S’il t’écoute, tu as gagné ton frère-Homélie Père Francis Corbière-09/09/2017

“Nous avons besoin d’un frère afin de délier ce qui empêche notre joie. Nous devons également nous soucier du bien spirituel des autres.”

Lectures : « S’il t’écoute, tu as gagné ton frère » Ez 33, 7-9/Rm 13, 8-10/Mt 18, 15-20

« S’il t’écoute, tu as gagné ton frère » (Mt 18, 15-20)

Dans ce passage d’Evangile, il s’agit des instruction de Jésus  sur la vie en communauté. La communauté à laquelle pense, certainement Matthieu, c’est ce petit groupe de chrétiens réunis chaque dimanche pour l’eucharistie. « Si ton frère a commis un péché …Va lui parler… ».Que faire, alors ? Jésus ne rêve pas d’une Église sans problème. Composée d’hommes et de femmes fragiles ; comme dans tout groupe humain, L’Eglise connaît des difficultés, des conflits, des tensions, des oppositions, elle n’est pas à l’abri des misères humaines. C’est à chacun d’apporter sa contribution, de porter le souci de la cohésion, de la communion…….Il s’agit d’un climat d’amour…..et non de jugement. Pas de redresseur de torts, toujours prêt à faire la leçon aux autres et qui accable les pécheurs mais un frère ou une sœur  rempli de tendresse et de miséricorde, qui s’efforce de gagner sa sœur ou son frère ; qui tente tout pour sauver  son frère : «  nous ne devons garder aucune dette envers personne sauf la dette de l’amour mutuel ».

   Et Jésus nous conduit encore plus avant :  « Tout ce que vous aurez lié sur la terre sera lié dans le ciel, et tout ce que vous aurez délié sur la terre sera délié dans le ciel ». Cette parole s’adresse, dans le passage d’aujourd’hui, à tous les disciples de Jésus et donc à nous tous. Ce qui veut bien dire que le « lier » et le « délier » ne concerne pas le pouvoir sacramentel du pardon des péchés, puisqu’il s’adresse à tous, mais de façon beaucoup plus large concerne l’ensemble des relations entre les humains comme le montre notre évangile. Le « lier » et le « délier » renvoient d’une part à toute libération pour laquelle nous pouvons aider nos frères, et d’autre part à la construction de la paix entre les personnes comme entre les peuples

Être « lié » c’est être privé de liberté. Cela s’exprime en chacun à travers les obscurités de nos vies, à travers les choix destructeurs que nous pouvons faire, à travers toutes les addictions petites ou grandes qui entravent notre désir de sainteté et de bonheur. Comme le dit l’apôtre Paul de lui-même : « Je ne fais pas le bien que je voudrais, mais je commets le mal que je ne voudrais pas » Rm 7, 19. Nous sommes tous des êtres marqués par une certaine aliénation, par certains enfermements dans lesquels nous sommes comme prisonniers. Si notre libération demande un effort personnel, l’aide d’une soeur, d’un frère est capital. Nous avons tous fait l’expérience d’avoir besoin d’un autre pour y voir plus clair, pour tenir dans l’effort, pour être accompagné sur notre route. Nous avons besoin d’un frère afin de délier ce qui empêche notre joie. Mais cela nous invite à prendre conscience d’une responsabilité vis-à-vis des autres. Dans la mesure où nous prenons conscience de ce qui aliène les autres, Jésus nous demande de leur apporter notre aide. Si Jésus est considéré comme le libérateur de l’humanité, il nous est demandé de ne pas nous contenter de secourir nos frères qui sont dans le besoin ; nous devons également nous soucier du bien spirituel des autres. il nous est demandé, à notre petite mesure, d’essayer d’aider nos frères à se libérer du mal qui les empêche de vivre pleinement.  Il nous est demandé d’aider nos frères et soeurs à délier leurs chaînes, leurs liens comme Jésus l’avait demandé pour son ami Lazare : » Déliez-le et laissez-le aller » Jn 11, 44.

La seconde partie de l’évangile nous donne un autre sens à ce « lier » et « délier » dont parle Jésus. Il s’agit toujours d’une relation entre les personnes, mais non plus de la relation avec quelqu’un qui aurait commis une faute, mais de la relation entre deux personnes ayant un contentieux qui les divisent. Dans ce cas, les deux personnes sont « liées », elles sont prisonnières de leur désaccord et elles ne seront libérées, déliées que s’ils acceptent de faire la vérité entre elles. Au lieu seulement de nous scandaliser du mal que nous voyons, au lieu de le dénoncer, au lieu de nous engager sur des chemins de la suspicion, de la jalousie ou de la rivalité ; si vraiment nous aimons notre frère dont nous croyons qu’il se trompe, l’amour que nous disons porter à Dieu nous demande d’aller trouver notre frère pour discuter avec lui et ouvrir un chemin de relation, re-lier la relation. Si les deux arrivent à se mettre d’accord, il s’agit bien d’une libération, non plus d’une seule, mais de deux personnes précédemment en conflit. Cette libération s’appelle la paix.

Il est intéressant de voir que Jésus inscrive le dialogue comme le seul moyen de résoudre un conflit grave.. Nous le savons, la force, si elle est parfois nécessaire, n’apportera qu’une paix extérieure, relative, précaire. Seul le dialogue en vérité peut permettre de construire une paix durable. Ce dialogue vrai conduisant au pardon réciproque. N’est-ce pas d’ailleurs l’expérience de l’histoire des peuples. N’est-ce pas ce que souligne encore le Pape François en Colombie  lorsqu’il parle de cette culture de la rencontre !

Enfin, Jésus conclut son enseignement en évoquant la puissance de la prière lorsque deux ou trois personnes sont réunies en son nom.

L’unité de l’Eglise est au-delà des conflits qui déchirent les hommes. Tout effort de réconciliation qui doit toujours être tenté. Optimisme qui va jusqu’à croire qu’aucun homme, aucune situation n’est définitivement irrécupérable. Ce frère, cette sœur pour qui le Christ est mort, comment désespérions-nous de lui ?

 Alors, que notre eucharistie ouvre notre esprit et notre cœur au message de la Parole de Dieu et nous remplisse d’action  de grâce.

Homélie Francis Corbière

 

Orgue :Au grand Orgue, Guy DIDIER

– Entrée : Prélude improvisé
– Offertoire: “Pastorale” (J.S Bach)
Dimanche : “Ave Maria” (C. Gounod), voix : Jacqueline Richard
– Communion: “Pastorale” 2ième mouvement (César Franck)
– Sortie: Choral “In Dulci Jubilo” (J.S. Bach)

Sur wikipedia :
Charles Gounod
Jean Sébastien Bach
César Franck

A lire également : Les autres homélies du Père Francis Corbière

A lire également la feuille paroissiale

Télécharger (PDF, 481KB)

 

_

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *