Atelier Biblique-Appel de Moïse-Contexte

Atelier biblique : l’appel de Moïse 1ere partie

Atelier animé par Elisabeth Smadja 15/10/2013

On dit de Moïse dans la Torah, qu’il n’y a pas eu de prophète si puissant, On dit que personne n’a approché Dieu comme lui.

On dit qu’il parlait à Dieu, bouche à bouche (peh al peh). C’est un baiser divin, un souffle divin qui passait de l’un à l’autre. Une très grande intimité. Et ça personne ne l’a vécu après lui.

Alors on va se demander pourquoi cet homme, pourquoi lui ? Pourquoi Dieu s’adresse à cet homme, pourquoi il le choisit.

On va se demander d’où il vient, quel est-il ? Est-ce que c’était si facile pour lui, si aisé ? Quelle est sa grandeur, quelles sont ses faiblesses ?

Une fois qu’on aura situé cet homme, on étudiera deux textes incontournables.

Le premier, le buisson ardent : c’est là que Dieu va l’appeler.

Et le moment où Dieu va lui dire son nom. On verra un petit peu tous les noms que Dieu a dans la Bible. On en étudiera quelques uns.

On verra également en quoi son histoire et celle du peuple juif, parce qu’avec Moise va commencer l’histoire d’un peuple. Et pourquoi cette histoire du peuple juif intéresse quelqu’un qui n’est pas juif, quelqu’un qui est chrétien, donc qui entre dans l’Alliance par Jésus de Nazareth, qui lui était juif, par Marie, qui elle était juive, etc.. Comment tout cela se fait en tant que peuple, identité juive. Et ensuite, personnellement, comment la manière d’être de Moïse, et la manière que Dieu a avec Moïse nous parle et nous interpelle et nous fait évoluer nous-mêmes dans notre relation avec Dieu et dans la parole divine.

Quand on va parler de Moïse, il y a cinq livres (le Pentateuque), cinq rouleaux, et le nom qui est donné à chaque rouleau et le nom qui commence le premier verset.

Le premier verset de la Genèse c’est « Bereshit» , au commencement en hébreu.

Le deuxième, qui en français s’appelle l’Exode, se dit en hébreu, Chémot, c’est-à-dire, « les noms », parce que dès le départ, on va dire le nom de toutes les familles qui ont émigré de la terre de Canaan, où il y avait une famine, dans la fin du livre précédent. Et Joseph était vice-roi, et il fait venir ses frères, son père. Ils sont venus. Il leur a donné la  terre de Goshen, une terre grasse, de pâturages. Ils sont devenus bergers, ils ont prospéré. Ils ont grandi, ils ont fait beaucoup d’enfants, ce qui n’a pas plus à Pharaon.

Dans le deuxième livre (Chémot), on va énumérer tous les enfants. La situation dans laquelle nait Moïse est une situation difficile. Puisqu’on nous dit qu’il y a un nouveau pharaon qui se lève, qui ne connaissait pas Joseph, qui se dit « Qu’est-ce que c’est que ce peuple ? » Ce que l’on continue à dire encore de nos jours d’un peuple en minorité et qui grandit trop. S’il y a une guerre, on se dit qu’il va se mettre du côté des ennemis et on et Pharaon se dit qu’il faut mieux les tuer tous. D’où le décret que tous les enfants mâles seraient jetés au Nil, et que les filles on pouvait les faire vivre.

On nous raconte qu’un homme de la tribu de Lévi a épousé  une femme et a eu un enfant nommé Moïse. A l’âge de trois mois, on ne pouvait plus le cacher, sa mère le met dans une petite corbeille et elle met cette corbeille sur le Nil.

La fille de Pharaon l’a trouvé, l’a élevé. Elle demande à une jeune fille qui s’appelle Myriam pour lui servir de nourrice. Ce qui fait que Moïse est nourri par sa mère. Et Moïse a toujours su que son peuple était Israël. Mais il a été élevé sous deux identités.

Maintenant, on va essayer de comprendre ce que les commentateurs rabbiniques expliquent. Qu’est-ce que cette histoire de jeter les mâles dans le Nil ? Le Nil était déifié, c’était l’Idole.  Et c’était lui qui faisait vivre l’économie de toute l’Egypte. Donc cela a une connotation matérielle, prospérité, tout ce qui est matériel.

Et donc le sens, c’est qu’il faut que l’on détruise l’identité de ce peuple, et qu’il devienne comme nous, c’est-à-dire, idolâtre, et qu’il ne s’intéresse qu’à tout ce qui est matériel. Qu’il ne reste pas attaché comme cela à la foi d’Abraham, la foi en en seul Dieu. On voulait l’assimiler. Le Nil c’est l’assimilation du peuple juif. C’est ça que Pharaon avait décrété.

Et si on nous dit les noms, c’est pour nous dire l’importance de l’identité de la personne et la racine de son âme, l’essence de son être profond.

Et quand on dit tous ces noms, c’est pour dire qu’ils n’avaient jamais abandonné leurs racines hébraïques. Ils n’étaient pas assimilés : Abraham, Isaac, Jacob. Pour nous montrer qu’ils étaient restés très attachés à leurs identités, juives, hébraïques, leur foi en un seul Dieu. Avec toutes les promesses que Jacob leur avait données quand il avait béni chacun de leurs fils, avec la promesse d’un astre qui se lèvera, et ce sera le Rédempteur. Ils avaient donc cela dans leurs têtes, donc ils gardaient les noms.

Il y a une autre explication très très belle et qui dit pourquoi le nom Chémot, les Noms, est préférable au nom d’Exode. On dit que Dieu se plait à nommer ce qu’il aime. C’est pour montrer sa tendresse envers son peuple. Au lieu de dire, voici le peuple d’Israël, tant d’âmes… il les cite.

Comme on voit que c’est un plaisir pour nous de citer, de dire le nom de celui qu’on aime. On aime dire son prénom. On aime appeler par son prénom, celui qu’on aime, pour qui on a de la tendresse. C’est une marque d’affection. C’est pour cela que Dieu prend le temps de citer le nom de chacun.

Par rapport à la Torah, on va voir que l’entrée de Moïse va changer un petit peu.

Bereshit parle des Patriarches. Les quatre autres livres ne parleront que de Moïse. Le livre sur les prêtres, le livre où ils seront dans le désert, le livre sur la construction du temple. Et le livre où ils vont tout reprendre.

A partir de Chémot, on ne va entrer que dans l’histoire de Moïse. Et on se rappelle que c’est lui qui écrit ces livres, sous la dictée de Dieu. C’est la foi d’Israël. Sauf les deux derniers versets, qui parlent de sa mort, écrit par Josué.

Pourquoi Dieu a-t-il choisi Moïse ? Pourquoi cet homme ?

Moise est élevé dans le palais de Pharaon. Il est élevé comme un prince. Il a tout ce qu’il veut. Il a en plus la culture de Pharaon. Il est au même niveau que les fils de Pharaon. Il a la richesse.  Donc pourquoi cet homme là, Dieu va le choisir pour aller vers Israël.  Même son nom, Moshé, est un nom égyptien qui veut dire « sauvé des eaux ». Donc il a tout pour ne pas être élu par Dieu. On dit dans le texte que Moïse grandit et qu’il alla vers ses frères. Il va vers le lieu où sont ses frères, le lieu de l’esclavage. Il prend la défense d’un de ses frères, bousculé par un égyptien et il tue l’égyptien. Et il cache le corps. Il fait donc un acte d’une très grande folie. On le voit choisir entre la vie d’un égyptien, dont la vie vaut dix fois celle d’un esclave. Il prend un risque énorme pour lui. Et il va vers la pauvreté, la misère. Et il dit « ses frères ».

Il fait donc un choix identitaire. Il renonce à son palais, pour comprendre, en grandissant, que ses frères, ce sont ceux qui sont opprimés, rejetés, exclus, maltraités. Il fait ce choix au risque de sa vie.

Deuxième geste, le lendemain, il voit deux juifs se disputer entre eux. Il leur demande « Qu’avez-vous à vous disputer entre vous ? ». L’un deux lui demande « Qui es-tu toi ? Tu t’es érigé pour être notre juge ? Tu veux me tuer, comme tu as tué l’autre ? ». Alors Moise comprend que la chose était sue. Et on dit qu’effectivement Pharaon l’a su et a décidé de le mettre à mort. Il a fait un acte de rébellion, il ne se place plus du coté de Pharaon. Il se place du côté des esclaves. Et il s’enfuit.

Et on comprend, que comme pour Abraham, Dieu qui sonde les cœurs et les reins, ne choisit pas n’importe qui. Il choisit une personnalité qui est capable d’aller vers ses  frères, vers ceux qui sont opprimés ; capable d’amour. Capable comme Abraham d’être seul contre tous ; et qui est capable aussi, à l’intérieur de ce peuple, de juger, comprenant qu’à l’intérieur de son peuple, tous ne sont pas gentils. Donc de réprimander. Comme il est dit dans les évangiles, « il faut réprimander ».

Il est à un niveau humanitaire, humain, très élevé, jusqu’à mettre sa vie en danger. Dieu, pour être le berger de son troupeau, choisit un berger capable d’aller chercher la brebis perdue. Il choisit quelqu’un de très attentionné.

La vie de Moïse se divise en trois tranches d’âge de 40 ans.

De 0 à 40 ans, il était en Egypte. A 40 ans, il s’est sauvé. Fait cet acte d’aller vers ses frères.

De 40 à 80 ans, il est le gendre de Jéthro qui était prêtre de Madian.

De 80 à 120 ans, jour de sa mort, cela sera la traversée du désert, jusque devant la terre promise. Mais il n’entrera pas. C’est Josué qui va faire la conquête de la terre promise.

Comme pour Abraham, on voit qu’il y a une maturation assez lente. Où va-t-il quand il s’enfuit. On nous dit qu’il va vers un puits. Souvent dans la bible, les rencontres importantes (femme, etc..) se font autour d’un puits. Parce que le mot puits, beHèr en hébreu, signifie puits mais aussi discerner, examiner, interpréter. On peut donc comprendre que ce moment au puits, est le moment où il s’interroge. Il revient sur son parcours de 40 ans. C’est là qu’il va rencontrer les filles de Jéthro. Et là encore acte extraordinaire, alors qu’elles sont embêtées par un berger. Il vient, et met tout le monde en fuite. Là encore, il n’hésite pas, il est seul contre tous. Il fait preuve d’humanité, d’intérêt pour son frère. Les filles le ramènent chez son père, et il épouse Tsipora.

Suite : le buisson ardent

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