Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, celui qui croit en moi n’aura jamais soif

“Il s’agit, en regardant le pain donné, de reconnaître celui qui donne. C’est un appel de passer d’une nourriture périssable à celui qui est le pain de la vie.”

Lectures : 18ième dimanche temps ordinaire : Ex 16, 2-4.12-15/Ep 4, 17.20-24/Jn 6, 24-35

« Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, celui qui croit en moi n’aura jamais soif » (Jn 6, 24-35)

« Amen, amen je vous le dis : « vous me cherchez, non pas parce que vous avez vu des signes, mais pas ce que vous avez mangé de ces pains et que vous avez été rassasiés ». Cette parole de Jésus s’adresse à nous aujourd’hui et nous interroge : est-ce que nous cherchons Dieu en vérité et pourquoi le cherchons-nous ? Dites-moi, chacun d’entre nous, ici est-ce que nous ne nous efforçons pas d’être ces modestes chercheurs de Dieu ? Nous cherchons tous le Seigneur et nous avons tous bien conscience que nous n’avons jamais fini de le chercher et de le connaître. Nous savons que toute relation, surtout une relation aimante va sans cesse de découvertes en découvertes. Je te connais et je te découvre chaque jour. C’est ainsi que l’acte de foi est fait à la fois d’une connaissance personnelle du Dieu de Jésus-Christ, d’une profonde confiance et d’une permanente recherche.
Certes, nous pouvons dire que nous avons trouvé le Christ Jésus. Mais nous savons que nous ne pouvons pas nous contenter de ce que nous avons pu découvrir de lui. Notre vie est une quête permanente à fin, peu à peu, d’entrer dans l’intimité de celui que nous aimons.
Demandons-nous toutefois, quel est le véritable objet de notre recherche : vous me cherchez parce que vous avez été rassasiés ou parce que je suis le Seigneur ? Est-ce la personne même de Jésus, et celui qui peut nous soutenir, celui qui va répondre à tous nos désirs que nous cherchons ? Que cherchons-nous en vérité lors ce que nous cherchons Dieu, Lorsque nous le prions : est-ce un fournisseur de pain ou de consolation ou de solution ? Est-ce Lui qui va nous libérer de nos angoisses, celui qui va combler tous nos besoins ou bien est-ce celui dans la présence silencieuse, aimante nous accompagne ? Est-il le Seigneur que j’aime pour rien parce que lui, le Seigneur m’aime pour rien et que, aimer pour de vrai, c’est toujours aimer gratuitement, pour rien. La première question que nous pose cet Évangile est donc quelle est la vérité de notre quête ?
Jésus semble ne pas se faire beaucoup d’illusions sur ce que cherchent les gens qui l’ont rejoint sur l’autre rive : et d’ailleurs pour nous, aussi, n’est-il qu’une divinité dont nous attendons qu’il nous fasse arriver magiquement sur l’autre rive : « Vous me cherchez pas ce que vous avez été nourris dans votre corps et que vous avez été rassasiés ». Vous attendez de moi des signes tangibles qui amélioreraient votre condition humaine difficile. Mais n’est-ce pas cela que je peux vous offrir, nous dit Jésus.
Pour ce qui est du pain de votre corps, il vous appartient, dans une solidarité universelle, de travailler à fin que chacun est de quoi vivre décemment. Moi, sans pour autant négliger la nourriture terrestre, je vous apporte autre chose, plus essentielle encore, plus profonde. Je vous apporte un sens pour votre vie un chemin et une espérance pour votre vie. En méditant sur ce que mes disciples ont dit de moi, vous trouverez la vérité de ce que vous cherchez dans votre vie mais pour une autre nourriture. C’est donc une option à prendre, pour chacune, chacun d’entre nous qui est incluse dans la question de Jésus : pourquoi me cherchez-vous ? : Parce que vous avez bien mangé ou bien pour répondre à mon invitation : œuvrez pour une autre nourriture, travaillez à la nourriture qui demeure jusque dans la vie éternelle. Il s’agit, en regardant le pain donné, de reconnaître celui qui donne. C’est un appel de passer d’une nourriture périssable à celui qui est le pain de la vie : « moi ; je suis le pain de la vie ».
Mais chercher en vérité a des exigences fortes. Il convient d’être disponible à la nouveauté de l’esprit, de nous revêtir de l’homme nouveau créé selon Dieu. Comme nous le rappelle Paul, de vivre cette capacité de nous remettre en question, de débusquer toutes ces idolâtries plus ou moins larvées que nous traînons toujours un peu ou beaucoup en nous, d’accepter le doute et l’obscurité de toute recherche sérieuse, de savoir nous abandonner à celui qui, dans le silence, ne cesse de nous accompagner. Quelle belle perspective pour les chrétiens que nous voulons être.
La dernière phrase de notre Évangile est une affirmation de Jésus en nous disant qu’il est lui-même le pain de la vie. Et il ajoute : « celui qui vient à moi n’aura jamais faim ; celui qui croit en moi n’aura jamais soif ». Cette parole pourrait sembler en contradiction avec ce que nous avons dit une recherche permanente, d’une faim toujours présente. En effet Jésus me dit que si je crois en lui je n’aurai plus jamais ni jamais soif. Or la quête de Dieu n’est-elle pas une faim et une soif permanente ? Bien sûr, notre rencontre avec le Christ Jésus nourrit notre faim et notre soif d’absolu, mais la rencontre du Seigneur n’est pas encore pleine et définitive. C’est ainsi que la parole de Jésus prend son sens : oui, la plénitude de la rencontre avec Jésus comblera notre faim, mais actuellement nous n’avons pas encore cette plénitude de rencontre et d’intimité avec le Seigneur. Il nous faut encore cheminer et chercher parfois dans l’obscurité et le silence. Ne rêvons pas de vivre dans une attention qui soit parfaitement droite. J’aime bien cette prière de Saint Ignace de Loyola, le fondateur des jésuites dont nous célébrions la fête ces jours-ci qui nous invite à nous demander, ce qu’ils appelle la pureté de mon intention : « Seigneur, que tout ce que je fais, je le fasse non pas pour que ça me rapporte mais pour ton service et pour ta gloire».

Que chaque eucharistie creuse en nous le désir sans cesse renouvelé de Jésus, pain venu du ciel, « pain de vie, corps ressuscité, source vivre de l’éternité ».

Homélie Francis Corbière

Orgue :Au grand Orgue, Guy Didier

– Entrée: Prélude improvisé
– Offertoire: “Lamento” (A. Guilmant)
– Communion: “Fugue en Ré” (V. Lübeck)
– Sortie: “Mouvement 1 de la 1ière symphonie” (A. Guilmant)

Sur wikipedia :

 

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