vocation pour grandir en humanité : nos attachements désordonnés ; nos a priori destructeurs, mortifères ; nos égoïsmes et nos replis sur nous-mêmes, nos jugements qui excluent ; nos désirs de posséder l’autre ; notre goût du pouvoir et tant d’autres ..

 La Parole de Jésus vient éclairer notre route à chacun de nous. Elle nous montre un chemin de libération, d’humanisation, de sainteté appelé à se manifester à travers nos comportements, si nous acceptons de nous  laisser éclairer et soutenir par l’Esprit-Saint, l’Esprit de Jésus qui opère en nous une véritable libération. Si nous  ne donnons pas le témoignage d’une vie libérée , vivant véritablement de cette liberté intérieure habités par ce Dieu qui nous appelle à la Vie, mais que nous restons enfermés dans nos idées, sans ouverture, accrochés au permis ou au défendu, sans respect de l’autre, sans attention à ce que l’autre s’efforce d’être dans sa recherche et sa faiblesse, il y a peu de chances que l’Evangile de Jésus attire les gens si souvent  écrasés, broyés par une vie difficile.

  Or, comme pour le lépreux, Dieu, le Dieu de la Vie, présent au tout de nos vies, nous cherche sans se lasser et l’essentiel de notre mission n’est-il  pas de dire ce que le Seigneur a fait et continue de faire pour nous qui nous fait espérer au plus profond de nous-mêmes des ressources que nous n’espérions plus. Nous le croyons : une autre manière de vivre est  toujours possible, dans la reconnaissance pour tout le bien reçu.

Vous qui allez  recevoir ce sacrement de l’Onction des Malades, en recevant ce cadeau, le don du Saint Esprit prend tout spécialement sa place : c’est la force de Dieu qui se déploie dans notre faiblesse  pour nous donner paix, réconfort, courage;  vous devenez vraiment, ainsi vous-mêmes les témoins de la tendresse de Dieu pour vous-mêmes et de sa présence fidèle dans la fragilité humaine. Vous devenez davantage témoins  du Christ-Jésus qui nous a aimés et a donné sa vie pour nous, car tout sacrement fait de nous des témoins ! Autrement dit, vous ne recevez pas l’onction que pour vous  ou pour vous sentir mieux, mais aussi pour rendre compte de l’amour de Dieu pour chacun.

 Tous ensemble,  nous rendons grâce pour les merveilles que le Seigneur fait en vous et pour vous.

Père Francis Corbière

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