Atelier Biblique 8-L’appel de Dieu dans la première Alliance-Saint Paul

Saint Paul (Saül) de Tarse

Atelier Biblique 8-L’appel de Dieu dans la première Alliance-Saint Paul

Conférence : Elisabeth SMADJA

Date : 03/06/2014

Je voudrais terminer ce cycle avec Saint Paul, Saül de Tarse. C’est lui qui fait la jonction, ou la rupture selon le point de vue.

Soit il a bien compris le message du Christ et il était dans l’accomplissement du Christ, soit il a inventé une autre religion.

Dans le judaïsme, on pense que Saül de Tarse a inventé une religion qui n’a plus rien à voir avec le judaïsme. Un juif qui rentrerait aujourd’hui dans le christianisme ne reconnaitrait rien du tout. A cause du langage, grec, latin puis français par rapport aux termes hébreux. Par exemple, le miqveh (en hébreu : מִקְוָה; au pluriel : mikvaot), immersion rituelle pour la purification dans certains domaines de la vie, est devenu le baptème. Le miqveh est toujours pratiqué, et je pensais avant de me pencher sur le sujet que le baptême était quelque chose d’entièrement nouveau.

Je me demandais en quoi Jean Le baptiste était juif. Mais (hébreu : יוחנן המטביל Yo’hanan HaMatebil, est Jean, celui qui fait plonger. Celui qui fait tremper pour la purification. Une des raisons de purification est la Téchouva (hébreu תשובה, « retour » ou « réponse »), c’est le retour à Dieu, et se plonger pour se purifier de ses fautes. Ce que font les juifs pieux, la veille du Yom Kippour. Ils vont au Miqveh, ils se trempent dans les eaux du MiqVeh pour se purifier. C’est donc une pratique juive, reprise différemment par les chrétiens.

L’église, a pour racine la synagogue qui signifie assemblée (du grec Συναγωγή / Sunagôgê, « assemblée » adapté de l’hébreu בית כנסת (Beit Knesset), « maison de l’assemblée »).

Les juifs, après l’exil du premier temple, à Babylone, ont toujours trouvé des endroits pour se réunir, lire la Torah, faire peuple, faire assemblée. D’où le terme synagogue, et c’est devenu les églises, lieux communautaires.

Qu’a donc fait Saint Paul de Tarse, en hébreu Saül de Tarse. Tarse est une ville est une ville de Cilicie, en Turquie. Il vivait donc en diaspora, en exil, au temps du second temple à Jérusalem. Sa famille, ses parents fabriquent des tentes, et lui va exercer le même métier. Le monde est alors séparé entre ceux qui croient au Dieu UN, et les païens, idolâtres.

Comme tout juif pratiquant, il est aller étudier dans les yéshivot, (yeshivah , en hébreu : ישיבה, yechivot au pluriel), lieux d’études religieuses pour hommes. Il a étudié avec Rabban Gamaliel/Gamliel (en hébreu רבן גמליאל (Gamliēl), haute autorité du judaïsme pharisien, et il est lui-même le petit fils de Hillel (Hillel Ha Zaken (הלל הזקן, Hillel l’Ancien), -30avJC, qui était un des fondateurs de l’interprétation talmudique. Le grec est sa langue maternelle, il a la nationalité romaine de par ses parents. Il a les deux prénoms, Saül, prénom hébraïque et Paul, prénom de diaspora.

Il est de la tribu des Benjamin, Benjamin est le second fils qu’a eu Jacob avec Rachel. Il a le même nom que le premier roi Saül, qui était aussi de la tribu des Benjamin.

On regardera l’épitre aux romains.

Sur le chemin de Damas, on nous raconte sa conversion. Il faisait alors partie de ceux qui persécutaient les juifs qui adhéraient à Jésus en le reconnaissant comme le Macchiah. De tout temps, la judée samarie, les juifs attendent un Macchiah, messie, ou Christ en grec, qui sera là pour délivrer Israël de sa servitude et le ramener sur la terre promise, ramener un roi. Et la connaissance de Dieu sera étendue au monde entier et tous les peuples iront se prosterner à Jérusalem, proclamer le nom de Dieu 3 fois saint.

Cet homme là arrive, fait ses miracles et certains juifs adhèrent. La majorité pensante, les Cohen et les pharisiens ne le reconnaissent pas et le disent agitateur.

La partie qui l’a reconnu (les apôtres et les autres), a évangélisé, et c’est pourquoi le monde chrétien existe aujourd’hui.

A l’époque de Saül de Tarse et de Jésus, trois courants coexistaient :

–          Les saducéens, les prêtres et les notables.

–          Les pharisiens, פרושים pérwšym (« séparés »), ils n’étaient pas d’accord avec les saducéens car on avait reçu deux Torah, la Torah orale et la Torah écrite. Beaucoup de pratiques se basaient sur la Torah orale, comme par exemple, la résurrection. La fameuse pierre d’achoppement et Saint Paul va en jouer.

–          Les esséniens, petit parti qui ne vivait pas à Jérusalem, près de la mer Morte, secte qui vivait comme des moines, pratiquant le jeune, la chasteté, ne mangeait pas de viande. Souvent en prières.

–          A ceux là, s’ajoute un parti plus politique des zélotes, partisans de prendre les armes contre l’empire romain. Ils étaient appelés aussi sicaires, du nom de leur arme, petit poignard. Certains pensent que Judas Iscariote était un sicaire.

Après la destruction du second temple, le seul parti qui survit est le parti des pharisiens, celui des rabbins. Le judaïsme du temps de Jésus n’est donc sans doute pas le même que celui que nous connaissons aujourd’hui, avec la figure centrale du rabbin, l’étude qui s’est déplacé du Pentateuque vers le Talmud. Le Talmud (תַּלְמוּד talmoud, « étude » ) est composé de la mishna, les énoncés des rabbins, plus la Guemara, les discussions. Qui donneront des lois pour la vie de tous les jours. C’est plus cela qui est mis en avant maintenant.

La scission entre juifs qui croyaient (juifs messianiques, meshiriques) et les rabbins entrainent qu’aucun texte postérieur à cette époque ne pourra nous dire que Jésus de Nazareth est le messie.

Les textes comme Isaïe 53 qui reconnaissent le messie, étaient dans les discussions avant JC, reconnus comme tels. Après, les discussions ont évolué pour affirmer que ce n’était pas le messie dont on parlait là, mais du peuple d’Israël.

Idem pour le mot Almah, vierge, que les Septante avaient traduit comme cela et qui a donné la Vierge Marie, et qui est maintenant reconnu comme voulant dire « jeune fille ». Alors que les Septante n’avaient pas moyen de se concerter et l’avaient tous traduit de la même manière.

Saül de Tarse, pharisien, persécutait donc les juifs qui adhéraient au Christ. Sur le chemin de Damas, il a eu une vision. Le Christ lui a parlé, l’a appelé.

Dieu a appelé Moise, Moise, Samuel, Samuel. Et là Jésus appelle Saül, Saül. Quand le Père ou le fils, appelle, il l’appelle par son prénom pour un face à face. C’est un retournement de sa personne, une conversion. Mais surtout il fait une rencontre, un face à face privilégiée avec Jésus de Nazareth qu’il va reconnaître comme son messie, et comme le fils du Dieu vivant. Il fait sa conversion en 37-40.

La première fois qu’il se manifeste pour parler en public est en 46 à Antioche. Entre ces deux, on ne sait pas ce qu’il a fait. Un trou dans sa vie, un désert. Arrachement du vieil homme vers le nouvel homme. Noviciat sans doute vécu dans la solitude. Il a été enseigné par l’intérieur par le Christ lui-même. Il nous le dit dans Galates 1,11.12 « Frères, je tiens à ce que vous le sachiez, l’Évangile que j’ai proclamé n’est pas une invention humaine. 12 Ce n’est pas non plus d’un homme que je l’ai reçu ou appris, mais par révélation de Jésus Christ. »

Il va toujours dire qu’il rapporte la parole d’un autre. En ce sens là, il est Prophète. Il rapporte la parole du Christ et va donner sa vie pour elle. Il sera bastonné, rejeté, conspué jusqu’à mourir martyr. Il doit porter sa parole jusqu’au bout. Et me fait penser à Jonas « Vous n’aurez pas d’autre signe que celui de Jonas ». Le signe de Jonas est aussi celui de Saül de Tarse qui est envoyé en mission pour sauver les païens, les faire entrer dans l’alliance d’Israël. Jusqu’à ce que la Rome entière, sous Constantin le Grand devienne chrétienne. Rome fera alors une très grande faute, par la substitution. Rome voudra tuer le père, la mère, ici le judaïsme et faire du peuple juif un peuple maudit, un peuple déicide, disant que Dieu ne l’aimait plus et s’était détourné de lui. Que l’alliance était rompue et que les Chrétiens remplaçaient la nouvelle alliance. Ce qui était complètement faux.

Qu’est ce que serait Dieu, s’il n’était pas fidèle. Il n’y pas rupture, il y a une alliance qui est renouvelée et qui est étendue à toutes les nations, par Jésus de Nazareth et les apôtres. C’est pour cela que dans la prière chrétienne, c’est au nom de Jésus Christ. Tous les païens, tous les peuples entrent dans cette alliance au nom de Jésus Christ, en tant que messie. Il a ouvert la Porte. Mais ce n’est pas lui qu’il faut déifier, parce qu’il conduit au Père. Il est lui partie prenante du Nom trois fois saint, Père, fils et Saint Esprit.

Paul de Tarse va se servir des structures du judaïsme pour asseoir le christianisme, les structures du Père pour asseoir la bonne nouvelle du Fils.

Dans tous les pays autour de Jérusalem, Judée, Samarie, il y avait des synagogues, et il allait prêcher l’évangile, Besorah Tovah (בשורה טובה), bonne nouvelle en hébreu, aux juifs d’abord puis aux païens.

Ils étaient parfois exclus des synagogues. Et les synagogues se sont transformées en églises. Mais il se sert des structures juives. Ensuite il s’adresse aux païens, et se sert des structures romaines. Tout était favorable pour que cette parole prenne racine et donne les fruits que l’on a vu.

Il va exposer sa doctrine. Sans Paul, la doctrine de l’Eglise ne serait pas installée de la même manière.

Venant du monde judaïque, il ne pouvait pas dire des choses qui auraient été complètement contre le judaïsme de l’époque. Le Christ a dit « je ne suis pas venu pour abolir la Loi, mais accomplir ».

Dans l’épitre aux Romains, Saint Paul dit que par la loi, on connait le bien et le mal. « Le juste vivra par sa foi » et ce que cela signifie par rapport aux actes. Si on ne fait pas très attention aux mots, on peut croire que la Loi est mauvaise et que seul « l’amour », est bon, même si on ne sait pas trop ce que cela recouvre. Car on peut tuer, par amour. Donc qu’est ce qu’une « religion d’amour » qui serait contre une « religion de la loi » ?

La foi ne veut pas dire faire des actes. Ensuite, il parle d’Abraham qui était juste, alors qu’il n’était pas encore circoncis (Ro 4.9-10) .

La circoncision a été le motif du premier Concile à Jérusalem en 50. Les païens devaient-il se circoncire comme les juifs ? Pour entrer dans l’alliance d’Israël, entrer dans la foi du Messie et être sauvés, doivent-ils être circoncis ? Il a été décidé que non ?

Par pour évangéliser plus facilement, mais parce que la circoncision n’était plus nécessaire. La circoncision est une alliance que Dieu a faite avec Abraham, dans sa chair, à l’endroit de la procréation. Pour lui signifier qu’à cet endroit là, lieu de la rencontre de celui qui est autre, qu’il y a union et relation avec Dieu. Que c’est quand on procrée, que l’homme et la femme s’unissent, qu’ils reconstruisent le visage de l’UN. Dieu a fait l’homme, mâle et femelle, à sa ressemblance, et il l’a appelé ADAM. Adam, Humanité toute entière c’est l’union de cet homme et de cette femme, mais union en tant que relation, dans la reconnaissance de la différence de l’autre. A cet endroit précis, Dieu met son alliance, sa brit milah.

Dieu a fait deux alliances avec Abraham. Il l’a béni en lui disant, par toi, tous les peuples de la terre seront bénis. La deuxième alliance qui va passer à son fils, qui n’est pas pour tout le monde, c’est l’élection. Tous les peuples sont bénis, mais tous ne sont pas élus. L’élection va aller à Isaac et à sa descendance, les douze tribus et le peuple d’Israël qui va se conclure par l’alliance au mont Sinaï. Dans ce peuple, cette terre, après des générations de purification, va naître le messie.

Outre les 10 paroles, le peuple juif a 613 commandements qui sont des règles de purification, par la nourriture, les relations, les lois des tribunaux. Cela a un sens qui est de faire de ce peuple un peuple qui va donner naissance dans une terre vierge, pure, au messie. Mais cette terre doit être préparée. Dieu marche au pas de l’homme, et cela prendra le temps qu’il faudra, plus de 4000 ans.

Les païens n’ont pas besoin de pratiquer la circoncision pour entrer dans l’alliance du Christ, parce qu’ils n’ont pas de Messie historique à faire venir dans un temps donné.

Le chrétien doit donner naissance au messie dans sa gloire. Gloire veut dire aussi « poids », cavet, cavot. Le messie dans sa gloire, c’est tout le poids du Messie. Le poids d’un être humain c’est son corps. Toutes les cellules. Le chrétien, une fois qu’il a dit oui au Christ, doit le faire naître en lui. Et par sa pratique, par les sacrements, par la parole du Christ qui travaille en lui, faire partie du corps du Christ. Le corps du Christ étant déjà un corps circoncis, pas besoin de se circoncire à nouveau.

La circoncision que demande le Christ est la circoncision du cœur et des lèvres, de la bouche. Quand le Christ dit qu’il faut renaître de l’eau et de l’esprit, Il y a Marie Balmary qui explique que l’eau et l’esprit correspondent à la bouche : la salive de la bouche et le souffle de la voix. Il faut donc une circoncision par le verbe et par le cœur. Et cela se comprend, le Christ étant le verbe incarné de Dieu. Le mot hébreu brit milah (hébreu : בְרִית מִילָה [bə’rīt mī’lā], litt. « alliance [par la] circoncision »), milah signifie aussi mot, on a donc bien aussi une circoncision du mot, de la parole.

Un chrétien est un homme qui s’immerger dans l’esprit, incarner la parole du fils pour circoncire son peuple et incarner Jésus de Nazareth. Un juif, de nos jours, continue à être circoncis. Au moment où le messie sera reconnu par tous, de fait c’est une hypothèse, il n’y aura plus de circoncision. La circoncision à cet endroit précis étant pour la venue du Messie. Chaque femme juive espère donner naissance au messie. Les chrétiens n’ont pas besoin. Caduque parce qu’on entre dans un autre travail qu’est donné par le fils pour faire de nous des fils. Circoncision du cœur, circoncision de la parole.

Dans le judaïsme, les plus grandes fautes quand on fait le compte de la journée (חֶשְׁבּוֹן נֶפֶשׁ, xeshbon nefesh), ou examen de conscience, sont les fautes de parole, car elles sont considérées comme les plus graves. Rien de plus grave que de colporter, de médire. Des traités entiers parlent de cela. C’est vraiment une épée qu’on a dans la bouche. Et on invite à faire très attention à cette faute là. La circoncision du cœur, c’est essayer dans nos émotions de faire le tri. Circoncire c’est enlever des peaux, et retourner pour laisser voir le fruit, le gland. Enlever la peau de nos égos, de nos passions pour laisser voir un fruit, qui est l’amour de l’autre.

Il y a quelque chose de dérangeant avec la Loi : la loi fait connaître le pêché. Faire quelque chose de mal, c’est se couper de l’amour avec Dieu. Dieu nous a révélé que faire du mal à son prochain, cela nous sépare de Dieu. Dieu ne plaide pas pour lui, il plaide pour l’amour du prochain. De même les idolâtries, qui aujourd’hui sont différentes mais que nous avons toujours. La loi fait donc connaitre le pêché. Mais cela ne veut pas dire que la loi est mauvaise. Cette ignorance nous protège de la sanction.

Continuons dans le chemin de la loi, pour le plaisir et non pas la crainte. Rentrons comme le Christ qui s’est incarné. Comme dit Saint Jean « Le verbe que nous avons touché ». Très beau.

Faire les choses par amour. Par amour, pour ne pas blesser le visage du Christ en l’autre. On ne va pas tuer, mentir, voler. Car on sait, avec le Christ qu’il est en nous et en chacun d’entre nous. Il est dans le visage de l’autre. Et comme je l’autre pour un autre, il est en moi aussi.

On reste dans l’idée qu’aucun homme n’est juste devant Dieu. Aucun homme ne pourra dire à la fin de sa vie « je n’ai pas pêché ». Par la bouche, par la pensée.

Au bout du compte, on est sauvé par grâce, gratuitement. Lors de la première Pâques, nos maîtres d’Israël nous le disent, les premiers ont été sauvés par grâce, gratuitement. Dieu a entendu leurs plaintes. On a un Dieu, très paternel, maternel, qui dès qu’il entend la plainte vient au secours. Il n’envoie pas un ange, il vient lui-même et va l’emmener hors de la mer Rouge et vers le Sinaï.

Mais être sauvé par grâce, ne veut pas dire qu’on fait impasse de la Loi, ni de l’action. Il ne faut pas se dire que « j’ai fait ceci ou cela, et Dieu va me sauver car j’ai mon petit compte… ».

Mais on a vu, avec l’histoire de Job, que Job était juste mais Dieu lui montre que cela n’a rien à voir. Que l’on fait les choses avec amour, pour entrer en relation avec lui. Parce qu’on l’aime. En fin de compte c’est lui qui sauve. C’est sa décision. On ne peut pas faire n’importe quoi, ni baisser les bras.

Quelle est la loi de l’amour ? Aimer son prochain comme soi même. Mais ce n’est pas rien ! Ensuite, aimer son ennemi, donner sa vie… Le Christ au lieu de diminuer, il a augmenté l’affaire. Ce qu’il nous demande est presque encore plus dur que ce que nous demandaient les rabbins et la Torah de Moïse.

Saül de Tarse est donc dans la lignée. Il n’y a pas la religion de la loi, et la religion de l’amour, non. On a besoin des deux. Le Christ a accompli. Son accomplissement, c’est sauver le monde entier. C’est une loi d’amour.

La foi chrétienne s’appuie sur un thème paulinien très fort « c’est quand je suis faible que je suis fort ». Mais il faut comprendre, il y a eu beaucoup de souffrance d’une mauvaise compréhension des textes. Les gens se sont imaginé qu’il fallait être faible ! Si je suis pauvre c’est bien. Mais parle-t-on uniquement de la pauvreté matérielle. Faiblesse physique, mentale, ou est-ce autre chose dont on nous parle ? C’est un peu « heureux les faibles d’esprit, le royaume des cieux est à eux ». Dommage pour ceux qui ne sont pas faibles d’esprit. Où va-t-on mettre les intelligents ? Les riches ?

« C’est quand je suis faible que je suis fort », c’est l’arrachement des certitudes, une pauvreté, un vide intérieur, et c’est à ce moment là que le Christ l’a empli. Il s’est vidé de tout ce qui faisait sa force, étudier la Torah, ses années d’étude, et enlever tout cela qui le rendait fort et le faisait bien voir des autres. Et au lieu d’être faible, une force est venue en lui, et c’est la force de Jésus de Nazareth. La force du Christ qui est venue l’emplir tout entier. A tel point qu’il a pu dire « ce n’est pas moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. » Chaque chrétien devrait vivre cette parole, sa relation avec le Christ jusque là. Cela demande beaucoup de faiblesse, de pauvreté de notre part. Se déposséder de soi-même, de son histoire personnelle, qui tourne dans nos cœurs, dans nos paroles, pour revêtir l’histoire du Christ. Un homme qui donne sa vie pour les autres. Mais c’est cela qui nous rendra forts, car nous serons investis de sa force de résurrection. Une force d’amour accompagnée de l’Esprit Saint, sans lequel on ne peut rien. Saint Paul dit toujours qu’il parlait avec l’aide du Saint Esprit. Il comprend un moment avec l’aide du Saint Esprit, qu’il n’y a pas ni Juif ni païen, ni maitre ni esclave, ni riche ni pauvre, ni homme ni femme. Alors que l’époque était faite de clivages. Cela a du être une révolution à l’époque.

Autre chose importante pour Saint Paul, c’est son rapport à Israël. Il n’a jamais mis de côté Israël. Il était triste dans sa chair, et disait qu’il préférait subir l’anathème plutôt que d’être séparé de ses frères et que les juifs viennent au christianisme. Il dit Romains 9 « j’ai dans le cœur une grande tristesse, une douleur incessante. 03 Moi-même, pour les Juifs, mes frères de race, je souhaiterais être anathème, séparé du Christ : 04 ils sont en effet Israélites, ils ont l’adoption, la gloire, les alliances, la législation, le culte, les promesses de Dieu ; ».

C’est aussi ce qu’il dit dans l’olivier franc et l’olivier greffé (Ro, 11 ; 16-24) et il n’a pas été entendu. Sauf maintenant, que le Christianisme n’oublie pas d’où il vient et qu’il se souvienne d’où il tire sa force et sa vie, c’est-à-dire de l’olivier franc, Israël et le juifs. La preuve vivante d’une alliance et que Dieu ne rompt pas son alliance. Il en ajoute, avec d’autres. Il ajoute au fils ainé. C’était important pour lui de le dire. Et aujourd’hui les chrétiens ont le goût de voir aux sources juives.

On lui doit aussi le magnifique texte sur la Charité (1Co, 13). Texte bouleversant, qui fait peur. Il dit « j’aurais beau me faire brûler vif, s’il me manque l’amour, cela ne me sert à rien ». Ce texte interpelle ! Je me dis que si je me jette dans la fournaise c’est par amour, si je donne tout mon argent, c’est par amour. Et lui dit si je n’ai pas l’amour cela ne sert à rien. Si on s’examine, on peut faire ces choses sans amour. Soit qu’on se prend pour un héros, soit que l’on fasse ces choses par devoir. Et nous vivons par devoir. C’est pour cela que c’est épuisant, même si cela semble admirable de l’extérieur. On imagine que l’on aime, que l’on fait des choses extraordinaires, et on est complètement à côté de la plaque. Il vaut mieux faire peu, mais avec amour. Et on revient à ce qu’est l’amour : donner en soi, de la place à l’autre. Si on fait les choses par devoir, on ne laisse pas de place à l’autre. Il n’y a que notre égo. Circoncision du cœur que ce texte. Comment des fois on se croit prêt, et qu’on est loin. On se prend une claque, on tombe, et alors on se relève grâce à Dieu.

Saint Paul dit aussi « si le Christ n’est pas ressuscité, vaine est ma foi ». Résurrection que l’on retrouve dans la Torah orale. Elie ramène à la vie, le fils de la veuve. Le prophète Daniel dit qu’il aura une résurrection. Qu’en attendant on est dans le Shéol (שאול), sorte de purgatoire. C’est là qu’est descendu Jésus de Nazareth. Dans le lieu où attendaient jusqu’au premier homme, pour les faire revenir avec lui. C’est là qu’on peut rapprocher le christianisme avec le judaïsme, dans cette foi dans la résurrection qui s’appuie sur la foi juive, des rabbins et de la Torah orale.

Quand Saül de Tarse dit que Jésus est comme le premier homme, qu’il est le nouvel ADAM, et que le premier homme a fauté, le nouvel Adam nous fera tous ressusciter.

Dans le judaïsme, la kabbale, il nous est dit qu’Adam, le premier homme contenait en lui toutes les étincelles, toutes les âmes à venir étaient en lui. C’était un réservoir d’âmes. Et s’il n’avait pas chuté, il aurait été destiné lui, à être, après le septième jour à être le messie. Il aurait eu la vie éternelle. Il a chuté en transgressant le commandement de Dieu, et a fait chuter en même temps toutes les âmes qui étaient en lui. Et depuis, toutes les âmes doivent s’incarner et faire un chemin de remontée. Et le Christ nous montre la voie, et c’est en lui que ce chemin se fait. Il a fallu attendre sa naissance. Avant on était dans le Shéol, sa passion, sa mort et sa résurrection.

Comme il est le nouvel ADAM, il contient lui aussi toutes les âmes et c’est comme cela qu’il peut nous sauver. S’il ne contenait pas en lui mon âme, il n’aurait pas pu me sauver. C’est pour cela qu’il soit le fils de l’homme, le nouvel Adam. Parce que je suis en lui, il a pu me sauver. Il me reste à me mettre en conscience, par choix, car Dieu demande le oui de l’homme, sa collaboration. Sans ce oui, rien n’est possible. Mon travail c’est d’être son corps. C’est cette folie de la croix. « tu prends ta croix et tu me suis. » Voir plus que le supplice romain, car il nous dit de la prendre et de la porter. Il ne nous demande pas de nous crucifier. Notre croix, c’est toute notre histoire qu’il faut prendre, porter. Ce n’est pas quelqu’un d’autre qui doit nous porter. C’est nous devons nous porter et toute notre vie. De la conception jusqu’au dernier souffle. Et en prenant son exemple, en le portant sur le monde, en en faisant une bessorah tovah, une bonne nouvelle ! Une nouvelle où on voit Dieu dans nos vies. Et que de nos vies, sorte des torrents de l’amour divin. « Je vois dans sa vie, l’amour de Dieu » C’est une bessorah tovah, c’est une bonne nouvelle. Je vois la résurrection dans sa vie. Je vois que sa vie a été pleinement rachetée, régénérée, ressuscitée par Jésus de Nazareth dans son corps. Une folie qui demande de chaque personne un don de sa personne. Une folie d’amour ! On n’a pas envie, mais c’est le passage, une naissance. Pour une nouvelle terre. Nous serons dans notre corps de gloire.

Voilà un peu ce que je voulais dire sur Saint Paul de Tarse.

 

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