Archives de catégorie : Hermanowicz

Les homélies du Père Christophe Hermanovicz

Le publicain était devenu juste, plutôt que le pharisien

“Ne plaçons pas un miroir entre Dieu et nous pour nous regarder. Laissons-nous regarder par Dieu qui nous aime tels que nous sommes.”

Lectures : Trentieme dimanche du temps ordinaire

Comme beaucoup de paraboles de Jésus, la parabole du pharisien et du publicain est une caricature. Non pas une caricature au sens péjoratif qu’on donne généralement au mot, mais du grand art, parce que la caricature est l’art de celui qui d’un trait de crayon, sait dire la vérité d’un personnage ou d’une situation. Le petit chef d’œuvre de Jésus, aujourd’hui, met en scène deux personnages typiques de la société de son temps : un pharisien et un publicain.

Pour bien saisir la saveur du portrait que Jésus en fait, il faut se rappeler que les pharisiens étaient des gens d’une grande rectitude morale, et non des hypocrites, comme on a tendance à le croire aujourd’hui. Ils étaient même très bien considérés à l’époque. Celui que décrit Jésus est même un super-pharisien par ses jeûnes et sa générosité. Il faut également se rappeler que les publicains étaient réellement de sales types ; non seulement collaborateurs de l’occupant romain, mais également voleurs, oppresseurs des petits, sans pitié pour les pauvres gens qu’ils n’hésitaient pas à faire vendre comme esclaves quand ils ne pouvaient pas payer les impôts qu’on leur réclamait. Ils avaient acheté leur fonction, souvent très cher, et ensuite, parce qu’ils fixaient arbitrairement l’assiette de l’impôt, ils se débrouillaient pour faire rapidement fortune sur le dos des gens. Continuer la lecture de Le publicain était devenu juste, plutôt que le pharisien

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Si vous aviez de la foi !

“La foi ne se mesure donc pas. Être croyant, ce n’est pas avoir la foi ou la posséder. Être croyant, c’est être, c’est devenir, c’est être en chemin.”

Lectures : Vingt-septieme dimanche du temps ordinaire

Tout l’évangile de saint Luc est une montée vers Jérusalem, lieu où va se jouer l’événement fondateur de la foi chrétienne : la mort-résurrection du Christ. Tout au long de la route, Jésus Christ nous apprend comment vivre comme chrétien ou plutôt comment être chrétien… Aujourd’hui, c’est peut-être l’évangile un des plus dur: la foi chrétienne ne revendique rien. Le croyant ne peut se targuer de ses bonnes œuvres; il n’est qu’un esclave inutile (traduction grecque de l’évangile). Le chrétien ne doit exiger aucune récompense : sa seule joie est de servir, parce que le croyant sait qu’il est aimé gratuitement par celui qu’il sert : Dieu… Ce Dieu que l’on rencontre à travers l’autre, les autres.

Pour beaucoup de nos sœurs et de nos frères, Dieu semble absent de nos vies et de notre quotidiennes. À chaque jour, on assiste à des tragédies, à des événements, où l’injustice cause tant de souffrances… Où est Dieu dans tout ça? Que fait-il? Ces questions sont souvent posées; elles sont le lot des croyants, mais les réponses ne sont pas évidentes. Même pour les saints. Nous savons aujourd’hui que même Mère Teresa a douté de Dieu, voyant la misère et la grande pauvreté des gens pour qui elle avait consacré sa vie. Continuer la lecture de Si vous aviez de la foi !

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Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent

“Jésus nous invite à dépasser le superficiel, les apparences, pour que nos pensées et nos comportements soient tournés vers l’essentiel de l’amour !”

Lectures : Vingt-cinquième dimanche du temps ordinaire

L’Evangile de ce dimanche nous rappelle que la venue du Royaume de Dieu ne s’inscrit pas forcement dans une passivité bienheureuse mais il n’advient pas non plus par nos seules et uniques forces. La venue du Royaume est d’abord accueil, et notamment accueil de ces dons et talents en nous que nous avons toujours à découvrir et à faire fructifier mais selon la sagesse de l’Évangile. En les faisant fructifier selon la sagesse de l’Evangile, nous nous faisons des amis dans les demeures éternelles. Oui, nous sommes tous appelés à être les fils de lumière, c’est à dire des citoyens du Royaume de Dieu, car personne n’est prédestiné à n’être que fils de ce monde. En tant que fils de Lumière nous avons donc à faire preuve de quelques dynamismes inventifs pour participer déjà au dynamisme de la vie Trinitaire, au dynamisme de ce Royaume qui est déjà parmi nous. Et ce dynamisme, cet élan ne saurait être vécu qu’avec un cœur simple et sage, pas avec un cœur double, pas avec un cœur partagé ou divisé. Jésus le rappelle, personne ne peut servir deux maîtres ! Un choix s’imposera alors : Mammon ou Jésus. Mammon, un mot qui veut dire tout simplement richesse en araméen mais que Jésus personnifie comme une idole asservissant le monde. Jésus dont le nom signifie Sauveur, Jésus le ressuscité nous appelle par seul amour à quitter nos tombeaux et autres servitudes pour entrer déjà et activement, dans la vie éternelle déjà là. « Je te propose, est-il écrit dans le Livre du Deutéronome, la vie ou la mort. Choisis donc la vie ! » Continuer la lecture de Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l’argent

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