Atelier biblique 3 : un peuple élu

Atelier Biblique 3 : La Torah sur le mont Sinaï

Avec Elizabeth Smadja 09/11/2013

Un projet divin.

Nous avons vu précédemment pourquoi Abraham et Moïse avaient été appelés.

Mais Dieu les avait appelés en tant qu’hommes, en tant qu’individus. Sur le mont Sinaï, c’est tout le peuple juif qui est appelé. Il est appelé pour un projet divin : recevoir la Torah, construire le temple.

Dieu appelle tout un peuple, car Dieu a besoin de l’homme, de son « OUI », de son acquiescement à son projet divin. Mais il ne veut pas brusquer l’homme.  Dieu est patient : Passé, présent, futur, tout est « UN ».

Dieu attend que l’homme se fasse réceptacle pour transmettre sa parole divine. Il a béni Abraham, puis ses enfants, puis les douze tribus, les douze enfants de Jacob.

Là sur le mont Sinaï, il va faire du peuple juif,, un peuple élu, il va donner la Torah à tout un peuple. Même si les gens sont simples, ils sont tous « élus ». Le peuple juif devient alors un peuple saint, « quadosh » en hébreu.

Couramment, on emploie le mot « saint » pour dire vertueux, parfait, exceptionnel.

En hébreu « quadosh » signifie, séparé, mis à part pour l’Eternel.

Car il faut qu’il y ait séparation, pour que puisse se faire la connexion avec la parole divine. Etre connecté par l’écoute à sa parole, c’est un travail, une direction, un commandement.

Dieu travaille comme un jardinier. Il prend un peuple, il le sépare des autres peuples idolâtres,.

Il va leur donner une loi, après un travail de purification. Travail long, mais Dieu a le temps. Jusqu’à ce que naisse Marie (Myriam) et dans Marie, naisse le sauveur. Alors Dieu casse la barrière et ramène à l’universel. La terre d’Israël a donné son fruit, et le fruit va être donné dans le monde entier.

Dans le texte que nous allons voir ici, (Exode 19.1-18 et 20.1-19), Dieu va rassembler son peuple au mont Sinaï et lui donner la Torah. Et le peuple écoutera Dieu à travers Moïse.

1             Ce fut au troisième mois après que les enfants d’Israël furent sortis d’Egypte, en ce jour, qu’ils arrivèrent au désert de Sinaï.

2             Ils étaient partis de Raphidim; arrivés au désert de Sinaï, ils campèrent dans le désert; Israël campa là, vis-à-vis de la montagne.

3             Moïse monta vers Dieu, et Yahweh l’appela du haut de la montagne en disant: “Tu parleras ainsi à la maison de Jacob et tu diras aux enfants d’Israël:

4             Vous avez vu ce que j’ai fait à l’Egypte, et comment je vous ai portés sur des ailes d’aigle et amenés vers moi.

5             Maintenant, si vous écoutez ma voix et si vous gardez mon alliance, vous serez mon peuple particulier parmi tous les peuples, car toute la terre est à moi;

6             mais vous, vous serez pour moi un royaume de prêtres et une nation sainte. Telles sont les paroles que tu diras aux enfants d’Israël.”

7             Moïse vint appeler les anciens du peuple, et il mit devant eux toutes ces paroles, selon que Yahweh le lui avait ordonné.

8             Le peuple tout entier répondit: “Nous ferons tout ce qu’a dit Yahweh.” Moïse alla porter à Yahweh les paroles du peuple,

9             et Yahweh dit à Moïse: “Voici, je vais venir à toi dans une nuée épaisse, afin que le peuple entende quand je parlerai avec toi, et qu’en toi aussi il ait foi à jamais.” Et Moïse rapporta à Yahweh les paroles du peuple.

10           Et Yahweh dit à Moïse: “Va vers le peuple, et sanctifie-les aujourd’hui et demain, et qu’ils lavent leurs vêtements.

11           Qu’ils soient prêts pour le troisième jour; car le troisième jour Yahweh descendra, aux yeux de tout le peuple, sur la montagne de Sinaï.

12           Tu fixeras au peuple une limite à l’entour, en disant: Gardez-vous de monter sur la montagne ou d’en toucher le bord; quiconque touchera la montagne sera mis à mort.

13           On ne mettra pas la main sur lui, mais on le lapidera ou on le percera de flèches; bête ou homme, il ne doit pas vivre. Quand la trompette sonnera, ils monteront sur la montagne.”

14           Moïse descendit de la montagne vers le peuple; il sanctifia le peuple, et ils lavèrent leurs vêtements.

15           Puis il dit au peuple: “Soyez prêts dans trois jours; ne vous approchez d’aucune femme.”

16           Le troisième jour au matin, il y eut des tonnerres, des éclairs, une nuée épaisse sur la montagne, et un son de trompe très fort, et tout le peuple qui était dans le camp trembla.

17           Moïse fit sortir le peuple du camp, à la rencontre de Dieu, et ils se tinrent au pied de la montagne.

18           La montagne de Sinaï était toute fumante, parce que Yahweh y était descendu au milieu d’eux, et la fumée s’élevait comme la fumée d’une fournaise, et toute la montagne tremblait fortement.

Le peuple est consigné à rester au bas de la montagne. Le peuple doit se purifier et rester chaste pendant trois jours. Celui qui reçoit Dieu doit en effet rester disponible et disposé. On dit qu’à partir du moment où Moise reçoit la Torah, qu’il est descendu du mont Sinaï, il était tellement lumineux, qu’il avait comme un voile, vis-à-vis des autres. Il est le seul à avoir parlé avec Dieu, bouche à bouche. Les commentateurs rabbiniques disent qu’à partir de ce moment là, il n’a plus eu de relations conjugales avec sa femme. Peut-être peut-on voir là un rapprochement avec les consacrés. La chasteté est le signe qu’ils ont une relation avec le Christ, avec Dieu. La chasteté n’est pas alors le signe d’une « non-sexualité », mais le signe d’une sexualité divine. C’est leur appel, leur relation d’amante avec Dieu.

Lire le Cantique des Cantiques c’est un chant d’amour avec Dieu.

Les commentateurs (midrash) disent que la Torah avait été proposée à tous les peuples avant d’être proposée au peuple Juif. Mais que le peuple juif a été le seul peuple à ne pas demander ce qu’il ya avait dedans AVANT. Le peuple a accepté la Torah et ensuite « on va essayer de le comprendre, de TE COMPRENDRE ».

La Torah est reçue dans le désert.

Il faut voir le désert comme un « no-man’s land », un lieu qui n’appartient. Le mont Sinaï a la même guématria (130) que « soulam » qui veut dire échelle. Et il faut donc se référer à l’échelle de Jacob.

C’est comme une échelle qui permet de monter vers Dieu et de faire descendre  Dieu vers les hommes. Le plaisir de Dieu est d’avoir une résidence ici-bas.

(note de la rédaction : à propos de la guématria, une recherche m’a permis de trouver que 130 était également la guématria de « ZE KiSSE HaKaVOD … ceci est le trône céleste ! » cf roi.blog.free.fr/index.php?post/2012/11/16/Vay%C3%A9ts%C3%A9-ou-toujours-plus-haut )

Le plaisir de Dieu est d’avoir une résidence ici-bas, entre le fini et l’infini, entre le corps et l’esprit. Ke projet est de diviniser la matière, transmuter la matière avec l’énergie divine.

Il s’agit d’un échange : on prend sa divinité, Dieu prend notre humanité.

Tout est retourné à l’UN, il n’y a plus de division.

Dans le judaïsme, la fête de Chavouat célèbre le don de la Torah sur le mont Sinaï. Dans la Torah, celle-ci est donnée dans une rubrique qui porte le nom de Jethro, du prénom du beau-père de Moïse, prêtre de Madian (donc idolâtre). Le beau-père de Moïse s’est ensuite converti. Un autre petit rouleau est également lu à Chavouat, c’est le livre de Ruth, arrière-arrière grand-mère de David, et donc par descendance, Jésus.

Cela veut dire que Dieu prend toutes les nations pour les faire participer à l’Alliance divine.

La Torah est toujours traduite par « loi », erreur.

La Torah est toujours traduite par « loi », ce qui est une erreur. On voit également ce terme dans les psaumes. Cela donne une idée complètement fausse, car on voit Dieu comme quelqu’un de strict, d’exigeant.

Or la Torah veut dire « enseignement », montrer le chemin. Dieu donne un enseignement, un chemin pour nous éviter de dévier. Il ne faut pas arrêter le flux divin.

La faute (Ret/Ratat) n’est pas le « péché », mais celui de « manquer la cible ». Il s’agit d’un enseignement de lumière, et il ne faut pas se priver de la relation d’amour.

La cible c’est le cœur d’amour divin.

De plus cette parole reçue n’est pas les « dix commandements », mais les dix paroles (Asereth had-Diberoth)

Le mot parole sera traduit différemment selon les circonstances en hébreu.

« Maamar » est une parole sans interlocuteur. Dieu dit et cela est.

« Devarim/davar » est une parole de relation. Davar signifie parole mais également chose. Dans chaque chose, il y a une parole divine (nefesh, âme), première qualité d’âme dans la matière, les arbres, les animaux, toute création.

La parole (davar) est donnée dans le désert (midbar), c’est-à-dire une matrice d’eau. Si on veut être touché par la parole divine, on doit se mettre dans le désert.

Ce qui est donné au mont Sinaï c’est aussi les deux tables de l’Alliance (Aron ha’Edout, « Arche du témoignage »). Et donc pas un commandement, mais une alliance, une union. Comme un contrat de mariage. La réponse d’Israël est « j’obéirai » mettant en œuvre ainsi sa fidélité en Dieu.

Il est à noter que l’Eglise n’est pas le nouvel Israël, l’église est fils du fils en Dieu. Tous les peuples peuvent rentrer dans cette filiation en Christ.

La Torah est donc aussi les tables de témoignage. Toute cette histoire se base sur le témoignage. Les apôtres également sont les témoins de Jésus. La foi des témoins est de la plus grande importance. La foi d’Israël se base sur les témoins,  la foi au Christ se base sur les témoins. C’est la foi des témoins.

Israël est un peuple de témoins. Dans le Shéma Israël (Shemaʿ Yisrā’ēl YHWH elohénou YHWH eḥāḏ (« écoute Israël, l’Eternel [est] notre D.ieu, l’Eternel [est] un ») , les  lettres Ayin et Dalet, plus grandes que les autres caractères, forment le mot ‘Ed (« témoin »). On ne peut se passer d’Israël, car Israël est le témoin. C’est capital pour ces deux fois qui se rejoignent.

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Les commentateurs disent qu’avec son doigt, Dieu a gravé les tables.

En hébreu, le terme gravé (harout), peut se lire également hérout, qui veut dire liberté. C’est parce qu’on a des limites qu’on a la liberté.

Les commentateurs disent que le peuple n’a entendu directement que les deux premières paroles, et qu’il a été terrifié. D’où le « Mais que Dieu ne nous parle pas… ». C’est donc Moïse qui jouera le rôle de transmetteur de la parole divine.

On comprend alors le cadeau du Christ, qui par le don de sa vie, nous a permis d’être en Dieu sans « éclater ». Cela devient supportable, grâce à ce qu’il a fait, sinon cela serait insupportable. C’est l’infini (Dieu), qui entre dans notre finitude (l’homme). Mais si le feu ne nous consume pas, c’est grâce au Christ.

On dit que Saint Séraphim de Sarov, par sa vie d’ascèse et sa relation à Dieu, était lumineux. La notion de transmutation du corps refait ici surface.

Il y a deux manières de lire les deux tables soit verticalement 1,2,3,4,5,6,7,8,9,10 soit horizontalement 1,6,2,7,3,8,4,9,5,10.

Les dix paroles

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