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L’Eucharistie selon Justin de Rome

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Rencontre “Mieux Vivre la Messe” du 16 décembre 2018

Animatrices : Laurence Tassi, Valentine Blandin, Evelyne Duvaleix

L’Eucharistie selon Justin de Rome

La première description un peu détaillée est’ celle de Justin, un philosophe chrétien résidant à Rome au milieu du 2ème siècle. Comme on accusait les chrétiens de toutes sortes de crimes parce qu’ils se réunissaient entre eux, la nuit, Justin veut les défendre aux yeux de l’empereur, et dans un écrit, l’Apologie, il dit : voilà ce qui se passe chez nous.

« Le jour qu’on appelle le jour du Seigneur, tous, dans les villes et à la campagne, se réunissent en un même lieu : on lit les mémoires des Apôtres (les Evangiles) et les écrits des prophètes (Ancien Testament) autant que le temps le permet. Quand le lecteur a fini, celui qui préside fait un discours (homélie ou sermon) pour avertir et pour exhorter à l’imitation de ces beaux enseignements.

Ensuite nous nous levons et nous prions ensemble à haute voix (Prière universelle).

Puis (…) lorsque la prière est terminée, on apporte du pain avec du vin et de l’eau. Celui qui préside fait monter au ciel les prières et les eucharisties (actions de grâce pour les biens que nous avons reçus de lui) autant qu’il peut et tout le peuple répond par l’acclamation Amen.

Puis a lieu la distribution et le partage des choses consacrées à chacun et on envoi leur part aux absents par le ministère des diacres.

Ceux qui sont dans l’abondance et veulent donner donnent librement chacun ce qu’il veut, et ce qui est recueilli est remis à celui qui préside, et il assiste les orphelins, les veuves, les malades, les indigents, les prisonniers, les hôtes étrangers (…).

Nous nous rassemblons tous le jour du soleil, parce que c’est le premier jour où Dieu tirant la matière des ténèbres créa le monde, et que ce même jour, Jésus-Christ notre Sauveur ressuscita des morts. » 1 ère Apologie, 67

A partir des textes de l’institution de l’eucharistie, de ce dernier repas de Jésus avec ses apôtres, des sens divers mais qui forment un tout sont apparus.

Nous avons dit que ce dernier repas était un repas pascal, donc un repas cultuel juif. Rappelons que le repas est un rite de cohésion sociale (co-pains).

A plusieurs occasions au cours de l’année les juifs faisaient mémoire d’événements importants de leur Histoire avec Dieu, et cela au cours de repas qui prenaient donc un caractère sacré, religieux.

La bénédiction de coupes de vin (il y en avait 4) et du pain non fermenté se faisait ainsi pour la Pâque, de même que la manducation de l’agneau.

On faisait mémoire de la libération d’Egypte, de la sortie de l’esclavage, en l’actualisant. Au début du repas une coupe était bénie, de même qu’à la fin. Ce repas pris en famille apparaît comme le lieu où la communauté d’Israël affirme liturgiquement son identité.

Jésus reprend ce déroulement pour vivre son ultime repas avec ses proches. Et c’est au cours d’un tel repas qu’il ajoute des paroles inédites, à partir du pain qui est béni : « ceci est mon corps donné pour vous… » (Luc). Il y a là une nouveauté radicale, une personnalisation qui surprend les disciples, sans qu’ils comprennent tout.

Ils referont ces gestes, ils rediront ces paroles, dès les jours qui suivront la mort et la résurrection de Jésus, le 1 er jour de la semaine, le jour de la Résurrection.

La résurrection est source pour la célébration de l’eucharistie.

« Rompre le pain », vivre « la fraction du pain comme cela est si souvent mentionné dans les Actes des Apôtres, ce sera cette Tradition reprise, suivant l’ordre même de Jésus : « Faites cela en mémoire de moi » (I Co et Luc).

Action de grâce, eucharistie en grec

L’action de grâce est première, c’est l’attitude profonde de l’homme tourné vers son Dieu, reconnaissant ce Dieu comme source de toute bénédiction. Ce n’est pas le NT qui invente l’action de grâce, tout l’Ancien Testament en parle.

Dieu est remercié pour tout ce qu’il fait dans la vie de ses fidèles, par des paroles (prières, louanges, chants) et par des sacrifices d’animaux (agneau) et par le sacrifice/ l’offrande que l’on fait de soi-même, beaucoup plus exigeant !

Ce à quoi nous invitent et les psaumes et les prophètes.

Présenter à Dieu le plus profond de son cœur, son désir, sa joie, sa peine et reconnaître dans sa vie la présence de Dieu. L’eucharistie fait de nous un peuple de louange, d’action de grâce.

Quand Jésus parle de l’offrande de lui-même, le vocabulaire de sacrifice apparaît dans cette optique du don intérieur et radical.

L’eucharistie est sacrifice dans la mesure où elle manifeste le don de l’Amour, l’acte de Jésus fidèle à son Père jusque dans sa Passion et sa mort.

Ce sacrifice est accompli une fois pour toutes : un sacrifice unique et définitif. On ne refait pas la Passion quand on célèbre l’eucharistie : on la rend actuelle, parce que le don de l’Amour de Jésus est actuel, pour nous et pour le monde.

Alliance/NouveIle Alliance

C’est la nouvelle Alliance après celle du Sinaï, le don de la Loi, désormais la Loi est une parole incarnée, le verbe incarné, parole agissante.

Par le sacrifice unique de Jésus, l’alliance est définitivement renouée.

Dieu s’est fait homme pour que l’homme devienne Dieu. (St Irénée)

L’histoire biblique est une histoire d’alliance qui trouve son point d’orgue par l’incarnation, la mort et la résurrection de Jésus-Christ.

Sources : “Histoire de l’eucharistie”, Jean Comby et “Histoire et compréhension de l’eucharistie”, Christophe Pillet

Texte des échanges lors de la réunion.

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