Quiconque s’élève sera abaissé, qui s’abaisse sera élevé

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« Quand Jésus nous parle d’humilité et de gratuité , Il nous révèle Dieu

Lectures : Vingt deuxième dimanche temps ordinaire

Après ce temps d’été, nous voici arrivés au premier septembre. Chaque début d’année est l’occasion d’un re-départ. Chacune et chacun,dans ce monde difficile,  nous sommes invités à nous laisser interroger, pour le meilleur de nous-mêmes et pour les autres, sur la manière dont nous pouvons engager comme de bons serviteurs .Or dans les paroles de Jésus qui nous sont proposées, j’entends deux  mots-clés à retenir, lesquels ? : humilité et gratuité L’humilité n’a rien à voir avec une question de morale. Aujourd’hui, dans notre société, quand on prononce ce mot, on pense plutôt à : s’écraser, démissionner, céder, capituler devant les autres. A certaines époques dans l’Église, on a également mal compris le sens de l’humilité chrétienne en la confondant avec la dépréciation de soi-même, un certain mépris de soi-même : je suis nul ; Alors que l’Evangile ne parle que de la dignité de chacun, fille et fils bien aimé de Dieu, le mépris est incompatible avec toute démarche d’amour. Quand Jésus nous parle d’humilité et de gratuité , Il nous révèle Dieu. Jésus accomplit lui-même ce qu’il dit. Lui-même est humble et n’a jamais convoité les premières places, Lui-même accueille et sait rejoindre aux dernières places les plus petits, les plus fragiles, les malades les pécheurs , les exclus. L’humilité de Jésus ne consiste pas à dire qu’il n’est rien ou qu’il n’accomplit pas sa mission. Jésus a tout à fait conscience de ce qu’il est, mais il ne se l’attribue pas à lui-même,  il s’en détache pour l’orienter vers son Père et vers les autres : Père, j’ai tout reçu de Toi, je n’en tire aucune gloire pour moi-même, car je le remets entre tes mains. L’humilité, c’est vraiment un détachement de soi pour donner, se donner, offrir pour le service.

L’humilité est aussi de l’ordre de la vérité qui permet de reconnaître aussi bien mes qualités que mes défauts ou mes erreurs, elle consiste alors à me situer en vérité devant Dieu, devant les autres, devant moi-même. –Devant Dieu : ne pas m’approprier à moi seul mes propres mérites mais en reconnaître  Dieu comme l’auteur et la source. Voir Marie : Mon esprit est rempli de joie à cause de Dieu, mon Sauveur, parce qu’il a levé les yeux sur son humble servante et qu’il a fait pour moi de grandes choses. – L’humilité est aussi la vérité dans notre rapport avec les autres : savoir reconnaître mes torts, penser que les personnes sont meilleures que leurs actes, avoir un a priori favorable à l’égard d’autrui, me réjouir de la réussite d’autrui. Enfin, vis à vis de moi-même, reconnaître toutes les qualités qui sont les miennes non pas pour dominer ou pour m’en vanter mais pour servir. La difficulté est souvent de reconnaître ses dons. C’est à chacun de nous, éclairé par l’Esprit Saint et avec l’aide des autres de reconnaître ce qui lui a été donné et de le mettre au service de tous. Voilà la véritable humilité.

Alors comment comprendre l’image de la dernière place? Je pense que Jésus  ne dit pas que tout le monde doit prendre la dernière place. Chacune, chacun a reçu des dons divers et il nous est demandé de les faire fructifier.

Nos responsabilités sont différentes. L’humble service a autant d’importance que les grandes responsabilités. Ce qui importe, c’est l’esprit avec lequel nous allons remplir nos responsabilités, qu’elles soient petites ou grandes. L’important n’est pas la première ou la dernière place, mais l’attitude du cœur qui ne cherche pas à se placer dans le royaume de Dieu, mais à vivre avec simplicité et sens du service à la place qui est la sienne et sous le regard de Dieu. Il n’y a pas de priorité devant Dieu, chacune, chacun est important. Dans son royaume, il n’y a pas ceux qui sont importants et ceux qui ne le sont pas, ceux qui comptent et ceux qui ne comptent pas, ceux qui sont regardés avec honneur et ceux qui  sont négligés. Pour Jésus, il ne s’agit pas de nous enfermer dans des considérations hiérarchiques d’importance ou de rang ; il n’est pas question d’honneur mais de responsabilité et de service. La question de l’humilité, ce n’est pas alors de savoir s’il convient ou non d’accepter telle responsabilité, d’occuper telle ou telle place, mais de reconnaître que telle compétence, telle capacité, telle qualité, tel don sont à gérer en bon et honnête serviteur de l’amour de Dieu et de ses frères et sœurs.

Le second mot de la Parole de Dieu qui nous est proposé est la gratuité ou encore le désintéressement. Le choix des places et le choix des invités sont de l’ordre du détachement ; les deux attitudes d’humilité et de désintéressement sont ici associées dans ces deux paraboles. Ne pas s’attacher à ses propres talents mais aussi ne pas s’attacher aux services que l’on peut donner en attendant un retour, n’est-ce pas le même mouvement spirituel ? L’invitation de Jésus envers les pauvres, les estropiés, les boiteux, les aveugles est particulièrement importante   à une époque où tout se calcule où la rentabilité vient souvent supplanter la gratuité, où les actions se mesurent à l’aune de ce qu’elles peuvent rapporter. L’univers du  Dieu de miséricorde n’est pas un univers de calcul c’est l’univers de l’amour et l’amour ne calcule pas. Nous ne faisons pas le bien pour être aimés de Dieu, mais parce que nous nous savons aimés de Dieu, nous essayons de faire le bien. Ainsi la gratuité consiste  à agir quelque soit le retour effectif et même si notre espérance risque d’être déçue . Cette gratuité peut se vivre de bien des manières : gratuité du service, du temps passé pour l’autre, pour soi-même, savoir prendre du temps pour respirer.,contempler, réfléchi, gratuité pour Dieu dans ces moments de silence où nous avons seulement à laisser Dieu nous aimer.  

Prions les uns pour les autres afin que le Seigneur fasse grandir en nous ces deux attitudes de l’humilitéet de la gratuité si essentielles à tout disciple du Christ. Et demandons au Christ de nous prendre par la main pour nous conduire sur ce chemin difficile, que lui le premier a, si merveilleusement, suivi.

Dieu se donne à nous dans cette eucharistie , il nous invite à son repas  et mystérieusement nous avons tous la première place dans son amour.

Père Francis Corbière

Evangile et Homélie

Orgue :Au grand Orgue, Guy Didier

La 10e suite en MI de G.G Nivers
– Entrée :”Prélude” / “Fugue”
Offertoire: “Basse trompette”
Communion: “Cornet” / “Récit de Voix Humaine”
– Sortie: “Plein Jeu”
Sur wikipedia :

Les autres homélies du Père Francis Corbière

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