Résister à la tentation

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1er Dimanche du Carême – C

“Le mal n’a plus de prise sur celui qui écoute la Parole de Dieu”

Lectures de ce dimanche

L’Eglise nous invite, ce dimanche, à reprendre conscience que marcher vers le Dieu d’amour exige de surmonter bien des obstacles. Jésus est conduit par l’Esprit, au désert pour rencontrer ces séductions diaboliques présentes dans l’humanité. Au désert : 40 jours marqués par la tentation : ce chiffre symbolique 40, vie moyenne d’une personne à l’âge de Jésus. Jésus a vécu toute sa vie ce combat spirituel. Il nous rappelle que toute vie humaine et un combat difficile pour que le bien l’emporte sur le mal. C’est toute notre vie qu’il nous faudra lutter contre le mal : celui qui nous habite et celui qui défigure le monde. Il nous faut toute une vie pour construire peu à peu l’accord de notre cœur à la volonté de Dieu. Mais nous ne sommes pas seuls devant la tentation puisque Jésus marche à côté de nous et que nous sommes conduits, soutenus par l’Esprit Saint, pour mieux discerner, à condition de lui ouvrir notre cœur, bien sûr ! Et… si nous trébuchons sur la route, la tendresse du Dieu fidèle et miséricordieux sera là pour nous relever.

Jésus a su résister à la tentation, nous montrant le chemin pour choisir la vie, la vraie vie, selon la volonté du Père. Il fera confiance à son Père, et restera fidèle à sa mission en respectant la transcendance de Dieu, la liberté de l’homme, en s’adressant à la conscience et à la vie spirituelle des humains sans jamais s’imposer.  Oui, comme tout être humain, Jésus a été tenté.

La première tentation : (de l’ordre de la relation à soi-même) consiste à satisfaire ses besoins immédiats. Cela est tout à fait légitime et bon en soi même. Mais ils peuvent facilement dévier et devenir des tyrans exigeants. Mais plus encore, Jésus répond que l’homme ne doit pas se réduire à ses besoins matériels, à ses niveaux les plus élémentaires : « l’Homme ne vit pas seulement de pain » c’est sa relation à Dieu, c’est sa relation à l’autre, c’est le partage qui le fait vivre pleinement dans sa grandeur, dans sa dignité d’être humain.

La deuxième tentation (de l’ordre de la relation aux autres) est celle de la possession de toutes choses par la domination sur les autres, en profitant du pouvoir et en s’imposant, au prix d’une soumission de soi-même au pouvoir diabolique. Jésus répond : « C’est devant le Seigneur ton Dieu que tu te prosterneras, à Lui seul que tu rendras un culte ». Le seul culte valable est le culte rendu à Dieu, dans le refus de la volonté de maîtrise sur l’autre reconnu et respecté comme un frère, sans aucun esprit de domination, en écartant toute violence.

La troisième tentation (de l’ordre de la relation à Dieu) est celle de la toute-puissance, faire croire que l’on est maître de sa vie. Celle de se croire invulnérable, de refuser de reconnaître sa fragilité. Jésus répond : « Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu ». Il veut se recevoir entièrement de son Père. Il se reconnait Fils. Il nous invite à recevoir gracieusement la vie non comme un droit, ni comme un dû, dont on peut se prévaloir, mais comme un don précieux à cultiver et pour lequel rendre grâce.

Ce récit de la tentation nous dit quel était, ce souffle saint, l’Esprit Saint qui animait la vie de Jésus et qui apportait la lumière nécessaire pour éclairer et discerner ce qui libère et ce qui fait grandir. A la lumière de ce texte, qu’en est-il pour nous de « désirer » dans la force de l’Esprit, selon le cœur de Dieu, à la suite du Christ :

– N’est-ce pas de travailler à rendre l’humanité plus humaine, à participer à tous les efforts d’humanisation contre toutes les forces brutes qui nous ramènent sous le seuil de ce qui nous rend humains dans l’absence de cette relation à Dieu qui nous donne de nous accomplir pleinement. Jésus n’a-t-il pas rendu l’humain plus humain en guérissant les malades, en réintégrant les exclus, en ramenant les possédés au bon sens, en rendant à chacun sa dignité, en appelant à la justice, à la douceur, au pardon, à la paix.

– Désirer selon le cœur de Dieu, n’est-ce pas, aussi, à la suite et au nom de Jésus, de reconnaître et d’appeler à reconnaître au-delà de la solidarité, la fraternité fondamentale qui nous lie. Nous sommes tous frères et sœurs en Jésus Christ, appelés à vivre une alliance sans domination dans la joie sereine et désarmée de la rencontre et du partage.

– Enfin désirer selon Dieu, n’est-ce pas de reconnaître dans cette fraternité qui nous lie, la présence gracieuse d’un Dieu que nous pouvons prier, à qui nous pouvons nous adresser en disant : « Notre Père » en toute confiance et sans peur, comme ses fils et ses filles bien aimés.

Je termine : Avons-nous remarqué la place centrale de la Parole de Dieu dans ce récit. Si nous nous interrogeons pour savoir comment Jésus a résisté, nous voyons que c’est la Parole de Dieu dont il est pétri qui l’a sauvé. C’est en s’appuyant sur la Parole de Dieu que Jésus va faire son choix face aux propositions du démon et ainsi résister au tentateur. Alors que le démon utilise la Parole de Dieu et la pervertit en en faisant un argument pour faire tomber Jésus. Jésus, Lui, bien au contraire, se nourrit de cette Parole pour se recevoir de son Père. Elle vient éclairer sa vie et lui permettre de prendre un chemin de vérité, et d’accomplir, conduit par l’Esprit, la volonté du Père.

Notons bien qu’à la fin de cet évangile de la tentation, nous voyons le démon qui s’éloigne. Le mal n’a plus de prise sur celui qui écoute la Parole de Dieu.

Pour nous chrétiens, entendons cette invitation à chercher dans la Parole de Dieu où est notre bien véritable et à y conformer notre vie. Le carême n’est-il pas ce moment favorable, pour la lire et la méditer et pour nous nourrir de cette Parole de Dieu qui nous ouvre sur la vraie vie, soutenus par les frères et les sœurs que Dieu met sur notre route, et devenir ainsi, conduits par l’Esprit, des hommes et des femmes selon le cœur de Dieu.

Père Francis

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